Archives mensuelles : mai 2010

La gratuité est-elle payante ?

Présentation d’Olivier Ploux – ENSSIB

Le grand bouleversement du “métier de bibliothécaire”

Notes sur “Le grand bouleversement”: rencontre autour de la nouvelle édition du Métier de bibliothécaire

Présentation de la refonte du livre par Yves Alix

Convergence ou divergence du métier selon le lieu où il s’exerce?

Julien Roche, SCD de Lille 1

très similaire sur les bases
mais différences:

  • les ressources électroniques
  • importance de l’anglais
  • le bibliothécaire en BU est un formateur à part entière plus que ce que l’on peut trouver en bibliothèque publique
  • rôle d’appui à la formation: mise en ligne des cours et indexation des ressources pédagogiques
  • rôle d’appui à la recherche: archives ouvertes, mise en ligne des thèses,…

Marie-Jeanne Boistard (BM de Blois)

Segmentation paradoxale des publics: Lire la suite

Rendez-vous international – l’évolution des budgets publics à l’étranger

Note sur l’atelier Rendez-vous international – l’évolution des budgets publics à l’étranger

Aline Girard

Introduction en présentant des situations américaines difficiles où la baisse des budgets menacent les bibliothèques. Pour se défendre la méthode est souvent la même: pétition, appel à dons,…

Gerald Letner, Président d’EBLIDA
A Library Policy for Europe – Une politique européenne pour les bibliothèques

La vraie implication des politiques pour les bibliothèques se voient dans la budget plus que dans leur discours.
Les bibliothèques peuvent participer au dépassement de la crise économique à travers leur différentes missions.

Déclaration de Vienne:

un livre blanc sur les bibliothèques dans la société de l’information. Lire la suite

Des compétences multiples au service des bibliothèques

Notes de la session 5 – Congrès de l’ABF – 21 mai 2010

Intervention de Bertrand Calenge

- 30% de non bibliothécaires au nivau national

- variété des métiers à la BM de Lyon (plusieurs métiers dans l’informatique)

-        Affirmation du métier difficile face aux autres profils

-        Bibliothécaire face à proxynator: incompréhension mutuelle

-        fonction RH contre spontanéisme organisationnel Lire la suite

Atelier 8 – La dématérialisation des documents sonores : quels coûts, quels services ?

Prise de note : Joëlle Muller

Relativisons un peu : coût d’un sens giratoire 600 000 €.
Sketches de Raymond Devos, ça n’a pas de sens, ça n’a pas de sens, d’aborder la culture sous la loupe de la rentabilité.
Marie-Christine Jacquinet, dir. BM Viroflay
Présente les évolutions de l’offre musicale à Viroflay (ville de 16 331 hb) à l’ouverture du nouvel équipement en 2007.
1800 m2, sur 2 niveaux avec un auditorium de 200 places.
L’offre musicale s’est organisée autour de trois axes.
- Le prêt de CD. 4500 titres. Les CD représentent 11% des prêts de la bibliothèque et 40% des emprunteurs. Ils veulent essentiellement des nouveautés.
- Un service de musiques numériques. Ils utilisent les services de la société Bibliomédias. Ils ont fait un gros effort de communication auprès du public et de formation auprès du personnel. Les résultats ne sont pas extraordinaires. Bon fonctionnement au démarrage et service qui s’essouffle en 2009. 51 utilisateurs réguliers en 2008-2009, 29 pour 2010 Sur près de 8500 inscrits à la bibliothèque.
- L’écoute musicale mobile.Les usagers peuvent écouter de la musique à partir de casques à infra rouge prêtés sur place. Service mis en place par la société INS Vidéo. 20 casques, 300 CD de la bibliothèque numérisés. Coût de l’installation : 8000 €. Résultats : 2 à 3 casques prêtés / jour en 2008-2009. Aucun en 2010. Ils se posent la question du maintien de ce service.
L’impact de ces nouveaux services est relativement faible, mais ils suscitent l’intérêt des professionnels. Le suivi du service est chronophage.
Prochaine piste : la musique vivante dans les locaux de la bibliothèque, auditorium de 200 places.
En savoir plus : la présentation

Jean-Michel Auzanneau, resp bibliothèques de quartier BM Orléans
Présente l’expérience de dématérialisation des collections musicales des bibliothèques de la source (Orléans) qui s’est mise en place à l’occasion d’une création d’une bibliothèque en un seul plateau de 1000m2.
Décloisonnement et enrichissement des collections numériques, autonomie de l’usager, le moins de manipulation possible.
Politique de la ville : plutôt favorable aux logiciels libres.
Choix : EAC (logiciel gratuit)
8500 CD ont été numérisés.
Portail musique : Archimède.
Coût : 8500€ de consultants, 6271 € de vacations pour la numérisation.
Ils avaient déjà Bibliomédias. Ils viennent d’arrêter ce service.
Bilan :
4 postes au lieu de 8 prévus,
Promotion noyée dans l’ensemble de la promotion de la bibliothèque,
Les ados ont adopté ce service,
Le multimédia a apporté un public nouveau qui zappe sur les différents services,
Le public est autonome et il entre également en relation avec le personnel.
Service chronophage en phase de démarrage.
Perspectives :
S’il fallait le refaire, la réponse est oui
Offre musicale en streaming,
Développer la musique vivante dans la médiathèque.
En savoir plus : la présentation

Xavier Galaup, ACIM, Médiathèque départementale du haut-Rhin
Expérimentation : projet UMA, Univers Musical des médiathèques alsaciennes.
Génèse : un portail unique des 40 bibliothèques du département, respecter le droit d’auteur.
Société Music me (choix fait après une évaluation comparative des autres formes de streaming), musique en streaming.
Objectif : avoir une œuvre élargie de « soniel » (déf. De Gilles Rettel des phonogrammes non liés à un support physique) sur une plateforme dédiée, légale, sans publicité. Avoir un accès à domicile pour les inscrits de tout le réseau.
Chaque inscrit peu créer sa liste de musique (une radio). Le ticket d’entrée est assez cher : 5400 € et ensuite il y a des coûts par radio et pour chaque écoute.
On ne peut satisfaire qu’une centaine d’utilisateurs pour un coût raisonnable.
Il a eu une subvention.
Ce service a été ouvert il y a 15 jours et a 40 inscrits.
Une complémentarité est à trouver entre les collections physiques et l’offre en ligne.
En savoir plus : présentation

Gilles Rettel, agence MSAI
Il a essayé de répondre aux questions posées par l’animateur de l’atelier.
De quoi parle t’on ?
La dématérialisation, ça n’existe pas. Tous les documents numérisés sont stockés sur des serveurs donc du matériel.
Google posséderait environ 2% des serveurs du monde.
On n’utilise pas assez le terme de phonogramme. Le CD est un support de phonogramme.
La musique stockée sur un CD est déjà sous forme numérique.
Internet rend les phonogrammes volatiles, déplaçables. Il peut changer de support.
Allez-vous dans les médiathèques ?
Une des missions des médiathèques est de rendre accessible les œuvres. Quand elles se dématérialisent, la bibliothèque n’est plus le lieu de stockage (il parle de lieu concentrateur).
Il est souvent repoussé par les entrées des bibliothèques et par les masses de documents accumulés.

Voir son billet : Pourquoi je ne vais pas dans les médiathèques.

Comment élargir l’horizon ?
Il existe 3 filières de diffusion d’une œuvre musicale.
- La partition
- Le phonogramme
- Les spectacles, les concerts
La bibliothèque n’étant plus le lieu principal « concentrateur », leur avenir, en tant que lieu, est dans la médiation. Il parle de travailler sur l’aura et sur le halo des œuvres.

Conclusion
La bibliothèque du futur sera multimodal : des collections physiques moins lourdes, mieux présentées, plus attractives et de la médiation autour de services attratifs, innovants.

Les bibliothèques, un marché en mutation : le point de vue des prestataires informatiques

Présentation de Jean-Pierre Sakoun – Savoir Sphère

Présentation de Marc Maisonneuve – Tosca

Présentation de Laurent Soual – Doxulting

Présentation de Kees Payens _ Nedap

Session 6 : La documentation électronique , impacts et conséquences économiques

Session 6, samedi 22 mai 2010 : la documentation électronique : impacts et conséquences économiques

Modéraeur : Julien Roche, SCD Lille 1

Prise de note : Joëlle Muller

Jean-François Cavanagh : Reed Elsevier

J’ai raté cet intervenant

François Gèze : éd La Découverte

Présente rapidement son offre électronique

Présente les évolutions de l’offre électronique :

Elargir l’offre (actuellement chercheur) à d’autres publics.

Demande BNF pour Gallica. Ils ont commencé à numériser leur fonds.

Repenser la chaîne de commercialisation. Que les libraires retrouvent une place comme conseiller comme filtre à l’offre électronique qui va exploser.

Problème des DRM. Il a renoncé à en mettre.

Débat autour de la TVA.

Jérômme Kalfon : SCD Paris 5 et aussi pour Couperin

La doc électronique a un coût important pour les SCD.

Secteur des sciences. Production d’un article : coût de revient entre 400000 à 600000 €. Cet article est payé 0 € par les revues ou bases de données.

On n’est pas capable de définir un prix de production.

On est dans un cntexteinflationniste et les budgets ne suivent pas. Donc on rogne sur les marges et on perd l’autonomie dans la définition d’une politique documentaire.

Il y a une baisse du prix relatif d’une consultation (car augmentation du nombre d’utilisation)

Explosion du gratuit.

Contexte d’incertitude : TVA ? Taux de change ? engagement avant de connaître le prix de l’année n+1

Offre mouvante : volatilité des contenus, lacunes et redondances multiplication des plateformes et interfaces.

A la recherche du nouveau modèle économique : archivage perenne, accès pérenne, qui paye, abonnements, achat à l’unité, organisation et signalement.

Fin du dépouillement des revues par les bibliothécaires.

Une certitude, la bibliothèque numérique sera hybride et hétérogène avec des modèles très variables selon les bibliothèques.

Présentation très claire et intéressante.

Annie Dourlent : BPI et Carel

Rappel de ce qu’est Carel voir aussi l’article Carel sur le site de la BPI. Consortimu de n égociation des droits d’acquisition de documents électroniques pour les bibliothèques de lecture publique.

Rrien de nouveau pour ceux qui connaissent déjà Carel.

Dépenses numériques 0,14€/hb pour 3,67 €/hb pour le total des dépenses d’acquisition.

Sur les 700000 €de dépenses, ly en a 260000 pour Electre.

Les hits :la presse, l’autoformation, les dictionnaires, la jeunesse, la musique, la VOD.

Les résultats de l’nquête seront pubkiés prochainement.

Donc développement très lent des ressources numériques dans les bibliothèques de lecture publique.

Les quelques retours qu’elle a eu. Il y a un usage très faible des ressources électroniques en bibliothèque donc frilosité pour les acheter dans un contexte de crise économique et de baisse des budgets.
Travailler sur la médiation numérique pour  valoriser ces ressources. De l’eau pour le moulin de Silvère Mercier.

Débat – Conclusion

Q : comment travailler vous avec les chercheurs pour connaître leurs besoins.

R : François Gèze travaille par enquête auprès d’un panel d’usagers.

Jérôme Kalfon : relation entre l’offre et la demande. Certaines offres peuvent dispara^tre s’i elles ne trouvent pas leur public. Inversement, certains besoins ne sont pas pris en compte par les fournisseurs, ou à des coûts trop élevés.

Pourra t’on acheter tous les documents électroniques et les prêter ? Certaines publications sont réservées aux particuliers, pas de vente aux collectivités (ex : 50 illions de consommateurs, que choisir…)

Problème de la fédération des ressources pour interroger  sur une interface unique.

Carel a aussi des difficultés à élargir le nombre des contributeurs pour négocier, évaluer les produits. L’offre précéde la demande.

Jean-François Cavanagh : les ressources des BU françaises sont très faibles comparées aux autres pays développés.

François Gèze pense qu’une des pistes pour les ouvrages de niveau recherche, qui se vendent mal et en peu d’exemplaires, passera par l’édition électronique de ce type d’ouvrage. Pour les ouvrages grand public ou de niveau enseignement primaire et secondaire, il faut travailler de concert avec les bibliothécaires et les enseignants.

Annie Dourlent : constat d’une sous utilisation des ressources numériques payantes que nous proposons dans nos bibliothèques alors que la consultation libre de l’internet gratuit explose. Nous manquons aussi de modèle économique pour discuter avec les éditeurs.

Réponse de François Gèze : Carel, actuellement propose une offre assez hétéroclite, vous avez mis ce que vous avez trouvé.

Compte rendu de l’atelier 6

Les partenariats pour le développement de la lecture chez les jeunes

INTERVENANTS
Dominique Veaute, Association Livre passerelle, Tours
Michèle Briziou, CDDP d’Indre-et-Loire
Bérangère Rouchon-Borie, Bibliothèque municipale de Tours
Rachel Dionnet, Librairie Libr’enfant, Tours
MODÉRATRICE
Elisabeth Rozelot, directrice des bibliothèques à Créteil, responsable de la commission jeunesse de l’ABF

De nombreux partenariats autour de la littérature jeunesse et de la sensibilisation au livre des enfants sont mis en place en Indre-et-Loire. Les intervenants de cet atelier représentent chacun une structure impliquée dans l’un ou l’autre de ces partenariats : une librairie, le CDDP, l’association Livre Passerelle, la bibliothèque municipale de Tours. Le travail autour de la littérature jeunesse à Tours n’est pas une histoire récente. En 1936 une heure joyeuse était implantée dans la ville. Le courant ainsi créé a été amplifié par l’action menée par René Fillet, la mise en place d’une quinzaine du livre jeunesse, et l’introduction de l’étude de la littérature jeunesse au sein de l’université. La quinzaine du livre jeunesse présente une sélection de nouveautés en littérature jeunesse, et propose des animations. C’est le temps fort d’un travail qui s’étend sur plus de six mois de l’année et débouche sur le prix Acrolire.
Chacune des structures impliquées se présente et expose son engagement dans ce partenariat.

Pour la librairie Libr’enfant, qui fait partie de l’association des librairies spécialisées jeunesse et se revendique comme un lieu militant, ce travail est un gros investissement dans la droite ligne de ses missions ; guider, conseiller, les enfants et leurs parents, sélectionner les livres les plus intéressants dans la masse de ce qui paraît.

La cible première du CDDP est les enseignants et le monde éducatif. Il offre aux enseignants un accompagnement pédagogique dans l’usage des TICE mais aussi dans le domaine du développement de la lecture. La quinzaine du livre est un excellent tremplin qu’il faut rattacher aux attentes pédagogiques nationales : l’apprentissage des fondamentaux. A partir des livres sélectionnés pour le prix Acrolire, les enseignants travaillent avec leurs classes (6è-5è et 4è-3è essentiellement) et apprennent aux enfants à argumenter.
D’autres actions sont construites autour de ces actions comme par exemple un rallye lecture qui implique les documentalistes et incite les enfants à construire des jeux autour des livres. Les productions fabriquées dans les établissements scolaires sont très riches et les enseignants très intéressés. On constate qu’avec peu de moyens beaucoup peut être fait.

Livre Passerelle est une association de lutte contre l’illettrisme en Indre-et-Loire. Elle réalise une sensibilisation des jeunes enfants au livre dans des lieux où le livre n’est pas classiquement attendu. Cette première approche du livre ne peut se passer de partenariat avec les bibliothèques et les librairies où les parents qui le désirent pourront trouver des livres. Les bibliothèques, services culturels publics, gratuits, ouverts à tous sont des lieux de formation et d’information très importants pour les personnes éloignées du livre. L’association construit de nombreuses autres actions en partenariat avec la bibliothèque comme par exemple une formation des parents à la lecture d’histoire. Association et service public ont des statuts et des modes de fonctionnements différents dont la conjugaison enrichit les actions.

Après avoir présenté le réseau des bibliothèques de Tours, Bérangère Rouchon-Borie présente les aspects positifs du partenariat : la mutualisation des compétences, la synergie, la mise en commun des moyens, le partage des coûts, le bénéfice des actions mises en place par les autres, l’augmentation des propositions faites aux usagers. Avec cette habitude de travail en partenariat, la ville de Tours n’a aucune difficulté à mettre en place le contrat “territoire lecture”. Chacun des partenaires a des cibles différentes, ses propres pratiques, mais tous ont un objectif commun : toucher un maximum de jeunes. Le partenariat permet de comparer ces pratiques, de s’en inspirer et donc de progresser.
De ces diverses actions est née une résidence d’auteurs de littérature jeunesse portée par le CDDP.

A la suite de ces présentations, quelques questions ont abordé l’utilisation des TIC au sein de ces projets. Le CDDP propose une page netvibes , un compte twitter et un site Acrolire pour promouvoir les actions. Le fonds des livres sélectionnés par l’association passerelle est intégré au catalogue du CDDP.

L’agence de coopération Texto (Rennes) s’est présentée et s’est interrogée sur l’impact des actions ainsi menées depuis plusieurs années. La responsable du réseau des médiathèque de Clamart a souligné que très souvent les partenariats reposent sur les mêmes acteurs : les collectivités locales. La récente enquête de la Direction du livre et de la lecture sur les adolescents et la bibliothèque a été évoquée. Laure Collignon, chef du département des bibliothèques publiques et du développement de la lecture au Ministère de la Culture a rappelé que la lecture des jeunes était mise en valeur dans les propositions du ministère qui soutient les associations travaillant dans ce sens en partenariat avec des équipements culturels. Le projet “Première page”  monté avec la CNAF attribue un livre à chaque famille ayant accueilli un enfant dans l’année. Cette action a été menée dans trois départements pilotes en 2009, étendue à quatre autres départements en 2010. Des collaborations sont proposées aux départements qui avaient déjà instauré cette pratique. La direction attend des candidatures pour 2011.

Compte rendu de la session 4

La part des dépenses de personnel dans le budget des bibliothèques
Participants à la table ronde :
Benoît Lecoq inspecteur général des bibliothèques
Annie Coisy directrice, Service commun de la documentation, Université Bretagne Sud
Mylène Jacquot conservateur de bibliothèque, secrétaire générale adjointe Uffa-CFDT
Colette Girard adjointe au maire de Tours, chargée de la Culture
Modérateur :
Hélène Girard, Journaliste, La Gazette des communes
Benoît Lecoq dessine le cadre du sujet. Le budget de fonctionnement des bibliothèques intègre trois composantes : le budget directement géré par la bibliothèque, les dépenses de personnel et les coûts indirects souvent gérés par d’autres services. Dans les métiers qui touchent à la sphère culturelle la part de la masse salariale est toujours importante et  son évaluation n’a de sens que mesurée aux objectifs fixés.
Depuis ces dernières années la place faite à l’évaluation prend de l’importance. L’esprit de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a infléchi les perceptions. On passe peu à peu d’une culture des moyens à une culture des résultats cherchant à atteindre les meilleurs objectifs au moindre coût. On évalue les services rendus.
Trois études majeures dans le domaine insistent sur le poids des ressources humaines dans le budget des bibliothèques :
  • L’enquête menée par la DLL et l’IGB sur activité des BMVR en 2004
  • L’étude de Danièle Oppetit sur les coûts de fonctionnement des bibliothèques municipales (2008)
  • La comparaison internationale des bibliothèques universitaires : étude de cas de Mmes Vayssade et Jouguelet (2010).
Elles indiquent que la masse salariale représente plus de 80% du budget des BM et 50 à 60 % du budget des BU. Plus que dans les bibliothèques étrangères. Cela ne veut pas dire que BU française ont trop de personnnel mais que la masse salariale est importante et que les autres postes budgétaires
(les dépenses documentaires par exemple) sont faibles. Deux BU seulement dépensent plus de 100 euros par an et étudiants. Dans les BU étrangères, le budget documentaire est plus confortable.
Le poids croissant de la masse salariale s’explique aussi par d’autres facteurs : le pyramidage des emplois, le sur-encadrement, le personnel nombreux mais peu qualifié, des charges spécifiques comme la gestion de fonds patrimoniaux importants ou l’attention portée à l’action culturelle.
Toutefois à masse salariale égale on peut observer des résultats différents  s’expliquant par la forme des équipements (unique ou multisite) ; la structure des organigrammes ; la centralisation des tâches ; l’automatisation ou la récupération des notices (encore peu développée).
Il est nécessaire de définir les objectifs du service, redistribuer les tâches, recourir à des indicateurs internes et externes.
Annie Coisy présente ensuite les contours du problème tel qu’il se présente au SCD de l’Université de Bretagne Sud qui endosse  des responsabilités élargies depuis 2010.
En présentant le SCD et comment s’y intègrent la BU et les autres bibliothèques, Annie Coisy montre qu’il est difficile de délimiter ce qui relève du SCD, de la BU, des bibliothèques associées. Même problème pour les personnels qui, pour certains, sont gérés par l’université, d’autres directement par le SCD (sur ressources propres) et relèvent donc de plusieurs statuts, de divers profils de carrières. Les uns appartiennent à la  filière bibliothèque, d’autres sont étudiants, enseignants, administratifs, ou ITRF. Il faut aussi ajouter les personnels qui travaillent pour la BU sans relever du SCD (services informatique, DRH, financiers, affaires juridiques …) et les personnels des services externalisés : entretien, télésurveillance.
La LRU donne à chaque université la maîtrise de sa politique et de ses moyens et modifie la position des BU qui voient la fin des crédits fléchés. Elles relèvent maintenant directement des universités qui négocient avec l’Etat tous les quatre ans ( avec réévaluation annuelle) un contrat d’objectif leur attribuant une masse salariale et un plafond d’emplois : une enveloppe financière et un nombre d’emplois à ne pas dépasser. Ce nouveau cadre de fonctionnement a des avantages et des inconvénients : il permet d’avoir une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs, et des compétences (GPEEC) ; et d’ajuster les moyens aux besoins. Mais cette autonomie est très encadrée et le contexte assez défavorable. On peut dès lors se demander quelle sera la place réservées aux SCD et à leurs personnels : part du lion ou portion congrue ? Tout se joue dans la négociation des directeurs de SCD avec leurs présidents plus tentés de recruter sur des missions de pilotage (des projets de court terme) que sur les bibliothèques.
A l’intérieur du service des solutions sont envisagées : le recours à des étudiants contractuels, l’automatisation, la sous traitance, l’engagement dans des missions supra-établissement, une meilleure communication sur le service. Du côté des personnels il faut mettre en place les actions de formations nécessaires, valoriser les compétences existantes, rechercher les compétences manquantes.
De nombreuses interrogations pèsent sur le métier. La question des collections n’est plus centrale, on attend des SCD qu’ils fournissent des formations, qu’ils répondent à tout type de question. Il n’y a pas de création d’empoi, des contrats précaires, les gens croient peu à la GPEEC et s’interrogent sur la valeur du travail fourni .
Une troisième approche de la question est fournie par Colette Girard adjointe au maire de Tours, chargée de la Culture qui décrit la situation locale. La ville a beaucoup investi dans les bibliothèque en créant un nouvel équipement : la médiathèque François Mitterrand, un équipement moderne et spacieux dont le succès à entraîné la rénovation de la bibliothèque centrale (pour 14 millions d’euros). Le problème à Tours est plus l’investissement que la masse salariale.
L’ouverture de la BFM a conduit la ville de Tours à créer 12 postes, portant à 107 le nombre de postes du réseau soit 14 %  de plus que la moyenne nationale, mais avec un taux d’encadrement moins élevé que la moyenne. L’un des objectifs de la ville est donc de viser à requalifier son personnel. La collectivité propose un plan de formation adapté aux besoins et l’accompagnement des agents. Les agents municipaux sont au coeur du fonctionnement des bibliothèques. La ville dépense  27,17 euros / habitant pour le  personnel soit 16 % de plus que la moyenne nationale .  12% du budget de la Direction des Affaires Culturelles va vers les bibliothèques et 90% du budget de fonctionnement des bibliothèques passe en coûts de personnel. Deux des quatre conservateurs d’état ont été transférés à l’université.
Le dernier éclairage du sujet est le point de vue syndical donné par Mylène Jacquot, conservateur de bibliothèque et secrétaire générale adjointe Uffa-CFDT. Les syndicats participent chaque année aux négociations sur le pouvoir d’achat qui concernent l’ensemble des fonctionnaires. Au cours de ces négociations, seul  le gouvernement s’exprime (les collectivités territoriales sont représentées par des associations d’élus qui ne sont pas employeurs) et seule la questions du pouvoir d’achat est étudiée. On ne parle pas des emplois, de leur nombre et de leur qualité, du recours à des contractuels. Ces négociations ne portent que sur la valeur du point alors que le pouvoir d’achat est constitué d’éléments plus variés : les primes, des éléments collectifs comme l’action sociale, la participation de l’employeur à la complémentaire santé. Une part de plus en plus importante de la rémunération échappe donc à toute négociation. Les primes et indemnités prennent une place de plus en plus importante dans les rémunérations qui sont de plus en plus  individualisées et inégales selon les collectivités territoriales ou universités. Dans ce domaine, la CFDT milite pour la transparence dans la détermination des enveloppes budgétaires, comme dans la détermination des critères d’attribution des primes et indemnités, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. La CFDT milite pour une politique de gestion de ressources humaines ambitieuse et respectueuse des agents (et citoyens), de leur compétence et de leur investissement dans le travail. Il appartient au politique d’assigner ses missions au service public et d’organiser le débat.
Les questions posées à la suite de ces interventions ont porté sur le nombre des emplois créés par la ville de Tours pour l’ouverture de sa nouvelle médiathèque, sur les ratios d’encadrement au niveau des SCD, sur le recours aux contractuels, et sur la réforme des collectivités territoriales. Faut-il de plus en plus de cadres dans les bibliothèques pour  répondre aux attentes qui pèsent sur elles ? Requalifier l’ensemble des personnels ? S’inspirer des exemples étrangers ? En Amérique du Nord le taux d’encadrement est de 25 à 50% (de 70 à 90 % en France) et ces bibliothèques n’hésitent pas à employer de nombreux autres personnels que du personnel de bibliothèque. Les bibliothèques françaises ont aussi recours au contractuels parce qu’elles ne trouvent pas les compétences qu’elles recherchent chez les bibliothécaires. La réforme des collectivités territoriales génère des inquiètudes chez les agents sur leur  devenir, mais toutes les réformes n’impactent pas les conditions de travail ou les statuts des agents. La réforme de l’intercommunalité est nécessaire et permet de réaliser des économies d’échelle.
Présentation d’Annie Coisy directrice, Service commun de la documentation, Université Bretagne Sud :

Les marchés publics et la réglementation

Présentation de Cathy Dagostino, avocate – Ernst & Young :

Présentation de Pascal Brunier, directeur de l’ADAV :