Le Congrès de l’ABF 2009

Proposition de modification du règlement intérieur, adoptée lors de l’AG ABF 2009

juin 17, 2009 · Laisser un commentaire

Afin de lever toute ambiguité, et dans un souci de renforcement de la démocratie interne à l’association, le conseil national propose avant le déroulement des prochaines élections au sein de l’association qu’il soit procédé à la modification suivante du règlement intérieur :

Article 8 actuel

Au sein de l’association, au niveau national, sont créés des groupes de travail et des commissions se rapportant aux objectifs de l’association. Ils ont pour mission de prendre en charge les études correspondantes, de mettre en œuvre des actions spécifiques, de conseiller l’association dans leur domaine de compétence et de constituer au plan national des pôles d’expertise permettant à l’association de faire valoir ses compétences dans différentes instances. Ils permettent également de réunir des membres exerçant leur activité dans un même secteur spécialisé. Les groupes de travail sont mis en place par le conseil national, sur proposition du bureau ou d’un groupe d’adhérents, sur présentation d’un projet et d’un budget prévisionnel. Le conseil national valide le choix de leur responsable et leurs objectifs, en leur attribuant éventuellement un budget. Il est compétent pour mettre fin à leur activité.

Les groupes de travail sont tenus de faire un rapport d’activités et un rapport financier annuel, que leurs responsables présentent au conseil national, selon le même calendrier que les groupes régionaux. Ces rapports sont intégrés dans le rapport moral présenté à l’assemblée générale. Comme les groupes régionaux, les groupes de travail ne disposent pas d’une personnalité juridique distincte de celle de l’association. Les responsables des groupes de travail assistent au conseil national avec voix consultative sur invitation.

 

Proposition de nouvelle rédaction

 Article 8

Au sein de l’association, au niveau national, sont créés des groupes de travail et des commissions se rapportant aux objectifs de l’association. Ils ont pour mission de prendre en charge les études correspondantes, de mettre en œuvre des actions spécifiques, de conseiller l’association dans leur domaine de compétence et de constituer au plan national des pôles d’expertise permettant à l’association de faire valoir ses compétences dans différentes instances. Ils permettent également de réunir des membres exerçant leur activité dans un même secteur spécialisé. Les groupes de travail sont mis en place par le conseil national, sur proposition du bureau ou d’un groupe d’adhérents, sur présentation d’un projet et d’un budget prévisionnel. Le conseil national valide le choix de leur responsable et leurs objectifs, en leur attribuant éventuellement un budget. Il est compétent pour mettre fin à leur activité.

[Additif proposé] De ce fait, la durée du mandat des pilotes de ces groupes de travail est identique à celle du Conseil National élu par les adhérents de l’association. Le renouvellement triennal des instances élues entraîne de facto le renouvellement des groupes et commissions et de leurs pilotes respectifs.[Fin de l'additif]

Les groupes de travail sont tenus de faire un rapport d’activités et un rapport financier annuel, que leurs responsables présentent au conseil national, selon le même calendrier que les groupes régionaux. Ces rapports sont intégrés dans le rapport moral présenté à l’assemblée générale. Comme les groupes régionaux, les groupes de travail ne disposent pas d’une personnalité juridique distincte de celle de l’association. Les responsables des groupes de travail assistent au conseil national avec voix consultative sur invitation.

Catégories : Motions de l'ABF
Tagué : ,

En débat : Bibliothécaire : un métier de service public (texte proposé à la discussion)

juin 17, 2009 · 5 commentaires

Faute de temps, ce texte n’a pu être soumis à l’appréciation des adhérents lors de l’AG de notre association. Il a été rédigé lors du séminaire de Nancy en janvier 2009 par les membres du Conseil National de l’ABF :

Bibliothécaire : un métier de service public

Texte proposé à la discussion

 

Quelque soit leur statut, qu’ils travaillent en milieu urbain ou rural, au sein d’une université, d’un grand établissement, d’un service de santé ou d’une entreprise, les bibliothécaires exercent un métier de service public. Ils remplissent une mission de médiation, socialement reconnue, entre les collections qu’ils constituent et qu’ils rendent accessibles, les services qu’ils proposent et les différents publics.

Evolution de la profession

 Le métier :

Les bibliothécaires se doivent d’être attentifs aux évolutions de la société dans laquelle ils exercent leur métier et aux transformations nécessaires des établissements dans lesquels ils travaillent. Les équipes des bibliothèques s’enrichissent en accueillant de nouveaux professionnels : informaticiens, animateurs, médiateurs, spécialistes de l’administration et de l’action culturelle. Notre association récuse le corporatisme.

Pour étendre leurs horaires d’ouverture et diversifier leurs services, beaucoup de bibliothèques recrutent et forment des vacataires : tout en demeurant vigilants sur la nécessaire professionnalisation des établissements et sur les garanties statutaires qui l’accompagnent, les bibliothécaires réunis au sein de l’ABF considèrent de leur responsabilité d’accueillir et de former vacataires et stagiaires.

L’ABF souhaite encourager des formes de management participatif au sein des établissements qui privilégient la concertation et le partage des compétences de chacun.

A travers la réforme de sa formation d’auxiliaire de bibliothèque, l’ABF veut donner une image renouvelée du métier de bibliothécaire. Dans cette perspective, notre association réaffirme que la formation continue constitue pour chaque bibliothécaire une obligation essentielle dans nos règles déontologiques.

 

Le bibliothécaire et les publics :

Un nombre croissant d’usagers des bibliothèques leur adresse une demande de service public qui dépasse leurs missions traditionnelles. Il est essentiel de prêter attention à ces demandes :

renseignements de type social, accompagnement dans la recherche d’emploi, demande d’autoformation, assistance informatique. Nous devons y répondre en partenariat avec l’ensemble des administrations et des associations compétentes.

L’organisation des espaces à l’intérieur des bâtiments, en particulier des espaces consacrés à l’accueil des publics, doit toujours être pensée en fonction des différents publics accueillis. Les bâtiments et les services des bibliothèques doivent être accueillants pour les personnes handicapées.

Les bibliothécaires ne se réfugient plus derrière un guichet, mais sont largement disponibles, éventuellement repérables par un signe distinctif (badge non nominatif, par exemple) et facilement mobiles à travers les espaces pour accompagner les publics.

Le temps consacré à la présence face aux publics (dans les locaux ou en ligne) constitue un élément essentiel de l’activité des bibliothécaires et ne saurait jamais être inférieur au tiers de leur emploi du temps.

Des bibliothèques accessibles

Par la conjonction de moyens humains pertinents, de la conception des espaces, du développement des services en ligne et de la volonté des bibliothécaires, les bibliothèques françaises doivent être désormais largement ouvertes tout au long de la semaine et de l’année à tous les publics : leurs horaires d’ouverture doivent être augmentés.

Dans cet esprit, nous disons oui à l’ouverture des bibliothèques le dimanche, parce que les bibliothèques sont des institutions culturelles comme les musées, les théâtres, les lieux du spectacle vivant, parce que, à l’expérience, cette ouverture rend les bibliothèques accessibles à des publics nouveaux. Oui à l’ouverture du dimanche, si elle est pertinente dans un lieu donné. Non, à l’idée selon laquelle le dimanche serait, pour ceux qui travaillent ce jour-là, un jour comme un autre. Les compensations proposées doivent être à la hauteur de l’effort demandé aux bibliothécaires.

Nous souhaitons que la future loi sur les bibliothèques l’affirme : le prêt des documents dans les bibliothèques doit être gratuit pour tous. Il s’agit d’un service de base aussi essentiel que l’école. Le partage de la culture et de l’information et le soutien au développement de la lecture sont des causes nationales.

Il faut donc mettre fin aux formalités administratives discriminantes et dissuasives et faire tomber les barrières tarifaires entre communes et entre établissements.

Il faut encourager les bibliothèques qui prêtent leurs documents en nombre illimité.

 

 

 

 

-

Catégories : EN DEBAT
Tagué : ,

En débat : Plate-forme préparatoire à une loi sur les bibliothèques (juin 2009)

juin 17, 2009 · Un commentaire

Faute de temps, le texte qui suit n’a pu être soumis à l’appréciation des adhérents. Le Bureau National vous le soumet :

Les bibliothèques ou médiathèques publiques tiennent une place essentielle dans la vie intellectuelle, culturelle, éducative et sociale de notre pays.

Comme les musées et les services d’archives dans leurs domaines respectifs, elles remplissent, pour un certain nombre d’entre elles, une fonction patrimoniale et contribuent à la conservation, à la diffusion et à la valorisation de la mémoire nationale et locale.

Elles diffusent largement à tous les publics la production éditoriale nationale, locale et étrangère, tant pour l’imprimé que pour l’image ou la musique.

Elles accompagnent les citoyens dans leur information et leur formation tout au long de la vie, en liaison avec les structures des enseignements élémentaires, secondaires et supérieurs, et plus généralement avec toutes les organisations oeuvrant dans le secteur de l’éducation non formelle.

Elles proposent à leurs usagers d’importants programmes d’action culturelle et favorisent l’organisation de débats d’idées et la rencontre de créateurs et d’intellectuels.

Elles utilisent pour l’ensemble de leurs missions toutes les ressources technologiques disponibles et proposent par l’intermédiaire de leurs propres sites web ou de ceux de leurs collectivités un large éventail de services en ligne. Elles offrent, pour la plupart, dans leurs espaces un large accès à Internet et contribuent à la réduction de la « fracture numérique » en proposant assistance et formation à tous les usagers.

Elles vont à la rencontre de tous les publics, dans l’enceinte de leurs locaux comme « hors-les-murs » et développent ainsi des services spécifiques à l’intention des personnes handicapées ou malades, des populations en situation d’exclusion sociale et des personnes emprisonnées.

Pour que les bibliothèques continuent à remplir ces missions, pour qu’elles développent leur action et leurs services, pour que leur légitimité soit réaffirmée dans l’espace public, l’Association des bibliothécaires de France demande qu’un texte législatif spécifique (à l’instar de la loi-musées ou de la loi-archives) soit mis à l’étude et préparé par les pouvoirs publics (Etat, collectivités territoriales et universités) en liaison avec les associations professionnelles.

Ce texte devra apporter, dans le respect de la libre administration des collectivités territoriales et de l’autonomie des universités, des réponses claires, en particulier sur les points suivants :

* La participation de l’Etat à la vie des bibliothèques publiques : mise à disposition de personnel d’Etat, propriété des fonds patrimoniaux, évolution de la dotation générale de décentralisation, contrôle technique de l’Inspection générale des bibliothèques.
* La place respective des régions, des départements, des intercommunalités et des communes dans la mise en réseau et le fonctionnement des bibliothèques sur tout le territoire.
* La professionnalisation de l’encadrement et du personnel des différents établissements : création d’un généralat pour les conservateurs territoriaux, liberté de création par chaque collectivité des emplois de conservateur en chef, l’obligation de présence de conservateurs à la tête des bibliothèques les plus importantes et d’une proportion d’au moins 50 % d’emplois qualifiés dans tous les établissements.
* Les conditions d’accès aux bibliothèques : gratuité du prêt, extension des horaires d’ouverture, facilités de circulation du public entre bibliothèques de collectivités différentes, passerelles entre bibliothèques des collectivités territoriales et bibliothèques de l’enseignement supérieur.
* L’attention portée au maintien et au développement d’une offre de ressources numériques largement accessibles dans le respect du droit d’auteur.

Cet ensemble de dispositions devrait conduire à la création de labels nouveaux de niveau national, régional et départemental en fonction de critères précis : qualité et importance des collections, horaires d’ouverture, niveau des budgets d’acquisition, niveau de l’encadrement professionnel, intégration dans les réseaux nationaux, régionaux et départementaux.

L’ABF demande la création d’une Fondation nationale pour les bibliothèques qui permette de regrouper et de répartir des moyens, en provenance notamment du mécénat privé, pour soutenir les actions innovantes de toutes les catégories de bibliothèques.

L’ABF souhaite travailler à la préparation de cette loi avec les autres associations professionnelles. Les textes récents concernant les bibliothèques des universités et la politique nationale de l’information scientifique et technique élaborés par l’ADBU, Couperin et l’AURA fournissent un point de départ pour cette coopération.
L’action menée par l’IABD dans le domaine de la veille juridique devra être capitalisée dans le cadre de cette réflexion commune.

Catégories : EN DEBAT
Tagué : ,

Motion contre la censure

juin 17, 2009 · 13 commentaires

L’Assemblée Générale de l’ABF du 12 juin 2009 a adopté la motion suivante :

La ville de Paris a demandé aux médiathèques municipales de retirer des bacs le dernier disque du rappeur Orelsan. Cette décision semble être la conséquence d’une polémique publique à propos d’un clip de ce chanteur réalisé il y a quelques temps, dont les paroles ont un caractère particulièrement dégradant pour l’image de la femme.
L’ABF exprime très fermement sa désapprobation devant ce cas de censure caractérisé, puisque l’œuvre incriminée ne tombe pas sous le coup de la loi, et réaffirme son opposition aux interventions politiques visant à empêcher la diffusion de la culture et de la création, notamment au sein des bibliothèques.

Catégories : Motions de l'ABF
Tagué : , , ,

Atelier 8 : accessibilité des territoires numériques ou comment devenir un crapaud fou !

juin 17, 2009 · 2 commentaires

Alors que les bibliothèques veulent se mettre à l’heure du web 2.0 les relations entre bibliothécaires et  leurs services informatiques ne sont pas toujours au beau fixe.

Cet atelier réunissait  bibliothécaires et directeurs informatiques autour de la problématique adéquation entre les besoins des bibliothécaires d’accéder à toutes les ressources de l’Internet pour remplir leurs missions d’information et de partage auprès de leurs publics et les accès souvent bloqués pour des raisons de sécurité par les services informatiques de leurs collectivités.

En effet, comment concilier les légitimes stratégies de sécurité des réseaux et des données que mettent en œuvre les directions informatiques des collectivités et la souplesse nécessaire à l’usage de ces nouveaux outils ?

Franck Queyraud, en présentant les différents intervenants,  salue pour leur  courage,  Gaëtan Rouyer, chef de projet à la DSI du Conseil Général du HautRhin,  et Alexandre Garcia, responsable de l’antenne informatique des bibliothèques municipales et des écoles de la Ville de Limoges,  d’avoir accepté de se retrouver  face à une assemblée de bibliothécaires.

Lionel Dujol, Responsable Département Multimédia de Romans sur Isère et membre du groupe « ABF bibliothèques Hybrides », en admirable conteur,  commence par mettre en avant, à travers l’histoire savoureuse de la théorie du  crapaud fou, les qualités parfois  nécessaires au bibliothécaire pour accéder à la planète web : un zeste de folie, un zeste d’inventivité et un léger soupçon  d’insubordination …

« Les crapauds fous ce sont ces batraciens qui, en suivant une direction différente du reste du groupe lors des périodes de reproduction, risquent une fin certaine Mais ce sont ces mêmes crapauds qui, allant dans une mauvaise direction, explorent de nouveaux territoires, assurant parfois la survie de l’espèce

Chez les humains, on observe parfois des comportements comparables : Christophe Colomb, Léonard de Vinci, Newton, n’ont-ils pas été considérés comme fous par leurs contemporains parce qu’ils semblaient prendre la « mauvaise direction » ? En réalité, ils ont ouvert à l’humanité des voies nouvelles qui lui ont permis de progresser et peut-être de survivre à ses erreurs ».(source :  Pierre de la Coste)

Voir aussi le billet de Lionel sur son crapoblog : “La bibliothèque apprivoisée”

Puis après avoir incité les bibliothécaires à devenir à leur tour  des crapauds fous, Lionel Dujol  donne quelques  exemples concrets de ces contenus de bibliothèques disséminés sur le web et encore trop souvent  inaccessibles.

- la bibliothèque  de Brest et  sa  démothèque musicale  qui propose d’entrer en contact avec les artistes locaux via l’outil myspace. Si, je tape myspace: couac

- celle de Toulouse  qui est sur facebook  pour annoncer de nombreux évènements… si je tape facebook :  re-couac

- Certaines  bibliothèques ont mis des tutoriels ou des conférences sur video : il manque les plug- in nécessaires pour les lire et leur  installation m’est  interdite

D’autres exemples de contenus inaccessibles :  cyberlibris, deezer…

Retour à la mission classique du bibliothécaire, celle d’accompagner et d’aider l’usager en lui apportant un esprit critique.

Dans un espace multimedia, celui-ci a accès a ces nouveaux outils qu’il ne maîtrise pas toujours. Le bibliothécaire aimerait  alors jouer le rôle du super héros qui contrôle tout et se retrouve bien souvent dans la peau d’un héros du siècle passé.

Cependant  si nous rencontrons autant de difficultés à nous faire comprendre par nos services informatiques c’est sans doute que nous ne savons pas leur expliquer nos besoins.

Gaetan  Rouyer, chef de projet à la DSI du Conseil Général du HautRhin, intervient à son tour pour  faire le point sur les relations entre bibliothécaires et services informatiques et  affirmer qu’il est incontestable de pouvoir donner de l’information aux usagers qu’elle que soit sa forme.

Alors  pourquoi tant de restrictions ?

-L’ Informatique au quotidien c’est :

 un parc existant de matériel :  PC, serveurs etc.. à faire fonctionner

un parc de logiciels dont le taux de disponibilité attendu est de 100%

des interactions à gérer

une protection à assurer  contre les risques: externes et internes (stabilité du réseau et conflits entre les applications : installer la dernière version de Real Player peut engendrer une incompatibilité)

les mises à jour des postes de travail

l’installation des nouveaux logiciels et la mise à jour des existants

Si plusieurs personnes regardent des videos en même temps, la connexion adsl est réduite

Tester l’ensemble des applications avant installation

Gestion des failles de sécurité :  parmi les petits logiciels gratuits beaucoup sont malveillants

La politique de sécurité  est donc  mise en place pour éviter ces mésaventures.

La Dsi reste le garant du système de tous et doit cependant accompagner les utilisateurs dans leurs projets en suivant les évolutions rapides des nouvelles technologies.

C’est pourquoi les bibliothécaires doivent avoir une demande forte et  un projet construit.

L’idéal étant d’avoir un chef de projet  qui soit l’interface entre le demandeur (bibliothécaire) et la direction des services  informatiques.

Il cite en exemple le projet de portail de lecture publique du Haut Rhin (w.calice68.fr) qui a pu voir le jour  après une étude préalable des choix informatiques les plus judicieux à faire en fonction des besoins spécifiques évoqués.

Alexandre Garcia , responsable de l’antenne informatique des bibliothèques municipales et des écoles de la Ville de Limoges, explique que grâce à une organisation différente, les relations sont plus faciles :

La DSI civile a en charge les réseaux, tandis que la BFM a un réseau spécifique  et ses propres serveurs .

4 réseaux différents à la bibliothèque : 1 pour les professionnels, 1 pour les espaces publics numériques, 1 pour le WiFI, 1 pour les OPAC

et des réseaux fibre optique en interne dans toutes les bibliothèques y compris les annexes.

« Le réseau de la bibliothèque peut planter, le reste de la ville ne s’en apercevra pas », ce qui n’est pas les cas dans la plupart des municipalités .

L’atout principal est la proximité du service informatique .

Cependant, des problèmes subsistent comme l’impossibilité d’ accéder à certains sites hébergés avec d’autres sites qui sont sur listes noires .

 

Une discussion s’engage avec les participants autour du manque flagrant  de communication entre DSI et bibliothécaires.

Lionel Dujol reprend l’idée du « porteur de projet » qui serait une sorte de « modem » entre ces deux interlocuteurs.

La dernière intervention, celle de Christine Perrichon, directrice de la lecture publique à la BDP du Cher, apporte une bouffée d’espoir et de bonne humeur en présentant le projet Chermedia qui est une parfaite illustration de ce que peuvent faire des bibliothécaires qui appliquent la théorie du crapaud fou.

L’idée est venue du besoin de créer un outil de partage d’expression et d’accompagnement à la maîtrise des outils du web pour tous les dépositaires du département.

Et « comme pour comprendre, il faut faire ». Ils ont fait, malgré le manque de moyens, de temps et en bravant quelques interdictions, un site où chacun peut apporter sa pierre à l’édifice commun.

Leur blog est consulté dans 107 pays et a 170 contributeurs.

Il y a un rédacteur en chef par rubrique et une fois par mois, tous les dépositaires se retrouvent pour une réunion de travail.

Des progrès énormes ont été réalisés par tous dans l’appropriation des savoirs numériques depuis la création du portail.

Lionel Dujol souligne que la question du temps est très importante , et qu’à Romans sur Isère, on a inscrit le temps consacré à la rédaction de contenu dans le profil de poste de chacun.

En conclusion , Franck Queyraud rappelle que le web est collaboratif et inscriptible . Les enfants qui sont des digital natives sont en plein dedans et les bibliothécaires que nous sommes ne  peuvent pas se contenter de les regarder faire .

D’où l’importance de se former , d’avoir accès sans restriction aux outils.

Une solution serait peut-être  de se faire inviter en tant que bibliothécaires dans les  clubs  des DSI et autres journées d’études pour entamer un dialogue élargi pour expliquer notre travail et nos besoins “professionnels”.

Catégories : atelier
Tagué : , , , , , , ,

“L’Autonomie numérique de l’usager : de quoi parle-t-on ?” par Lionel Maurel (Atelier 9)

juin 17, 2009 · Laisser un commentaire

Voici le texte intégral de l’intervention de Lionel Maurel, samedi 13 juin, lors de l’atelier : “L’autonomie numérique de l’usager versus la responsabilité du bibliothécaire” modéré par Dominique Lahary.

Lionel Maurel est Conservateur à la Bibliothèque nationale de France  et Membre de la Commission Droit de l’Information de l’ADBS.

L’Autonomie numérique de l’usager : de quoi parle-t-on ?

Paul Lafargue nous met en garde : « Il y a autant de conceptions de l’autonomie que de sortes d’omelettes » ! L’autonomie – qui plus est numérique – de l’usager de bibliothèque n’échappe pas à la règle et revêt un caractère multiforme qu’il n’est pas facile de cerner au premier abord. Cette présentation propose de « casser l’œuf conceptuel » de l’autonomie pour voir comment cette notion peut se décliner en bibliothèque à l’heure du numérique. On verra que la liaison entre autonomie de l’usager et responsabilité du bibliothécaire touche à l’un des aspects les plus fondamentaux du métier de bibliothécaire, ainsi qu’aux valeurs essentielles qui le sous-tendent.

La définition du Petit Robert renvoie à la notion de règle, de norme : Autonomie, Autonome, du grec auto et nomos (règle) : Droit pour l’individu de déterminer librement les règles auxquelles il se soumet, Qui est indépendant des autres éléments d’un système.

Cette acception philosophique du terme est trop radicale et absolue pour être applicable en bibliothèque, mais elle a le mérite de montrer que l’idée de règle, de droit, de loi est au centre de la notion d’autonomie. Pourtant, si le concept est fondamentalement juridique (comme celui de responsabilité d’ailleurs), il importe de ne pas réduire à cette dimension l’autonomie de l’usager et d’en cerner plus largement les différentes facettes.

I) Proposition d’une typologie de l’autonomie de l’usager en bibliothèque à l’heure du numérique.

On peut distinguer quatre sortes d’autonomies différentes de l’usager en bibliothèque, sur lesquelles le numérique est susceptible d’avoir un impact important et qui peuvent toutes générer des conflits ou des tensions.

1)      L’autonomie du point de vue juridique :

Cette forme d’autonomie n’a pas vraiment de sens en bibliothèque, car l’usager est toujours soumis à des règles, qui peuvent être de natures différentes : charte, règlement intérieur, règlementation et législation générale. Le numérique ne change rien de ce point de vue : Internet n’est pas un espace de non-droit. Il y a longtemps qu’Internet et le numérique ont été saisis par le droit. Ils font même l’objet d’une prolifération et d’un empilement de textes et de règles qui deviennent de plus en plus difficiles à connaître et à appliquer. Mais s’il existe beaucoup de règles, cela ne signifie pas pour autant que la régulation d’Internet soit effective. Internet est vécu et utilisé par beaucoup d’usagers comme un moyen de s’affranchir de règles de droit qui ont cours dans le monde physique. Le problème du téléchargement illégal est emblématique de ce point de vue et pointe le problème de l’effectivité des lois dans l’environnement numérique.

Cette contradiction peut générer des tensions lorsque la bibliothèque va vouloir imposer des règles de conduite à ses usagers dans l’utilisation du numérique. Elle devient plus problématique encore lorsque se pose la question du respect de la législation en vigueur par les usagers et de l’éventuel engagement de la responsabilité du bibliothécaire du fait de la violation de la loi.

 

2)      L’autonomie au sens pratique :

On rejoint ici plutôt le sens d’indépendance, comme lorsque l’on dit d’un enfant qu’il est devenu indépendant. Il est alors capable de décider par lui-même et de faire ses propres choix. Sous cette forme, l’autonomie est consubstantielle d’une certaine conception de la bibliothèque liée au projet d’émancipation de l’individu héritée des Lumières. C’est une valeur revendiquée par beaucoup de bibliothécaires, qui souhaitent que les usagers soient en mesure d’utiliser les collections et les outils de recherche par eux-mêmes, en fonction de leurs besoins. Cette conception de l’autonomie de l’usager a été démultipliée avec la révolution du libre-accès dans les années 60-70 et s’est encore accrue avec l’informatisation des catalogues. C’est aussi le sens de l’action pédagogique que mènent beaucoup d’établissement en direction de leurs usagers. Cette mission est toujours d’actualité dans l’environnement numérique vis-à-vis duquel les bibliothécaires assument une fonction importante de médiation et de formation.

Mais ici encore, on perçoit une friction. Nombreux sont les établissements à distinguer des bons et des mauvais usages d’internet, en réservant par exemple l’usage des postes à la recherche documentaire et en interdisant l’utilisation des messageries, du chat ou des jeux. Plus largement, les bibliothécaires sont enclins à accepter l’autonomie de l’usager tant qu’elle s’inscrit dans un cadre documentaire délimité par leur travail de sélection et d’acquisition. Or le numérique permet très largement de s’affranchir des autorités « traditionnelles » du savoir pour se tourner vers des sources moins contrôlées, comme les encyclopédies coopératives, type Wikipédia . Lorsque l’autonomie de l’usager devient trop forte, le bibliothécaire peut se trouver désemparé et être tenté de revendiquer le retour à une forme de contrôle, et ce d’autant plus que dans la profusion d’informations qui existent dans l’environnement numérique, sa valeur ajoutée réside dans son travail de hiérarchie des sources, de validation des informations et de prescription.

 

3)      L’autonomie au sens technique (ou matériel)

L’autonomie de l’usager n’a de sens que si on la rapporte à un certain contexte technologique. Dans l’environnement physique, elle existe déjà et peut se manifester par exemple par des « détournement d’espaces » par des usagers qui vont reconfigurer un lieu pour l’adapter à leur besoins, ou par le fait pour un usager d’apporter ses propres documents pour travailler à la bibliothèque. Avec le numérique, le phénomène est amplifié dans deux directions :

-         La bibliothèque offre des services numériques qui renforcent l’autonomie de l’usager, à la fois sur place (automates de prêt, accès internet, catalogue) et à distance (services de question/réponse, chat, catalogues 2.0 permettant de faire des commentaires, tags, notes …). Pour permettre une autonomie encore plus forte à leurs usagers (et aussi peut-être pour en profiter elles-mêmes), les bibliothèques n’hésitent plus à se projeter à l’extérieur et à investir les espaces du web 2.0 qui favorisent l’interactivité, voire la co-création des contenus avec l’usager (type blogs, Flickr, Facebook, Myspace, Twitter). Ce qui n’est pas d’ailleurs sans poser des questions du point de vue de la responsabilité qui peut être engagée en cas d’abus …

-         Les usagers peuvent introduire dans la bibliothèque leurs propres appareils numériques qui renforcent leur autonomie (clefs USB, ordinateurs portables, netbooks, téléphones portables, PDA, appareils photo numériques, baladeurs …). Ces outils permettent à l’usager d’amener à la bibliothèque sa propre bibliothèque de documents, son univers personnel d’information et de se connecter à la grande bibliothèque universelle qu’est Internet. Il peut ici encore y avoir friction avec la conception documentaire « fermée » que les bibliothécaires se font de leurs établissements (voir la question du wifi en bibliothèque), mais les difficultés sont encore plus fortes du point de vue juridique. Les outils numériques offrent aux usagers des possibilités de copie des documents délicates à contrôler, d’autant plus que les limites de la copie privée en bibliothèque sont difficiles à établir. (voir problème de la photographie individuelle en bibliothèque). Et la question de l’engagement de la responsabilité de l’établissement se pose également.

On a longtemps pensé que la réponse aux problèmes posés par ces outils technologies pourrait elle aussi être d’ordre technique (the problem is in the machine, the solution is in the machine). Cela s’est manifesté dans un premier temps par le recours aux DRM (Digital Right Management), des « verrous numériques » implantés dans les CD et DVD pour empêcher théoriquement les copies illégales et le téléchargement. Consacrés par la loi DADVSI en 2006, les DRM n’ont cependant pas rempli ce rôle de « Deus Ex Machina » et leur échec est patent dans le domaine de la musique et de la vidéo. Aujourd’hui, ce sont de nouveaux types de moyens de contrôle qui sont à l’étude. La Loi Hadopi prévoit ainsi d’imposer aux utilisateurs le recours à des systèmes de pare-feux pour filtrer l’accès aux contenus illégaux. La future loi LOPPSi (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure) envisage de faciliter le recours par les services de police à des « mouchards électroniques » pour lutter contre la pédo-pornographie ou le terrorisme. Il est également envisagé d’instaurer une liste noire de sites illégaux dont l’accès serait bloqué au niveau national par les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) sur ordre du Ministère de l’Intérieur. Pendant le débat sur la loi Hadopi, le gouvernement a aussi un temps envisagé de modifier les résultats des moteurs de recherche pour favoriser les sites « labellisés », certifiés comme ne contenant pas de contenus illégaux. Il a également été proposé que les accès publics à Internet par borne wifi (dans les parcs, gares, hôpitaux, mais aussi en bibliothèque) soit limités à un « portail blanc », une sélection de quelques centaines de sites réputés « utiles » et ne comportant pas de contenus illégaux. Si les moyens techniques élargissent considérablement l’autonomie des usagers, on mesure à quel point ils peuvent aussi devenir dangereux lorsqu’ils sont utilisés à des fins répressives.

4)      L’autonomie au sens « intime » :

Dans son sens le plus fort, l’autonomie peut aussi être conçue comme une sphère dans laquelle l’individu va revendiquer que nul ne pénètre, qui peut rester cachée et qu’il n’est pas forcée de révéler. On touche là au droit au respect de la vie privée et au droit à la protection des données personnelles. De ce point de vue, les bibliothèques sont certes des espaces publics, mais elles sont aussi des lieux où s’accomplissent des actes qui relèvent de la sphère privée, voire intime comme la lecture, l’étude, la détente, le loisir. La question du respect de l’anonymat se pose aussi en bibliothèque, quand on sait qu’une partie non négligeable des usagers ne sont pas des inscrits, mais des personnes qui bénéficient du caractère ouvert des bibliothèques pour utiliser librement les lieux, les collections et les services. Le numérique change là aussi la donne et peut générer des frictions. Les technologies numériques permettent d’instaurer des mécanismes de contrôle et de surveillance qui peuvent gravement menacer la confidentialité, voire détruire ses conditions de possibilités. La bibliothèque est elle aussi concernée par ce processus : procédure d’identification, fichiers des abonnés, conservation des données de connexion, puces RFID …Internet est cependant encore un espace dans lequel les individus aspirent souvent à l’anonymat, voire souhaitent jouer avec leur identité en utilisant pseudos et avatars. Mais une tendance inverse existe dans la mesure où les individus sont de plus en plus enclins à révéler des pans entiers de leur intimité, parfois de manière inconsidérée, sur des réseaux sociaux type Facebook, MySpace, Flickr, Twitter … Et les bibliothécaires de leur coté sont de plus en plus présents dans ces espaces virtuels et au contact de ces données personnelles, ce qui brouillant encore plus la frontière entre le privé et le public.

 

La question de l’autonomie numérique de l’usager revêt ainsi de multiples aspects et on ne peut la réduire à une simple question juridique, même si au final toutes ces dimensions sont susceptibles de soulever des questions juridiques, et notamment des questions d’engagement de la responsabilité du bibliothécaire.

 

II) L’autonomie de l’usager et la responsabilité du bibliothécaire : les deux faces d’une même pièce ?

 

1)      L’autonomie numérique de l’usager : une liberté fondamentale consacrée, mais menacée

 

Depuis le 10 juin dernier, la notion d’autonomie numérique de l’usager s’est vue reconnaître par le juge constitutionnel une nouvelle qualification, qu’il importe de bien garder à l’esprit quand on réfléchit à ce sujet : celle de liberté publique fondamentale. En effet, le Conseil Constitutionnel a décidé de censurer la partie de la loi Hadopi relative à la riposte graduée en estimant que l’accès à Internet constituait une manifestation de la liberté d’expression, reconnue par la Déclaration des droits de l’Homme de 1789. Cette décision a une importance fondamentale pour la reconnaissance du rôle que joue internet dans la vie démocratique pour favoriser la liberté d’opinion, l’expression des idées et l’accès à l’information, toutes valeurs qui sont au fondement de l’activité des bibliothécaires.

 

Cette reconnaissance est d’autant plus précieuse que depuis la loi DADVSI en passant par la loi Hadopi et bientôt LOPPSI, on assiste à un phénomène de surenchère législative et à un déploiement graduel de moyens de contrôle et de surveillance qui vont à l’encontre de la liberté d’expression sur Internet. On n’est peut-être plus très loin d’assister à l’avènement d’un Patriot Act à la française, qui finira par affecter les bibliothèques françaises, comme cela a été le cas aux Etats-Unis où les bibliothécaires et libraires se sont vus contraints de livrer au nom de la défense de la sécurité des informations relatives aux lectures de leurs usagers. 

 

La proposition de portail blanc pour l’accès public à Internet marque de ce point de vue certainement un tournant. Cette solution revient en effet à oblitérer des pans entiers du web pour le réduire à un Internet dit « citoyen » : une portion congrue de sites certifiés comme ne comportant pas de contenus illégaux. Les 17 associations qui composent l’IABD (Interassociation Archives Bibliothèques Documentation) ont unanimement réagi négativement à cette proposition qui s’oppose aux valeurs défendues par les professionnels de l’information et risque de donner le jour à un Internet public de seconde zone, inadapté aux besoins de nos usagers, que ce soit dans le domaine de la lecture publique ou de la recherche.

 

Pourtant, on peut penser que dans un avenir proche les bibliothécaires subiront des pressions pour mettre en œuvre des systèmes de filtrage des accès internet, sur la base de listes blanches ou de listes noires. Ces solutions leur seront présentées comme le moyen d’éviter que leur responsabilité ne soit engagée en cas d’utilisation frauduleuse d’internet par les usagers à la bibliothèque. La mise en avant de ces risques aura aussi fatalement un impact auprès des élus et des tutelles de nos établissements et peuvent les conduire à voir le portail blanc comme une solution commode.

 

2)      La responsabilité des bibliothécaires existe aussi vis-à-vis des libertés fondamentales 

 

Il faut bien voir que l’autonomie numérique de l’usager et la responsabilité du bibliothécaire sont comme les deux faces d’une même pièce : l’une ne peut exister sans l’autre. Si les bibliothécaires veulent que leurs établissements soient encore à l’avenir des espaces d’exercice effectif des libertés publiques, ils devront certainement accepter d’assumer professionnellement une part de la responsabilité liée à l’usage des accès Internet et des technologies numériques dans leurs murs.

 

Des systèmes de filtrage comme le portail blanc supprimeront peut-être les risques en termes de responsabilité, mais ils supprimeront aussi le rôle de médiation, d’accompagnement et de pédagogie qui peut être celui des bibliothécaires dans l’environnement numérique et qui constitue certainement l’avenir de la profession.

 

Il n’est peut-être pas anodin de relever de ce point de vue que l’une des activités fondamentales de l’IFLA est incarnée par le comité FAIFE (Freedom of Access to Information and Free Expression), preuve du lien fondamental qui existe entre bibliothèques et liberté d’expression. Dans le descriptif des missions de FAIFE, on peut lire que « S’engager en faveur de la liberté intellectuelle est une responsabilité centrale de toute bibliothèque et de toute la profession. Les bibliothèques et les personnels de bibliothèques doivent, par conséquent, adhérer aux principes de la liberté intellectuelle, du libre accès à l’information et à la liberté d’expression, tout en reconnaissant le droit à la vie privée de chaque lecteur ». Il s’agit alors de responsabilité au sens déontologique du terme et non plus juridique, mais la force de cette obligation n’en est pas moins forte.

 

Il est important dès lors d’engager une réflexion professionnelle poussée pour être en mesure de dégager une position commune et se tenir prêts à intervenir lors des débats législatifs à venir (notamment ceux de la loi LOPPSI). Si les bibliothécaires veulent rester des donneurs et non des verrouilleurs d’accès à Internet, si nous ne voulons pas voir se reconstituer des formes numériques d’enfer en bibliothèque, alors il importe que les bibliothécaires réfléchissent aux implications possibles en terme d’implication de leur responsabilité. Refuser d’assumer une part de responsabilité, c’est nécessairement adhérer avec l’idée d’un verrouillage et d’un filtrage d’internet qui ouvrent une véritable boîte de Pandore.

 

Le risque zéro en matière d’utilisation du numérique en bibliothèque n’existe pas et il est chimérique de croire que la technologie pourra à elle seule servir de moyen de régulation. Comme l’a écrit le bibliothécaire américain John Berry, fortement engagé contre le Patriot Act : « Si votre bibliothèque ne comporte pas de failles dans sa sécurité, c’est vraisemblablement qu’elle ne remplit pas sa fonction ».

 Lionel Maurel

 

 

Catégories : atelier
Tagué : , , ,

Atelier 3 : Rénovation et nouvelle organisation des espaces : l’exemple de la Ville de Paris

juin 17, 2009 · Un commentaire

Atelier du jeudi 11 juin 2009, 17 h

Les intervenants :

Jean-François Jacques (modérateur), Responsable opérationnel, Bureau des Bibliothèques, de la lecture publique et du multimédia, service des publics et du réseau, Ville de Paris

Francis Verger, Responsable de la cellule Nouveaux équipements et restructurations, Ville de Paris

Jean-François Bargot, Responsable, Bibliothèque Trocadéro

Maria Courtade, Responsable, Bibliothèque Marguerite-Audoux

Intervention de Jean-François Jacques

Il n’était pas dans l’esprit de cet atelier de donner des leçons, mais dans le contexte du thème de ce congrès accueilli à Paris, une présentation des équipements parisiens s’imposait. Le programme du congrès prévoyant d’ailleurs le dimanche 14 juin, la visite d’un certain nombre de bibliothèques parisiennes.

Ces dernières années ont été riches en constructions et en rénovations. Le bureau des bibliothèques de la ville de Paris aussi bien que les responsables des différents établissements se sont efforcés de développer une réflexion sur l’évolution qu’il y a à apporter à la conception des bibliothèques

Le contexte est complexe, l’existant est très divers : plus de 60 bibliothèques. Un paysage très varié où coexistent des bibliothèques dans leur jus dont la construction remonte à la fin du XIXe, des bibliothèques installées dans des mairies ou des annexes de mairies (ex. : une bibliothèque de 100 M2 dans les combes de l’Hôtel de Ville du 3ème arrondissement), d’autres bibliothèques représentatives de différentes époques des dernières décennies : Vaugirard, 15e, la bibliothèque Melville, la bibliothèque Buffon dont la façade pourrait ressembler à celle d’un supérette, la bibliothèque de Goutte d’or dans un immeuble construit en hauteur.

Paris étant la capital d’Europe la plus petite et la plus dense, (superficie 105 km2 avec 20 000 habitant /km2) avec un coût du foncier extrêmement cher, il y a une grande difficulté pour la ville de dégager de nouveaux espaces.

La conception des espaces intérieurs des bibliothèques a suivi un peu cette même évolution avec un cloisonnement de des espaces, et une sur-densification des collections. La surface moyenne de bibliothèque par habitant est la plus faible des grandes villes françaises. Les collections ont fini par envahir la totalité des espaces au fil des années, et l’on se retrouve avec des équipements dans lesquels il est très difficile d’insérer le multimédia, de nouveaux services, et de prendre en compte les nouvelles attentes des habitants. Il y avait donc un retard considérable à rattraper.

Jusqu’à l’apparition, en 2008, des espaces multimédia (600 postes déployés simultanément dans l’ensemble du réseau), les bibliothèques ne disposaient souvent que d’un seul accès Internet. Ni aucune offre de consultation sur place pour les CD ou la vidéo. On notait également un inconfort de travail autant pour les bibliothécaires que pour les usagers. Le tableau n’était pas aussi noir partout, des efforts considérables avaient été réalisés dans les établissements construits ou rénovés dans les années 80 ou 90.

A chaque nouveau mandat, la ville et les élus demandent à leurs services d’établir un programme. Lorsque Jean-François Jacques est arrivé en 2005 à la ville de Paris : il a reçu la commande pour établir un schéma directeur du développement des bibliothèques. Ce schéma devait sortir de la notion purement géographique, il s’agissait à la fois de prendre en compte le maillage du territoire avec des équipements répartis sur l’ensemble de la ville, mais également de manière un peu contradictoire, d’établir un programme type qui permettrait de construire un peu de frais en reproduisant un modèle.

Le schéma directeur donnait l’occasion de remettre le public au cœur des préoccupations dans le choix de la construction et des aménagements, mais aussi de définir de nouvelles priorités. Il s’agissait de sortir un peu du modèle du bon lecteur : un lecteur usager de nos documents, un lecteur silencieux, un lecteur solitaire, emprunteur, fidèle, etc. Mais il faut bien constater que le développement de ce schéma avait été contraint par le manque d’espace : le public ne pouvait rien faire d’autre que d’emprunter.

Cependant après un tassement des inscriptions et des prêts, le modèle de la bibliothèque de prêt avait perdu sa suprématie, et il fallu également prendre en considération les nouveaux modes de fréquentation, les nouveaux comportements, pratiques et usages des publics.

La demande des élus était d’obtenir des propositions pour satisfaire les habitants, en leur permettant d’avoir des éléments de décision pour trancher sur la faisabilité des projets : quelle est la bibliothèque type qu’il faut construire en terme de surface, de services, etc. Cette demande de programme type résultait aussi d’un désir d’économie pour ne pas faire faire cette étude par des programmistes extérieurs. Michel Jung qui précéda Francis Verger sur ce poste est allé chercher les données sociologiques, urbanistiques et architecturales en essayant de caractériser chacun des quartiers, afin de pouvoir préconiser une priorité de construction pour chaque localisation. Ces études se sont été réalisées en collaboration avec une association parisienne qui a fait un grand nombre d’études et récolté un grand nombre de données et avec la DPDI (Délégation à la Politique de la Ville et à l’Intégration). Il est apparu que dans les quartiers de la ville faisant l’objet d’un contrat CUCS (contrat urbain de cohésion sociale), il y avait des priorités de construction de bibliothèques. Trois équipements ouverts en 2008 : la bibliothèque Chaptal un ancien Hôtel particulier dans le 9ème arrondissement, la bibliothèque Marguerite Yourcenar dans le 15ème arrondissement (la plus grande bibliothèque aujourd’hui à Paris avant l’ouverture prochaine de la bibliothèque Marguerite Duras dans le 20ème) , et la bibliothèque Marguerite Audou.

Francis Verge détaille la question et contenu des programmes types.

La notion de programme type est une base de travail, c’est un petit document qui donne des orientations pour l’ensemble des futures bibliothèques. S’il est nécessaire, on ne s’en contente pas, on va lui adjoindre un programme plus culturel. Soit le directeur est déjà en place, soit plusieurs candidats peuvent présenter un projet lorsqu’il y a une construction qui est programmée.

Le programme type et le programme culturel donnent à l’architecte davantage d’orientations et d’indications quant au contenu et au fonctionnement de la future bibliothèque. Ces programmes ne doivent pas être simplement des projets techniques, ils doivent avoir aussi une âme, une intention politique également, celle du maire de l’arrondissement. Le public visé est non seulement celui qui vit dans le quartier, il y a aussi des publics de passage. C’est la cas de la future Canopée, projet de la future bibliothèque du Forum des Halles qui enregistre 800 000 passages / jour. Compromis : la bibliothèque doit aussi concerner les habitants du quartier.

Contenu des programmes types avec des orientations générales sur les bibliothèques :

  • Le dimensionnement des collections,
  • Les superficies,
  • Les caractéristiques techniques générales (les abords, la lumière, l’accessibilité, etc.) non spécifiques aux bibliothèques mais aux bâtiments publics.

A Paris, les collections tiennent une place très importante, il s’agissait donc de rééquilibrer les espaces de collections et les espaces de travail ce qui n’est pas facile à cause de la fréquente exiguïté des lieux

De nouveaux ratios : 40 documents / m2 (au lieu de 100 ou 120 comme souvent) et 100 places assises pour 1000 m2.

L’évolutivité des équipements : en essayant de ne pas trop cloisonner, en prévoyant un mobilier qui soit déplaçable [et donc à nouveau mobile :-) ], en supprimant tout ce qui est contraignant et qui risquerait d’induire une fonction à un espace. Car si au bout de quelques années les orientations changent, la bibliothèque doit pouvoir s’adapter au bâtiment. Donc, des salles avec le moins possible d’espaces fermés.

On privilégie une répartition des collections : fiction / documentaires, plutôt que Jeunesse / Adultes, tout en gardant une salle petite enfance et une salle ou deux de travail (travail silencieux et/ou travail en groupe).

On prévoit également des espaces un peu isolés notamment pour les postes multimédia qui sont des postes individuels.

La question de la banque de prêt se pose : les automates de prêt ont été mis en fonction avec un certain succès. A la bibliothèque Truffaut, cela représente déjà une très forte proportion des transactions, soit 90 % du volume des prêts, les 10 % restant sont le résultat d’un problème technique de mauvais encodage.

Cette suppression de la banque d’accueil a des incidences pour les architectes qui tiennent absolument à avoir un point d’accueil. La demande est faite aux architectes de ne plus prévoir de mobilier massif et imposant. Ce qui reste encore un point d’achoppement.

Toujours à cause d’un problème de manque d’espace, les bibliothèques parisiennes sont construites sur plusieurs niveaux, la moyenne pour 10 plus grandes bibliothèques est de 4,4 niveaux avec un plateau moyen de 400 m2.

Intégration des bibliothèques dans un complexe architectural. Il y a beaucoup de ventes en état futur d’achèvement (VEFA) (voir l’article de Jean-François Jacques et de Maria Courtade) La canopée proximité avec un conservatoire (1000 m2 sur un seul niveau), la Halle Pajol est une auberge de jeunesse (ancien bureau des douanes, 1000 m2 sur 2 niveaux), et Bagnolet est un hôtel, dans ces projets, la bibliothèque n’est pas le seul bâtiment sur lequel l’architecte travaille. Un projet est toujours un compromis et une négociation avec l’architecte.

Jean-François Bagot présente la bibliothèque du Trocadéro

Jean-François Bagot situe la Bibliothèque dans une chronologie parisienne. On va fêter en 2009, le 150ème anniversaire (1859) de l’avènement de Paris dans sa forme actuelle : 20 arrondissements.

La bibliothèque du Trocadéro (16e) est l’héritière de la bibliothèque d’Auteuil Passy qui avait été installée dans la mairie en 1863, la situation perdure jusque dans les années 60, jusqu’à ce que Georges Pompidou qui fut le principal rénovateur de la lecture publique en France, créa en 1966 un groupe d’étude qui constata l’état calamiteux de la lecture publique en France. En 1968, les bibliothèques redeviennent municipales.

En 1969, 1ère réunion met en présence des bibliothécaires et des architectes et c’est le lancement d’une période de transformation profonde de la lecture publique à Paris. Le père fondateur de la lecture publique à Paris est Guy Baudin, lui et Michel Bouvy (à Cambrais) et Albert Ronsin (à Saint-Dié) ont renouveler le genre et ont fondé le modèle de la bibliothèque de secteur et de la bibliothèque telle qu’on l’imagine aujourd’hui : une bibliothèque qui est une médiathèque. Ils luttent contre le modèle élitiste et patrimonial d’antan, et voulaient vraiment une bibliothèque en rupture avec ce schéma-là.

Il s’agissait de faire des bibliothèques des mini maisons de la culture. L’ambition était autre que seulement prêter des livres.

En 1976, on ouvre une bibliothèque conçue par Jean Nouvel tout juste sorti de l’école d’architecture dans le 16e arrondissement. Celui-ci à mis en œuvre des conceptions novatrices : transformer un local de sous-sol destiné à devenir un parking en bibliothèque et faire sortir du Petit Palais des œuvres de peintres pompiers de la fin du XIXe siècle tombés en disgrâce. Un nouveau paysage de bibliothèque : avec un éclairage diffus. Depuis 1976, cette bibliothèque était devenu tristounette.

Les collections à l’ouverture en 1976  avait un volume 30 000 documents et la fermeture pour rénovation en 2003 elles avaient été gonflées à 90 000 documents, la bibliothèque était victime d’embonpoint. La bibliothèque telle qu’elle était conçue ne proposait pas d’autre alternative, faute de place que d’emprunter des livres ou de s’asseoir et de travailler. C’était devenu une caricature de bibliothèque. Il y avait aussi un jardin non entretenu dont l’état était devenu pitoyable. En 2003, c’est présentée l’opportunité de profiter du plan d’investissement pour Paris (2 millions d’€ d’investissement). Il ne s’agissait pas seulement de rénover mais de restructurer l’ensemble avec nouvelles exigences de la part du public : mobilité, avènement du document numérique, convivialité, lumière, valorisation des collections, etc.

Il fallait garantir de bonnes conditions de travail pour le personnel. L’architecte : « Je ne ferai rien qui contredira le code du travail ».

La bibliothèque devait remplir des conditions de stockage raisonné en limitant les collections (amaigrissement à 75 000 puis à 50 000 documents)

Accueillir des animations, expositions, heures du conte, formation

L’architecte a construit la bibliothèque autour du jardin de 400 m2 qui organise l’espace. Le couple de tourterelle sur le diaporama symbolise le jardin comme lieu privilégié de flirt pour les jeunes gens.

Le bâtiment a une originalité : pas besoin de signalétique, le lecteur se repère facilement.

Dans le cadre d’une rénovation, connaître déjà la bibliothèque a donner à l’équipe un poids suffisant face à l’architecte pour défendre des points de vue et faire opposition quand nécessaire sur le mode du « on était là avant vous. »

Bilan : aujourd’hui ce que veulent les lecteurs : davantage de place (problème encore non résolu), des horaires étendus, un personnel davantage disponible et chaleureux. Les bibliothécaires devraient fonctionner moins comme des professionnels de la profession et plus comme des amis, des conseillers des lecteurs, et avoir plus d’empathie et de connivence.

L’architecte Adam Yedid, est qualifié par la mission interministérielle de qualité des constructions publiques.

Maria Courdade présente la bibliothèque Marguerite Audou (3ème arrondissement)

Avant la bibliothèque Marguerite Audou, il y avait la bibliothèque Temple installée dans la mairie du 3ème depuis 1870. Au début des années 2000 la bibliothèque n’avait pas tellement changée par rapport à sa disposition d’origine : des rayonnages de bois qui montaient jusqu’à 3 mètres du sol, une grande table de travail, pas de chauffeuses.

C’était une bibliothèque à l’ancienne, une bibliothèque pittoresque qu’Eric Rohmer avait choisi comme décor d’un de ses contes. 30 000 documents entassés sur ses étagères dans un espace de  250 m2.

Constat : la bibliothèque était obsolète et dépassée. Il fallu chercher dans cet arrondissement ancien où le mètre2 est très cher, de nouveaux locaux. Le maire du 3ème a suivi le projet de très près.

En 2004, une opportunité s’est présentée : une opération immobilière de réhabilitation dans la rue Portefoin où il y avait beaucoup d’ateliers de doreurs. Par une procédure de VEFA, la Mairie de Paris s’est vue octroyée 1200 m2 pour faire une bibliothèque. Une VEFA génère beaucoup d’inconvénients pour les futurs occupants des locaux : impossible d’assister aux réunions de chantier. La bibliothèque construite sur trois plateaux (rez-de-chaussée, rez-de-jardin, 2ème sous-sol aveugle) dans d’anciens appartements et ateliers. L’architecte a dû répondre à 2 défis : apporter de la lumière dans un espace très cloisonné, avec de grandes baies vitrées en façade rue, et organiser deux plateaux autour d’un patio accessible depuis le rez-de-jadin, un escalier en colimaçon relie les trois niveaux.

Au rez-de-jardin, d’anciennes petites caves servaient d’ateliers, l’architecte a abattu les cloisons et en a fait une salle voûtée. Cet espace assez improbable est devenu l’espace le plus spectaculaire de la bibliothèque avec deux fonds thématiques : histoire du judaïsme, et vie ouvrière. Des murs blancs accrochent la lumière. L’organisation a été dictée par un certain nombre de choix bibliothéconomiques : décloisonnement des espaces et décloisonnement des collections : un étage pour la fiction (R-d-C), un étage pour les documentaires (R-d-J), chaque étage rassemblant les collections jeunesse et adultes. Aménagement de zones mixtes de loisirs et de travail sur place. C’est une bibliothèque de nouvelle génération qui a souhaité donner toute sa place aux espaces de circulation et de convivialité : des salons de lecture avec des chauffeuses également disposées dans des coins plus isolés.

Limitation des collections : la bibliothèque a rouvert avec un espace 4 fois supérieur mais avec le même nombre de documents que l’ancienne bibliothèque. Ces collections ayant été considérablement rajeunies. 30 000 documents à l’ouverture avec l’objectif de ne jamais dépasser le chiffre de 40 000.

La bibliothèque a été conçue pour répondre au défi du multimédia : réduction drastique des espaces dévolus aux usuels (dictionnaires) et a privilégié des espaces polyvalents modulables et non dédiés à des fonctions particulières (une salle pouvant servir à l’occasion de salle d’heure du conte, une autre salle pour l’apprentissage des langue / salle de projection de DVD, capacité 25 personnes)

L’intérêt de cette bibliothèque n’est pas la quantité des collections mais la variété de services proposés. Les lecteurs sont satisfaits de ce choix compensé par l’existence d’une réserve centrale commune au réseau des bibliothèques de la ville de Paris pour répondre aux demandes un peu plus spécifiques

Bilan de fonctionnement : ce qui fonctionne bien : les zones mixtes de lecture loisir adultes/adolescents. On voit jeunes et adultes sur les mêmes fauteuils lisant des revues. Ce qui est apprécié par les lecteurs c’est le sentiment d’espace et de circulation.

Certaines contraintes restent :

  • la plus importante est la localisation de la bibliothèque dans une rue relativement peu passante : pour l’instant seulement 14 000 prêts par mois, l’objectif fixé étant de 20 000 prêts en moyenne. Il y a donc encore un effort de conquête du public à faire.
  • Certaines collections sont dans des zones aveugles : comme les romans adultes.
  • Les murs blancs donnent aux lieux une certaine impersonnalité. Manque de couleurs qui pourraient rythmer la fonctionnalité les espaces.
  • Il manque également une vraie salle d’animation permettant de recevoir environ 80 personnes.

Catégories : Diaporama · atelier