Cet atelier était conjointement organisé par la commission jeunesse ABF et la Joie par les Livres.
Les médiathèques ont aussi des lieux à vivre pour les enfants….
C’est en accueillant les publics spécifiques que nous faisons évoluer nos espaces, une attention particulière était apportée sur ce que nous appelons “espace jeunesse”.
Après une introduction sur l’histoire des espaces jeunesse présentation de diverses expériences de médiathèque.
La bibliothèque de Rennes intégrée dans le pôle culturel des “Champs Libres” réalisée par Christian de Portzamparc, propose un espace jeunesse dont le mobilier n’infantilise pas le public. Elisabeth de Portzamparc qui a réalisé l’aménagement intérieur à travaillé à donner de la beauté et du confort.Le but est de travailler l’autonomie du jeune public.
On est sur une esthétique du lieux, lumière, transparence, forme.
Pour la nouvelle bibliothèque Boris Vian de Chevilly-la-Rue, les enfants sont partout, collections communes sauf pour le corps humain. Beaucoup d’enfants seuls occupent les espaces car les cité sont proches, grande disponibilité du personnel. effort sur les actions culturelles familiales, animations inter-générationnelles.
La bibliothèque de Lyon-Lapardieu : un espace jeunesse à l’épreuve des usages. Un paradoxe, entre supermarché et chambre, entre lieu public et intimité… travailler à rassurer les parents sur le fait que la bibliothèque jeunesse est aussi un lieu pour eux.
identifie les besoins et y répondre, parking à poussettes, tables à langer… il s’agit de changer la perception du lieu. Répondre au désir des adolescents avec des lieu confortable “génération vautrée”. Comparons les chambres d’adolescents et nos bibliothèques !!!!
Des expériences diverses encore trop centrées sur nos collections… allons faire un tour du coté de Brême !!!!
Sessions 3 et 4 du Congrès, vendredi 12 juin en matinée.
M. Pierre Franqueville, modérateur pour cette double session, avait fait le choix d’ouvrir les perspectives des congressistes en invitant des personnes plutôt éloignées du monde des bibliothèques.
L’intervention de M. Gérard Laizé, directeur du VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), une agence dédiée à la découverte et à la promotion de jeunes talents dans le design, a suscité des sentiments partagés dans la salle, entre enthousiasme et agacement devant ses positions quelques peu provocatrices.
Critique envers les réalisations de design qu’il avait pu observer dans le salon professionnel, M. Laizé s’est présenté comme un « prospectiviste » : en observant les valeurs, les modes de vie d’aujourd’hui et les innovations technologiques qui dessinent notre cadre de vie de demain, il espère pouvoir proposer des espaces et des mobiliers appropriés à nos besoins actuels et futurs.
Après avoir rappelé fort opportunément que dans le monde complexe qui est le nôtre, il ne saurait y avoir de solutions simples, M. Laizé nous a donc, de façon îconoclaste et en nous abreuvant de belles images, présenté le monde du XXIè siècle : une civilisation de l’intelligence, caractérisée par la fusion entre le réel et le virtuel ; une civilisation du méga, qui nécessite, pour impressionner les jeunes, d’en faire toujours « plus » ; un monde urbain et métissé, avec une espérance de vie plus longue, de nouvelles structures familiales… De nombreux paradoxes aussi : on se recentre sur sa maison, mais celle-ci est ouverte en permanence au monde grâce à l’internet et aux nouvelles technologies ; on cherche ses racines tout revendiquant le partage des cultures et le métissage…
Tout cela dessine une « génération vautrée », qui cherche à la fois la liberté et le confort, et veut tout tout de suite! Pour un designer, il s’agira alors de repenser la simple et classique « chaise » en une structure adaptable aux besoins immédiats, mais en même temps harmonieuse… Car un des éléments majeurs du confort, c’est malgré tout cet ordre, cette harmonie.
Comment ne pas subir ces usages? Comment s’adapter dans nos bibliothèques à ces nouveaux besoins tout en conservant notre spécificité, ce qui fait que nous restons des lieux à part? M. Laizé nous conseille d’avancer à petit pas : le monde des bibliothèques doit garder son sens tout en progressant par touches vers une meilleure insertion dans ce XXIè siècle fluctuant et nomade qui s’annonce.
Isabelle Lesaux, architecte, et Stéphane Dekindt, designer spécialistes au sein du groupe AREP de la conception des gares et des trains, nous on montré ensuite comment concevoir des lieux de vie pour les gens en mouvement. On retrouve en effet dans la conception actuelle des gares des problématiques proches des bâtiments de bibliothèques : autrefois lieux avant tout utilitaires, ils sont devenus des lieux de vie, où la nécessité du confort prend une place de plus en plus grande.
Abolir les contraintes spatiales, permettre aux usagers de « pré-voir » l’espace qu’ils vont traverser pour gagner du temps, dans des espaces de moins en moins identifiés (on travaille et on se détend successivement au même endroit), sont autant de défis à relever dans les nouvelles gares. Pour améliorer la fluidité, on essaie donc de concevoir des espaces sans escaliers, sans différences de niveaux, munis de portes automatiques, de rampes d’accès…
L’acoustique est, d’autre part, précisément analysée : chaque espace « résonnant » différemment, cet élément devient un plus pour favoriser l’orientation des usagers, en particulier non-voyants.
La réflexion énergétique est également essentielle dans les perspectives de développement durable : plutôt que la climatisation dans l’ensemble du bâtiment, on privilégie des points très localisés de confort thermique : braséros, brumisateurs…
Enfin, c’est par l’ouverture à la ville que la gare se conçoit comme « lieu de vie » : les frontières entre l’espace public et les commerces sont de moins en moins évidentes, et ces derniers sont repensés dans un mode « tout en un » : café, librairie, billeterie peuvent être par exemple réunies pdans un objectif de mutualisation de la fonction des lieux comme du personnel.
Un élément qui nous a semblé particulièrement proche de problématiques propres au monde des bibliothèques est la question de l’accueil : chaque banque ou poste d’accueil est réfléchi au millimètre près afin de mettre l’usager et l’agent dans la meilleure position de dialogue possible.
Stéphane Dekindt nous a montré plus précisément comment cette diversité des usages était gérée dans un espace aussi réduit que le train : il nous a montré les efforts fait pour différencier des espaces aux ambiances variées : « cosy » ou « panoramiques ». Le train peut être également conçu comme une rue afin de faire cohabiter à la fois une fluidité de circulation et des espaces plus individualisés.
Mme Dominique Jakob et M. Brendan Mac Farlane, (collectif d’architectes Jakob+MacFarlane) créateurs à la fois d’architecture et de mobilier, nous ont présenté leurs réalisations : Centre Georges Pompidou en 1999, librairie Florence Loewy à Paris en 2001, « Chambre rouge » en 2006…
Ce qui revient dans leur réflexion c’est la recherche d’un espace à la fois alvéolaire et poreux pour permettre l’isolement comme la sociabilité de l’usager.
Etagères à la librairie Loewy, Paris
La dernière présentation a été celle de M. Olivier Bergeron, directeur de l’agence de production et de design « By Volta ». Cette agence essaie d’intégrer les possibilités d’usages plus intuitifs des nouvelles technologies, avec des interfaces tactiles de type « multi-touch interaction experiment ». Les réalisations effectuées dans des espaces aussi divers qu’un bar à champagne à Moscou (« Bubble Bar ») et une Fnac (Fnac Montparnasse) montrent comment ces nouvelles interfaces peuvent, tout en valorisant des espaces devenus « polysensoriels », provoquer le lien entre l’usager et le contenu.
Exemple de “vitrine audioactive” à la Fnac Montparnasse (By Volta)
Le mobilier devient un « objet-réseau », lui-même porteur de contenu. L’information surgit directement de celui-ci. M. Bergeron a ainsi terminé sa présentation en nous montrant un « meuble-livre » appelé « Magic Book », qui intègre la projection vidéo d’un livre dont on tourne les pages en faisant glisser sa main au-dessus.
M. Gérald Grundberg, délégué aux relations internationales à la Bibliothèque nationale de France, avait été invité par M. Franqueville à faire l’exercice difficile d’une synthèse entre les différentes interventions proposées et les perspectives que cela pouvait ouvrir pour le monde des bibliothèques.
M. Grundberg s’inscrit en porte-à-faux par rapport à certaines visions du monde des bibliothèques qui sont ressorties du discours de M. Laizé. Il rappelle que si l’ordre est un principe conducteur pour une bibliothèque, en aucun cas cela ne veut dire uniformité, modèle unique ou figé. Il rappelle que les différentes postures de lectures ainsi que la notion de « niche » sont depuis plusieurs années déjà au coeur de la réflexion des bibliothécaires et des architectes qui travaillent avec eux.
Il rejoint M. Laizé sur la problématique qui devient celle des bibliothèques aujourd’hui: conjuguer cet ordre, cet ordonnancement nécessaire, et la demande croissante de liberté de la part de nos usagers. Si un usager, après avoir travaillé à une place, souhaite s’y détendre, va-t-on lui demander de changer d’endroit? Comment lui permettre d’être soit isolé, soit ouvert au groupe, tout en restant au même endroit?
Il rappelle que la bibliothèque doit rester pourtant un lieu de résistance par rapport au temps de l’espace marchand : il s’agit d’une utopie certes, mais d’une utopie dynamique et qu’il nous faut assumer.
Il conclut sur la notion de « niche », à laquelle il faudrait plutôt substituer aujourd’hui selon lui la notion de « coquille », qui représente mieux selon lui cet espace à la fois ouvert et fermé, transparent et opaque, individuel et collectif, et enfin transportable, que nous recherchons.
modératrice : Arlette Pailley-Katz, directrice du SCD Paris 7 et responsable de la programmation de la nouvelle bibliothèque des Grands-Moulins.
La parole est d’abord laissée à l’élu. M. Bernard Baude, maire de Méricourt, une commune de 12.000 habitants dans le Pas-de-Calais, nous raconte l’étonnante expérience réalisée dans sa commune. Un premier projet de médiathèque avait été prévu dans l’objectif de récréer un lien entre les différentes communautés de la ville, dans un lieu de culture.
Les plans de l’architecte avaient été présentés à la population, mais avaient fait surgir des remarques sur la conception-même du projet, qui semblait manquer d’ambition. Les élus ont alors choisi la position (risquée) de refermer le dossier et de reprendre le temps d’une réflexion complète pour prévoir les besoins réels d’équipement qui pourraient exister dans 40 ans.
Le projet a été alors relancé sous la forme de séances de démocratie participative: les citoyens de la ville ont été associés pleinement à l’aventure. Un collectif (70 personnes!) est créé pour rassembler les personnes intéressées par le sujet. Ce collectif entame une réflexion approfondie sur ce que doit être la future médiathèque de Méricourt: des visites d’autres établissements sont mêmes organisées en car!
Le collectif a été également sollicité pour donner son avis sur les architectes sélectionnés lors du concours.
Grâce à une réflexion en amont, grâce à la pédagogie des experts (architectes et bibliothécaires) qui ont su expliquer les enjeux de ce projet aux citoyens intéressés, la ville de Méricourt peut s’enorgueillir d’avoir fait aboutir une expérience unique de construction d’un établissement culturel qui a impliqué, dès la programmation, une part importante de ses habitants.
Experts, élus et citoyens se sont en effet retrouvés sur la même longueur d’onde et le projet sélectionné lors du concours a fait l’unanimité.
Projet Médiathèque Méricourt – Cabinet De Alzua et Cabinet d’Architecture 9.81
Bernard Bassez, architecte et membre de la commission interministérielle sur la qualité des constructions publiques, revient sur ce projet qu’il a suivi. Il rappelle que le rôle de l’architecte est de donner de bonnes réponses à de bonnes questions et que ce n’est pas à lui de faire les questions. À nous, bibliothécaires, de savoir lors de la programmation donner du sens à notre projet ; il ne faut pas hésiter à être précis et exigeants.
La programmation est ainsi une étape importante qui doit prendre en compte la réalité géographique et sociologique de l’environnement du bâtiment et associer autant que possible la population. Il faut pouvoir déjà dans le programme faire des propositions et expliquer à quelles attentes elles correspondent. Il ne faut pas hésiter non plus à faire oeuvre de pédagogie et à revenir sur la définition et l’histoire de l’institution bibliothèque dans ce dossier.
Il conclut sur un autre conseil : ne pas nécessairement faire appel à des architectes spécialistes des bibliothèques. Devoir dialoguer avec un architecte a priori peu au fait des enjeux des bibliothèques nous oblige à nous expliquer.
La séance se poursuit avec une intervention de M. Serge Lestrille, consultant au cabinet Emergences Sud. M. Lestrille rappelle quelques conseils nécessaires à la programmation et à la gestion d’un chantier de bibliothèque :
analyser précisément les besoins et essayer d’impliquer tous les acteurs
faire participer les autres services municipaux (service financier, service techniques) comme porteurs du projet (afin d’éviter aussi qu’ils ne deviennent des freins)
savoir convaincre les élus (qui, en tant que représentants de la population, ont les mêmes préjugés que la majorité des gens sur les bibliothèques) que la bibliothèque est aussi un outil bien au-delà du prêt de livres
être exigeant avec l’architecte (tout en sachant en suite dialoguer avec lui): plus on lui donne de contraintes, plus on a de chances d’obtenir ce qu’on veut.
au moment du choix (lors du concours), savoir se donner le temps pour bien analyser les dossiers et réutiliser le travail de la commission technique.
Anne Verneuil termine cet atelier avec le point de vue du bibliothécaire. Elle témoigne avec beaucoup d’humour de l’expérience difficile qu’elle a vécue à Anzin. En effet, elle a été associée au projet de future médiathèque au moment du concours d’architecture : dès le départ, elle a jugé que le projet choisi était beau mais manquait garanties sur le plan technique.
Vue de l’intérieur de la future médiathèque d’Anzin
Les rapports avec l’architecte responsable du projet ont été souvent conflictuels, mais très riches aussi.
En plein chantier, les élections municipales ont eu lieu. La médiathèque a été brandie par l’opposition lors de la campagne comme l’exemple type de la politique dispendieuse de l’équipe municipale en place. Or, c’est cette opposition qui a gagné les élections!
Mme Verneuil a réussi malgré tout à les convaincre de ne pas revenir sur le projet de médiathèque, déjà bien entamé. En revanche, il a été décidé d’élargir les compétences du nouveau bâtiment en une polyvalence culturelle : théâtre, conservatoire, musée…. ont rejoint la médiathèque, et Mme Verneuil s’est retrouvée en charge des affaires culturelles de la ville.
Mme Verneuil souligne donc dans son intervention la nécessaire pédagogie à exercer auprès de l’architecte comme des élus ; pédagogie qu’il faut parfois savoir reprendre à zéro en cas de changement de majorité à la mairie.
Corinne Sonnier, directrice de la bibliothèque départementale des Landes et présidente de l’ADBDP, souligne en introduction l’importance de la programmation culturelle d’une bibliothèque conçue comme lieu de vie. Cette session est notamment l’occasion de s’interroger sur la manière dont les bibliothèques peuvent contribuer à l’élaboration et au développement de la politique culturelle d’un territoire, qu’il s’agisse d’une commune, d’une intercommunalité ou d’un département.
Claude Lechat, directeur du développement culturel de Pantin, président de l’association des DAC Ile-de-France
La politique culturelle de Pantin est principalement axée sur le fait qu’il ne s’agit pas d’offrir des loisirs mais permettre le développement personnel de chacun. Au moment où le temps libre est davantage pensé comme un marché que comme un temps d’épanouissement, il est nécessaire de réaffirmer cet aspect. A Pantin, ce credo a été formalisé dans un document d’orientation de la politique culturelle, validé par la municipalité, à partir duquel ont ensuite été définies les missions des différents équipements culturels.
La profession de DAC est partagée entre les contacts avec les artistes et la collaboration avec les élus. Dans le champ culturel, on est face à une multiplicité d’acteurs et de partenaires, appartenant à des univers différents, avec un fort degré d’autonomie et qu’il faut fédérer. Les relations entre le DAC et les bibliothèques revêtent selon les cas un caractère plus fonctionnel ou hiérarchique. C’est un généraliste de la culture (bien que parfois tenté de se spécialiser…), un facilitateur de projet, qui a un rôle d’accompagnement, en particulier sur les questions administratives (ressources humaines, management). Le métier de bibliothécaire est plus ancien que celui de DAC ; la bibliothèque s’ancre dans une tradition qui la légitime, tandis que le DAC a une faible légitimité dans le domaine.
L’intégration de la lecture publique dans le projet de la municipalité est un enjeu central : les missions doivent être formalisées. La communication entre les professionnels est essentielle, elle doit se faire sans corporatisme. De plus en plus, on note une transversalité des pratiques au sein d’un territoire.
L’existence du document d’orientation de la politique culturelle a eu un effet de décloisonnement bénéfique et permis de passer d’une logique d’équipement à une logique de secteur (la lecture publique, l’image, le spectacle vivant…).
Patrick Bazin, directeur de la BM de Lyon
A l’heure actuelle, on constate une globalisation et une transversalité de la culture : les bibliothèques y sont confrontées de l’intérieur. Elles ne peuvent plus s’appuyer sur un développement endogène et sont désormais immergées dans le tissu culturel et socio-culturel.
Dans l’histoire des politiques culturelles depuis l’après-guerre, on est passé de la complémentarité à la concurrence et de la concurrence au partage.
La notion de concurrence est fondamentale notamment pour les bibliothèques intégrées dans de grands établissements (BPI) : la bibliothèque doit trouver sa place au sein de grandes institutions.
Aujourd’hui, il est possible de parler de fractalisation pour définir l’action culturelle dans les collectivités : dans le champ culturel, chaque acteur fait la même chose que tous les autres en cherchant à se positionner et à s’articuler par rapport aux autres. Les politiques culturelles sont aujourd’hui à inventer.
1re phase : la complémentarité. Chaque acteur avait une feuille de route très claire : les bibliothèques avaient un rôle de diffusion et de démocratisation par cercles concentriques d’un savoir pyramidal, dans une perspective éducative.
2ème phase : la concurrence. Cette phase de compétition généralisée entre les différents acteurs culturels a été assez courte. Les institutions avec de gros budgets et une force médiatique considérable ont fait de l’ombre à d’autres, comme les bibliothèques, gagnant des parts de marché culturel en fonction de leur puissance médiatique. De fait, elles ont eu un rôle moindre pendant ces années, étant délaissées par les élus : leur fonctionnement était endogène.
3ème phase : le partage. Aujourd’hui, la bibliothèque est immergée dans un phénomène de transversalité culturelle : les bibliothèques rejoignent les autres acteurs. La bibliothécarisation du monde fait que les autres acteurs de la culture ont les mêmes problématiques que la bibliothèque. La bibliothèque se trouve obligée de se remettre en question par rapport à l’un de ses fondamentaux, le rapport à la documentation. Les bibliothèques rejoignent aussi les techniques des autres institutions culturelles par le biais de la médiation. Autre point de décentrement, la diversification du champ culturel a un impact sur les bibliothèques, de plus en plus de corps de métiers variés sont présents dans les bibliothèques (communication, …).
Matthieu Rochelle, directeur de la BDP des Bouches-du-Rhône
Le réseau des BM gérées par les BDP est étendu sur une centaine de communes. Le département des Bouches-du-Rhône est très urbain.
Jusqu’en 1999, la BDP a eu des missions classiques de desserte et un public acquis de professionnels de la culture. En 1999, à l’arrivée de Françoise Danset et à cause de carences dans le domaine de la culture publique, il a été convenu que la BDP pouvait étendre ses activités.
Les partenariats se sont étendus avec différents acteurs de la chaîne du livre et associations.
La BDP bénéficie maintenant d’un nouvel équipement : Archives et bibliothèque départementales Gaston Deferre, qui a été pensé par les élus en termes d’acueil du public notamment. Cela a impliqué de nouvelles activités pour les collègues de la BDP, dans un souci d’accompagnement des personnels. Les équipes ont revisité l’ensemble de leurs actions et de leurs missions en intégrant la commande politique des élus à travers les nouvelles missions.
Nouvelles missions :
ouverture d’une salle d’actualité au sein de la bibliothèque (plus d’une centaine de références),
rattachement à la BDP depuis 2003 de la mission du livre (accompagnement financier et technique des associations et des éditeurs du département : résidences, aide à la création),
renforcement de la programmation culturelle du lieu (auditorium de 100 places, halls, jardin de la lecture).
Les nouvelles actions pour viser de nouveaux publics se développent en harmonie avec la poursuite des actions envers les publics historiques et spécifiques.
L’organisation a été centrée autour de la création d’un département de l’action culturelle et des publics qui permet de penser la manière dont tout le travail fait sur les collections peut être valorisé :
programmation liée au réseau : Lire en fête (44 représentations de spectacles au sein des bibliothèques du réseau), …
programmation du bâtiment : tentative de privilégier tous les supports par des activités, des ateliers,
programmation d’événements (nationaux ou locaux, de Lire en fête aux rencontres d’Averroes), expositions et rencontres.
Les animations se font en co-production avec les archives.
Les perspectives de développement de partenariats se font dans un souci de croisement des publics.
Dans un congrès, il y a le “in” (sessions, ateliers) et le “off” (les couloirs, les stands, les cafés…) où l’on commente le “in”. Depuis deux jours, nous circulons entre l’utopie et le concret.
L’utopie et la futurologie (les exposés de David Mangin et de Gérard Laizé, en particulier). Le concret avec les architectures, le mobilier, l’organisation des services.
Ce qui s’impose, c’est le caractère urbain de la bibliothèque, dernier espace urbain ouvert librement, hors de la sphère marchande. On songe à Marx, cité par Jean-Pierre Sueur : ” Le règne de la marchandise va s’étendre sur l’espace physique réel.”
Si le dialogue élus, architectes, programmistes, bibliothécaires, usagers est essentiel pour réussir un projet, il suppose d’avoir une idée réelle de ce que sont les bibliothèques.
“Je n’y vais jamais. J’achète mes livres.” (David Mangin)
Quelques questions demeurent :
Comment incarner “l’éloge de la lenteur” cher à Pierre Sansot et concilier cela avec la réduction du temps et de l’espace, l’urgence et l’impatience des lecteurs ?
Comment faire vivre avec de vrais moyens les équipements pérennes que sont les bibliothèques dans l’univers “gazeux” (pour reprendre un qualificatif d’Yves Michaud”) de l’événement culturel ?
Comment installer un peu de “fun” néerlandais et de fantaisie, dans la tradition française des bibliothèques ? “
Comment les bibliothèques occupent-elles l’espace du Net ?
Quatre intervenants : Michel Briand, conseiller municipal à la Ville de Brest, en charge d’Internet et du multimédia, Olivier Ertzcheid, Université de Natntes et IUT de la Roche-sur-Yon, David Liziard, directeur de la Médiathèque municipale d’Issy-les-Moulineux et Grégory Colcanap, directeur du SCD dd’Evry et coordinateur du consortium Couperin.
La politique numérique de la Ville de Brest s’est d’abord concrétisée par la mise en place de PAPI (points publics d’accès à Internet) dans les bibliothèques, les mairies, les centres sociaux… Aujourd’hui, on compte 1 PAPIpour 1500 habitants. Du côté des bibliothèques, ces points d’accès ont facilité l’appropriation d’Internet par les bibliothécaires et la formation des usagers.
L’enjeu du web 2.0 est de permettre à chacun de publier. C’est dans cet esprit qu’a été créé Wiki-Brest, autour du vivre-ensemble et du patrimoine : chacun a quelque chose à dire et chacun mérite d’être lu. 750 rédacteurs contribuent aujourd’hui. Un grand nombre de sous-portails a été créé, autour d’événements, de sujets d’intérêts très divers. Le taux d’articles refusé est d’environ 1 sur 1000…
Parallèlement a été mis en place un site, @Brest destiné à fédérer les acteurs brestois du Net, avec notamment pour axe de réflexion le partage de l’information comme bien commun. Est-il normal que des informations géographiques ou démographiques comme celles que produisent l’INSEE et l’IGN ne soient pas librement diffusables ou que certains sites de villes protègent le contenu de leur site ? L’un des projets d’@Brest est de produire des tutoriaux pour faire en sorte que le modèle des Creative Commons se répande parmi les acteurs publics.
Olivier Ertzscheid s’est attaché à redéfinir les briques d’une bibliothèque numérique : interface, contenus, architecture. L’espace d’une bibliothèque numérique, c’est l’interface. L’architecture doit rendre interopérables les contenus, intégrer des métadonnées et si possible y donner accès via une adresse unique. La force de Google Books par rapport à Europeana est d’offrir une interface unique pour l’accès aux documents numériques, ce qui est un élément de confort déterminant pour l’usager. L’interface d’une bibliothèque numérique doit lui permettre de constater que tout est rangé à la même place : to make a house a home…
Autre question corrélée, garder chez soi ses contenus (le modèle de la bibliothèque traditionnelle), ce qui peut s’avérer techniquement problématique, ou les déporter sur des sites distants, avec le risque d’un éparpillement. Si délocalisation il y a, l’important est de faire en sorte que la ressource apparaisse sur la surface, mais que cette surface soit perméable, sache cohabiter avec d’autres espaces. De la porosité numérique.
David Liziard, directeur de la Médiathèque d’Issy-les-Moulineaux, a présenté des expériences de projets web 2.0 en bibiothèques. Des projets liés à des événements ponctuels (festival, ateliers), des projets impliquant un travail à plus long terme (blog de la bibliothèque, sites participatifs). Il estime que ces projets doivent être abordés dans leur dimension d’animation et de création plus que dans leur aspect informatique. Concernant les catalogues, il ne s’agit pas de rajouter des couches supplémentaires, mais d’exploiter au mieux les données existantes, pour mettre la recherche experte à la portée de tous les utilisateurs.
Grégory Colcanap, directeur du SCD d’Evry et Coordonnateur du consortium Couperin, a dressé un bilan de l’acquisition de ressources numériques par les SCD. La tendance aujourd’hui, notamment dans les bibliothèques anglo-saxonnes, est de négocier avec les éditeurs un autre modèle permettant de sortir du schéma traditionnel basé sur le flux qui ne laisse d’autre altenative, en termes d’accès aux collections, que le tout ou rien. Le groupe de pilotage du schéma numérique des bibliothèques (émanation du Conseil du livre) s’est fixé quatre axes de travail : la conservation du numérique, l’évaluation, les programmes de numérisation et les acquisitions électroniques, où il est question d’acquisitions mais aussi de numérisation, de signalement, de pérennisation de l’accès et de fédération des métadonnées.
Voici la présentation du Bibliolab qui n’a pu être montrée hier lors de l’AG par manque de temps à cause de la richesse des débats.
Le site bibliolab a été développée par un groupe d’étudiants en licence RTAI (Responsable Techniques d’Applications Internet) à l’Université de Toulouse 1. Ce projet tuteuré a été réalisé magistralement en 2 mois et demi par Benoît Roucou (membre du groupe bibliothèques Hybrides), Emmanuelle Helly, Mathieu Biau et Guillaume Seran. Qu’ils soient ici remerciés…
Petite photo souvenir du Bureau National de l’ABF qui avait endossé hier soir la tenue des hybrides !!!
Et la présentation :
Et question que l’on nous pose sans cesse sur le stand “bibliolab” : il ouvre quand le bibliolab ?
Ne le répétez pas, mais ce sera le 26 septembre 2009, lors du Bookcamp 2 à La Cantine, organisée en partenariat avec plusieurs associations…
A bientôt
Franck Queyraud, pilote du groupe Bibliothèques Hybrides
cet après-midi, atelier “Blogs et agrégateurs à la Bib de la Sorbonne, organisé par l'ABF Paris et le Bibliolab http://tinyurl.com/yg8jtte1 month ago
le Billet des Hybrides : un thème ou un outil du web décortiqué dans la revue Bibliothèque(s) et sur le bibliolab http://tinyurl.com/yhtqkoj2 months ago
RT: @Silvae: Vous découvrez le Bibliolab ? Qu'en pensez-vous ? Partagez vos remarques, réactions, questions... http://j.mp/W0jwe2 months ago