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Session 6 – Communication via Internet. Les réseaux sociaux

Modérateur : Franck Queyraud
Intervenants :
– Silvère Mercier
– Marie-Paule Doncque
– Alexandre Lemaire

Introduction de Franck Queyraud :

A l’image du pulsar, étoile qui tourne sur elle-même et visible depuis l’univers par ses signaux, la bibliothèque d’aujourd’hui a intérêt à développer ses compétences autour de la communication, à émettre et propulser des contenus. En effet, force est de constater qu’elle n’est plus vraiment un centre attractif et qu’elle rencontre de plus en plus de problèmes pour faire venir le public en son sein. Trois invités aujourd’hui pour trois thèmes complémentaires montrant quelques usages possibles : les rapports entre communication publique et médiation numérique, l’exemple de Miss Média à Metz et le mouvement dynamique des réseaux littéraires sociaux.

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Intervention de Silvère Mercier

Silvère Mercier, chargé de médiation numérique à la bpi, connu sur Internet sous le pseudonyme de bibliobession, silvae pour Twitter, membre de l’IABD, l’ ABDS et des bibliothèques hybrides.

Quels rapports peut-il y avoir entre la médiation numérique et la communication ?

Tout d’abord, qu’est-ce précisément que la communication publique ?

Cette question est capitale pour bien comprendre le contexte des bibliothèques puisqu’elles travaillent dans le cadre de collections publiques. Le mot communication en premier lieu vient du latin et signifie “échange, partage”. Dans un projet territorial, on constate effectivement que la communication est centré sur les échanges et le partage, et qu’elle incombe à l’institution publique (cf. diapo 4 et la définition de ZemoR P.). La communication institutionnelle est celle de l’organisation, de la promotion de son image et de ses services. Les médias sociaux apparus voilà quelques années et en croissance constante redéfinissent ce que la communication institutionnelle pouvait être jusqu’à présent.

D’où d’autres questions qui apparaissent : quels sont les rapports entre cette communication institutionnelle et la médiation numérique ?
La médiation numérique se définit comme une démarche de projet (cf. diapo 7). Le mot médiation est souvent pris comme un mot-valise qui recouvre tout et n’importe quoi. Silvère Mercier a donc proposé une définition de la médiation numérique que stipule que c’est une véritable démarche avec des dispositifs à la fois techniques, éditoriaux et interactifs. Cette forme de communication s’incarne dans ces dispositifs pour faciliter la dissémination, à la différence de la communication qui porte seulement l’image de l’institution.

La première porte d’entrée que la bibliothèque doit privilégier sur Internet, ce sont les sujets et besoins documentaires : il s’agit de savoir  à qui on s’adresse, comment on le fait, quels dispositifs seront les plus pertinents.

La communication et la médiation sont deux notions intimement liées par l’identité numérique, c’est-à-dire l’identité de celui qui parle sur le web. Souvent cette communication est uniquement institutionnelle, c’est la bibliothèque qui parle au nom de la bibliothèque.

Une utilisation conjointe de la communication et de la médiation permet une co-construction des identités numériques.
Clarifions les deux notions : la communication peut être la définition d’une charte graphique, d’un avatar, d’un logo par exemple, alors que la médiation permet de choisir quels contenus sont à produire, à propulser, quels choix thématiques vont être pris. Les rapports entre communication et médiation sont donc évidents : les 2 approches sont à co-construire et à négocier avec le service de communication de l’institution.

Il existe quatre principaux types d’identités possibles pour une bibliothèque sur le net (diapo 12) : identité institutionnelle, de service, thématique, de personnes-ressources.
Pour garantir cette identité, il faut faire attention  au cycle présenté à la diapositive 13 en gardant en mémoire qu’il est capital d’instaurer une confiance entre soi et le public. Les communautés d’intérêt doivent avoir confiance dans les bibliothèques et les personnes qui proposent du contenu et pratiquent la recommandation.
Internet est l’entrée vers de multiples contenus : lesquels choisir ? Très souvent, c’est un immense bouche à oreille qui met des contenus en avant. Et à partir d’une proposition de contenus, on trouve des gens intéressés par ce thème.

L’identité institutionnelle (diapo 14)
Elle s’adresse en priorité aux usagers. Une communauté en termes d’identité institutionnelle permet des feed-backs, des retours sur les services comme des échanges avec les usagers. L’identité de la Bpi sur Facebook et Twitter est construite ainsi avec un pseudo et un logo en rapport avec son fonctionnement, clairement différente d’une proposition de contenus.
L’identité institutionnelle est majoritaire, on doit commencer par ça.

L’identité thématique
Le logo est différent de celui de l’institution. Ce sont des communauté d’intérêts. On s’adresse alors aux usagers et plus. Par exemple, la bibliothèque de Montréal propose un site sos devoirs clairement axé sur le soutien scolaire et l’aide à l’apprentissage. Elle a identifié des besoins documentaires auxquels elle souhaite répondre.

L’identité de personne /de figure humaine
On cite souvent en exemple les geemiks qui ont choisi de se placer en personne ressource pour leur communauté respective. Le positionnement est centré sur les bibliothécaires. L’identité est mixte entre l’institution, le service, et l’identité thématique incarnée dans une figure humaine, la personne ressource. L’ADN de cette identité thématique et incarnée se décline sur les différents médias sociaux comme Facebook, twitter, etc.
Autre exemple de ce type d’identité : les  personnes du muséum de Toulouse qui sont sur Facebook utilisent des avatars avec intégration du logo de l’institution.

L’identité de service
Il s’agit de rendre les services directement sur les médias sociaux, là où sont les usagers (et non un simple acte de diffusion et de communication). Un exemple parfait vient d’être mis en place à la Bpi avec ses 20 bibliothèques partenaires :  biblioSésame sur Facebook. D’autres services de références virtuelles existent comme par exemple ubib ou rue des facs qui utilisent seulement Facebook comme outil de  communication de leur service. BiblioSésme rend à présent ce service directement sur Facebook. Une page Facebook a été créée pour gérer la communication car elle peut être vue par tout internaute, même ceux n’appartenant pas au réseau social ; un groupe public, lui, rend le service. Des avatars fictifs ont été choisis pour représenter chaque bibliothèque du réseau, avec un visage humain. Le pseudo des profils est fondé sur le modèle BiblioSésame + ville

Pour utiliser ce service, il suffit de rentrer dans le groupe, de poser ses questions, et la réponse arrive en 72h, gratuitement, excepté les questions médicales et juridiques qui sont bannies.
Ce projet installent les bibliothécaires dans le flux, là où sont les gens, c’est le service qui se déplace. L’inconvénient majeur est cependant qu’il dépend des conditions techniques de Facebook. On n’est plus dans une réponse à une question mais une conversation avec le public.

Un groupe privé a aussi été créé en parallèle pour les répondants afin d’échanger et de réguler le service. Ce service n’exclut aucunement les autres services mais les complète. Une trace des échanges sera conservée avec un copier-coller car Facebook fait disparaître les données (c’est un système de flux et non une base de connaissances).

Il s’agit de communiquer en ligne sur un service en ligne. L’image de la collectivité bénéficie de l’efficacité en termes de recommandation ou service des identités qu’on a intégrés.

On peut ainsi facilement voir la bibliothèque comme un hub.

Intervention de Marie-Paule Doncque

Responsable de la communication et de la programmation culturelle à la médiathèque de Metz.

La naissance de Miss média a été la source de nombreuses transformations dans l’organisation pour parvenir sur les réseaux sociaux. Il s’agissait de faire de la stratégie virale.
Le site internet de la médiathèque de Metz est totalement obsolète, un nouveau projet va être lancé pour 2012. La bibliothèque avait une visibilité déficitaire sur Metz : pas de charte ni de logo, plusieurs appellations qui coexistaient et semaient le trouble. Un objectif de reconquête a été défini : reconquérir le territoire de la ville. Comment ? en allant sur les territoires, en étant présent aux vernissages, en cultivant ses relations publiques pour se faire connaître. Une refonte totale de la communication a alors été pensée avec la création d’une marque et d’un logo. Un problème par rapport au logo s’est par contre posé et a valu un rendez-vous avec la direction de la communication. Aux BMM (pour bibliothèque municipale de Metz) proposés plus tôt, la direction communication a choisi BM.
La communication s’est ensuite développée avec différents moyens de communication : Facebook, le Barouf, un blog à venir, tout cela avec une logistique moyenne.
Miss Média a été créée dans ce contexte et a été placée en porte-parole : ce n’est pas une personne ni une personnalité mais un projet, qui est la mise en réseau numérique avec propulsion de projets.
Sa naissance, en janvier 2009, a été le fruit d’une table-ronde autour du dessin de presse avec la bande à Faber. L’idée a germé d’utiliser des dessins de presse sur notre site pour communiquer autrement. André Faber est un blogueur caustique qui rédige notamment des piges au Courrier International et à Psychologie. Il habite dans la région, est en phase avec l’actualité, et cultive son côté mordant. Il diffuse des dessins dans un journal régional intitulé La Semaine.
Miss Média a d’abord été M. L’homme qui s’intéressait aux médias, puis la médiathèque de Metz a passé commande à André Faber, avec pour impératif d’éviter le chignon et les lunettes.
Parallèlement, la médiathèque s’était clairement positionnée pour une baisse des tarifs (parmi les plus chers de France à l’époque). Miss Média est devenue le porte-parole de cette proposition politique. La création de la charte graphique et la nouvelle tarification concomitantes ont été un véritable tremplin. Le changement de politique tarifaire a en effet apporté 4000 usagers inscrits de plus.

Miss Media a commencé alors à se faire remarquer, notamment par Livre Hebdo. Elle n’a pas été pensé comme une superhéroïne. Son nom a été créé sur le mot Miss (en référence au surnom donnée à l’intervenante) et média, qui est le mot médiathèque tronqué, en référence à la fierté d’avoir utilisé ce mot à Metz pour la première fois en France.
Il faut cependant savoir que Miss Média est sous le copyright d’André Faber, la médiathèque n’a aucun droit sur cette création.
Elle est donc exploitée et déclinée dans différents espaces, accompagnant les différentes signalétiques. La réaction des collègues face à cet avatar a été d’abord assez négative : moche, “il n’y en a que pour elle”. Certains collègues se sont sentis désincarnés.
Le but de l’institution était qu’on remarque Miss Média. Elle est évolutive, pas rigide, elle doit être crédible. L’actualité est son terreau : chaque mois un strip est publié. C’est souvent une mise en boîte des usagers, rempli d’humour, humour qui a pu faire polémique mais qui crée un débat suscitant l’intérêt. Tout le personnel de la bibliothèque porte un badge où elle est présente, comme adhésion à une culture d’entreprise. Cependant, cette adhésion ne s’est pas faite tout de suite (c’est une fille, etc.)
Sur Facebook, il a fallu trouver le bon ton, car ce réseau ne suppose pas le même type de communication que les autres médias.

Ils assument entièrement le côté artificiel, l’important étant de faire du buzz, et d’oser oser.
Ils se rendent disponibles 7 jours sur 7 (ils sont trois à s’occuper du compte Facebook). Que fait Miss Media concrètement ? Elle se tient au courant des actions municipales, rebondit sur les événements.
Effet inattendu : les élus sont devenus amis avec elle sur Facebook (enfin plutôt pour surveiller ce qu’on y fait, soyons honnête).
Le prochain projet est l’ouverture de leur blog, pour transformer les collègues en personnes ressources, pour les fédérer et amener à cette production de contenus en relation avec Metz.
L’idée est aussi de faire du hors-les-murs avec notamment la publication du Barouf, journal mettant en avant les professionnels et non les bâtiments ou les collections dans une stratégie virale. Leur meilleur point de dépôt a été sans conteste les cafés, où se trouve majoritairement un public qu’on ne connaît pas et qui par ce biais découvre les services de la médiathèque.

Intervention d’Alexandre Lemaire

nouveau membre des bibliothèques hybrides, responsable du service technologie au ministère de la culture de la Belgique.

Qu’est-ce que le bibliothécaire peut faire avec le citoyen dans ce nouveau monde du web social ?
L’une des réponses pourrait être d’investir les réseaux littéraires sociaux. C’est un réseau social thématique sur le livre, une bibliothèque virtuelle construite par les échanges avec les autres lecteurs et la mise en valeur d’ouvrages. Ce type de réseau social est apparu dans les pays anglo-saxons, puis en France avec notamment Babelio, Libfly, ou encore Librarything France.
On trouve aussi des fonctionnalités sociales dans les catalogues de librairies en ligne et depuis peu dans ceux de certaines bibliothèques. Faut-il un réseau social dans notre catalogue ou notre catalogue dans un réseau social ? Ou les deux, pourquoi pas ?
Il y a deux manières d’aller chercher le chaland, deux façons que l’on peut  rapprocher de l’image de la pêche :
– la pêche au lancer : chasser la proie là où elle se trouve.
– la pêche au cours : utiliser un appât.

Ces deux démarches permettent d’essaimer sur la toile, et d’intégrer les réseaux littéraires sociaux.

L’exemple de la pêche au lancer
Dans les catalogues, ce type de démarches se retrouvent dans les possibilités de partage, les url profondes : chaque fois qu’on clique sur ce lien, cette notice se retrouve sur les réseaux littéraires sociaux grâce à l’ intégration des ISBN de nos collections. Quand on trouve la notice dans ces bases, le réseau littéraire social indique que le livre est consultable dans telle ou telle bibliothèque ainsi que la disponibilité du document.
C’est l’une de caractéristiques d’un catalogue 2.0.
Si le social se trouve dans le catalogue (avec un système d’étoiles à remplir suivant son appréciation par exemple), il prend une valeur ajoutée importante et évite la rupture web.
Les possibilités sont nombreuses : on peut enrichir le catalogue en contenus par l’internaute, utiliser la folksonomie, ou encore l’indexation par les usagers.
Cependant, force est de constater le problème de la masse critique : sur 100 notices visibles, 2 seulement seront complétées par des commentaires, ce qui fait plutôt pauvre. Il faudrait au moins atteindre les 50 % de notices présentant autre chose que la seule description bibliographique.

Comment faire ? Établir des partenariats ou des collaborations avec des spécialistes dans les réseaux littéraires sociaux.
Quelle technique utiliser ? Un choix mixte est possible :
– les usagers deviennent acteurs.
– on nourrit les catalogues par des réseaux littéraires sociaux externes.
Il suffit de passer par un web service.
Aujourd’hui, il faut toujours garder en tête que dans le web l’internaute veut tout, tout de suite, facilement sinon on le perd.

Quelques exemples d’intégration de réseaux littéraires sociaux dans le catalogue : Toulouse et Babelio (citation du livre, tag, recommandation de lecture)

Un reproche est cependant souvent émis par rapport à ces contributions. Elles ne sont pas rédigées par des spécialistes qui s’expriment. Mais s’il n’y avait que l’avis des spécialistes, cela poserait aussi un problème de masse critique, car ce genre de critiques ne parle pas à tout le monde. Il est aussi intéressant d’avoir des avis de bibliothécaires. On peut aussi placer côte à côte des critiques de lecteurs et de bibliothécaires.

Faire parler les lecteurs, les faire s’exprimer est devenue une problématique importante.
Doit-on les encourager ? Les renvoyer sur notre catalogue ou les réseaux littéraires sociaux ? qui anime les communautés ? Des bibliothécaires formés ? On les externalise ? Qui modère les interventions ?
Dans le choix d’un réseau littéraire social, la continuité d’accès paraît primordiale, car s’il y a une rupture de contrat, de web-service, on perd toutes les données et contributions. Ne serait-il d’ailleurs pas plus intéressant d’avoir un réservoir universel  de critiques de bibliothécaires ?

La question du catalogage social bouscule la profession : jusqu’où le bibliothécaire est prêt à laisser l’internaute faire le boulot à sa place ?
Il est évident qu’en demandant leur avis, on soude la communauté des lecteurs. Ajouter une commentaire, une note, des mots-clefs, les propositions de contributions peuvent être variées.
Mais va-t-il cataloguer ?
Proposer le regroupement de noms d’auteurs dans le fichier d’autorité ou de titres appartenant à une même œuvre paraît de même extrêmement pertinent. C’est ce que fait déjà  Babelio. Il pourrait même y avoir une validation derrière si besoin.
On arrive à une idée proche du schéma FRBR : on voit d’abord l’œuvre, puis les éditions. Cette description est  plus simple qu’un ISBN par édition.

Les recommandations de lecture se fondent essentiellement sur deux modèles, plus un hybride :

  • un algorithme basé sur le contenu

Il s’agit de lire d’autres livres proches, du même genre. Le système propose d’autres œuvres “similaires”, des notices similaires.

  • un algorithme basé sur le filtrage collaboratif

Les usagers ont un historique de prêt (anonymisé certes, puisque l’on n’a aucunement besoin de noms) . X lit Y , et a aussi lu z. Sur la masse de données, avec les nombreux recoupements, on obtient un filtrage collaboratif.

  • un algorithme mélangeant les deux présentés plus haut.

C’est ce qu’utilise Amazon et déjà certaines bibliothèques. On l’appelle “content based and collaborative filtrage”. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire l’article écrit par Alexandre Lemaire dans le billet des hybrides du dernier numéro de Bibliothèque(s) (n°56, juin 2011, p. 82) ou sur le bibliolab (article plus complet).

Un exemple : Farenheit 451 sur Librarything.
Les recommandations que l’on peut lire sont pertinentes, et de nouvelles propositions se trouvent dans les commentaires. Ce sont d’autres propositions faites par des lecteurs qui complètent les recommandations de l’algorithme. Cela évite de s’enfermer dans l’automatique.
Ces propositions sont de plus notées par les internautes et classées par ordre d’importance.

La personnalisation est aussi une pratique très intéressante. Amazon nous fait souvent des propositions en fonction de ce que l’on a acheté. Mais on peut aller encore plus loin : si l’on a fait des achats pour d’autres personnes, on peut visualiser son profil d’achat pour enlever ces éléments brouillant notre profil de consommation personnelle. Ainsi on l’affine soi-même pour améliorer le système de recommandation et le rendre plus efficace.
Sur les réseaux littéraires sociaux, on trouve aussi des propositions intéressantes, comme la possibilité de voir les gens qui aiment, qui lisent la même chose et rentrer en contact avec eux, comme sur Babelio. Ce sont des lecteurs avec un profil proche du nôtre, qui ont lu les mêmes titres, ont attribué les mêmes notes que nous aux oeuvres.

Questions de fin de session

  • Question adressée à Marie-Paule Doncque : combien coûte Miss Media ?

Marie-Paule Doncque : Pas très cher. La médiathèque a organisé une exposition sur le travail d’André Faber, la création de l’avatar a été faite en échange, elle n’a donc pas été financé. Chaque strip créé coûte 250 euros par mois. Une ligne budgétaire dédiée a été acceptée. La communication et la programmation culturelle sont faites en même temps, elles ne vont pas l’une sans l’autre.
Le Barouf a été tiré à 50 000 exemplaires. Son concept graphique a coûté 3000 euros  et a été réalisé par un graphiste extérieur. Les piges qu’il contient sont celles de la médiathèque, elles n’ont pas été demandées à des externes. Il faut ajouter 3500 euros pour le tirage en format berlinois (presses au Luxembourg). Le temps salarial est par contre indéfinissable. Pour Facebook, trois collègues seulement s’en occupent, et ne comptent pas leur temps (environ 1h par jour à 3). Ils ont pu constater la force de Facebook : annonce de la venue d’un rappeur uniquement par ce canal 24h avant, 300 personnes se sont présentées. Mais Facebook ne marche pas toujours (flashmob organisée mais tombée à l’eau). On est sur le territoire de l’expérience, il faut réseauter au maximum, et lancer le bouche à oreille.

  • Question à propos de la propriété de Miss Média, qui en a la garde ?

Marie-Paule Doncque : Une part de risque a effectivement été prise par la médiathèque. Ce n’est pas toujours facile mais Miss Media sert aussi la notoriété d’André Faber, les commandes se multiplient. Ils jouent carte sur table, donnant, donnant. Chacun tire chacun parti de Miss Média.

  • Question sur les services de question- réponses : l’usager migre et va où il veut, donc les différents services existants sont en compétition. Cela ne favorise-t-il pas le bruit plutôt que clarté ?

Silvère Mercier : BiblioSésame, ce n’est pas le service de questions réponses de la Bpi, mais d’emblée un réseau collaboratif avec la participation d’une vingtaine de bibliothèques. Les questions de passerelles entre les différents services de questions réponses se posent mais le territoire n’est pas saturé. Un renvoi entre ces services pourrait être envisagé.

  • Miss Média : on voit la force du projet de service, elle devient de plus en plus importante et présente, mais elle apparaît comme très normative. En termes de communication globale, si l’identité trop forte, trop marquée, les usagers ne se reconnaissent plus. Elle est blanche et pas noire par exemple, ni asiatique, etc.

Marie-Paule Doncque : Le logo a une symbolique mûrement réfléchie : Miss Média est aux couleurs de la ville de Metz (blanc et noir). Mais quelle couleur mettre en priorité ? La réponse s’avère bien délicate. Là on pourrait vraiment parler de démagogie selon le choix effectué. Miss Media est plutôt vue comme un playmobil, elle ne ressemble à personne.
André Faber est souvent perçu comme un peu agressif, on a même accusé Miss Media d’être de droite. On est face des fois à des réactions agressives venant de gens malveillants.

Silvère Mercier : Pour le service BiblioSésame sur Facebook, ils ont choisi des avatars fictifs, représentatifs de la diversité d’âge, de couleur de peau, souriants et surtout sans allusion aux clichés sur les bibliothécaires.

  • Questions sur les réseaux littéraires sociaux : dans ces idéologies communautaires, n’y a-t-il pas un danger d’inciter au communautarisme, un danger de glissement vers une idéologie tribale avec un système de notation systématique. Quelque part, ne crée-t-on pas de nouveaux systèmes de prêt à penser ?

Alexandre Lemaire : Concernant le communautarisme, les réseaux littéraires sociaux sont des communautés thématiques et non d’opinion, rassemblant des personnes ayant un intérêt pour la lecture (loisir et documentaire, surtout de loisir). Le sujet ne prête pas à tension, polémique, à la création d’une tendance spécifique.
Est-ce une forme d’enfermement pour du prêt à lire ? Oui si le système est tout automatisé.
Si un filtrage collaboratif existe, il va ressortir des ouvrages populaires. Tout dépend donc de l’algorithme : souvent on prend en compte un grand nombre d’éléments, les bibliothèques peuvent paramétrer.
La machine ne fait pas tout toute seule : nous sommes derrière, c’est à nous d’affiner les algorithmes. On peut renvoyer vers des humains aussi. Le repérage que l’on peut faire sur les réseaux littéraires sociaux ou les librairies n’est pas fait par une machine, elle ne remplace pas l’humain, mais apporte des ajouts.

  • remarques sur SINDBAD de la BnF.
  • remerciements à M. Lemaire sur sa remarque comme quoi le catalogage sera fait par les usagers demain
  • Question sur l’alimentation des sites web, des réseaux sociaux : comment s’organiser, quel est le temps consacré ? Est-ce du temps pris sur les animations et médiations en physique ? Comment gérer les deux ?

S’il n’y a que des personnes considérées comme geek qui les alimentent, c’est bien dommage.

Atelier 4 – Promouvoir les bibliothèques et la lecture

Modératrice : Françoise Dury (APBD)
Intervenants :
– Annick Guinery (chargée des relations internationales à l’ABF)
– Anna Svenbro (BNF)
– Marian Koren (FOBID – Forum des bibliothèques néerlandaises)
– Alain Coquart (vice-président de l’agglo de Rennes – FNCC)

Intervention d’Annick Guinery :
Les campagnes de communication nationales sont différentes en fonction des pays. On peut s’interroger sur l’impact des slogans utilisés et se demander si la langue française n’est pas un frein à la “formule” idéale (problème de fluidité à prendre en compte).

A l’IFLA, campagne mondiale de promotion depuis 2001. L’ABF envisage d’adapter cette campagne de promotion à la France. Quelques exemples de termes employés dans les affiches à l’étranger :
– c’est pour vous !
– c’est l’aventure !
– moments inoubliables
– avec la bibliothèque, tu vis plus fort / tu es quelqu’un d’autre
– slogans autour de l’accès au savoir
– les bibliothèques changent la vie !

Intervention d’Anna Svenbro :
Campagne suéduoise intitulée “ Library Lovers
Le point de vue de Lionel Dujol sur cette campagne : badge avec un coeur rose bonbon “ Library lovers ”. Idée de promotion géniale, simple et un outil de communication facile.

Campagne “La Suède a besoin d’une politique nationale des bibliothèques” depuis 2008. Menée par la SBF (Svensk BiblioteksFörening) (association de réflexion) qui se bat pour que les bibliothèques soient reconnues comme un moyen de démocratie. Dirigée par des personnalités qui sont investis dans la politique suédoise (appartenance à un parti politique). La connaissance des 2 mondes (bib et politique) permet de mieux communiquer ! La force de frappe est énorme !

Françoise Dury présente les questions que va aborder l’atelier : comment promouvoir les bibliothèques ? Comment promouvoir la lecture ? Quels sont les exemples français et étrangers ? Les expériences étrangères présentées sont-elles transposables en France ?
Quatre intervenants ont accepté d’éclairer ces différents thèmes :
Annick Guinery chargée des relations internationales au bureau national de l’ABF
Anna Svenbro, chargée des collections en langue scandinave à la BnF et spécialiste de la Suède
Marian Koren, directrice de FOBID Netherlands Library Forum
Alain Coquart, conseiller municipal de Rennes, conseiller municipal délégué aux musées, à l’édition et à la lecture publique, Vice-président délégué au livre et à la lecture publique délégué au livre et à la lecture de la communauté d’agglomération, Rennes métropole et membre du bureau de la FNCC

Annick Guinery présente diverses expériences étrangères. Première constatation générale : au delà des bibliothèques, ces campagnes de promotion portent souvent sur la thématique de la lecture et de l’accès aux savoirs et elles cherchent à atteindre les décideurs.
Des slogans très imaginatifs y sont développés comme par exemple « Born to read »

Dans l’esprit de la campagne mondiale de promotion des bibliothèques menée par l’IFLA :  » Action Library « , ces campagnes de promotions cherchent aussi à modifier l’image de la bibliothèque en la présentant comme un lieu dynamique, accueillant, chaleureux, stimulant, en pleine évolution et en la plaçant au coeur des débats et des publics. Les thématiques qui se rattachent à la bibliothèque sont celles de la responsabilité, de l’engagement, de l’accès au savoir ; on insiste sur le rôle économique qu’elle peut jouer et sa capacité à changer la vie de chacun.

Les slogans développés sont du type : «  la bibliothèque c’est pour vous « ,  » la bibliothèque c’est l’aventure « ,  » aller en bibliothèque une expérience inoubliable « ,  » avec la bibliothèque vous vivrez mieux et plus fort « , …
Dans de nombreux pays, en plus des posters, des affiches, des concours des fêtes nationales de la lecture sont organisées sur plusieurs jours.

Après cette présentation kaléidoscopique, Anna Svenbro présente en détail la campagne suédoise  » Library lovers  » matérialisée par le badge en forme de coeur rose bonbon  que distribue l’association des bibliothécaires suédois (SBF).

Cette campagne est un bon exemple de marketing, de communication et de lobbying appliqués aux bibliothèques. Elle cherche à sensibiliser au problème des bibliothèques tous les citoyens-électeurs suédois.

Derrière le petit badge rose, se cachent des questions sérieuses : la nécessité d’une politique nationale des bibliothèques, de l’attribution de moyens financiers suffisants aux bibliothèques, la mise en avant du rôle crucial que jouent les bibliothèques dans le développement de la lecture.

Il faut en effet situer cette campagne dans son contexte : la RGPP à la suédoise, le désengagement de l’Etat, la crise économique de 2008 et les  restrictions budgétaires qui s’en suivent, la fermeture de 400 bibliothèques ou la privatisation d’établissements. C’est pour toutes ces raisons que la SBF a construit cette campagne très politique avec le concours d’écrivains et de personnalités, une campagne largement relayée par les réseaux sociaux et la blogosphère.

Ce travail a porté ses fruits puisque, aujourd’hui, 65% des suédois se déclarent prêts à voir augmenter leurs impôts locaux pour abonder les budgets des bibliothèques, et 80% d’entre eux disent faire confiance aux bibliothèques publiques. De plus, la question de l’éducation a été largement reprise dans les programmes des partis politiques suédois avec des slogans du type « l’avenir commun est dans la salle de classe » ou « l’avenir commun est dans la bibliothèque ».
Les badges roses continuent à se vendre ou à se distribuer.

Cette expérience est-elle transposable en France ? Les cultures françaises et suédoises sont très différentes, mais le rôle central de la bibliothèque commun aux deux cultures.

Après avoir présenté FOBID Netherlands Library Forum et ses axes d’action, Marian Koren s’arrête sur les actions de promotion des bibliothèques et de la lecture qui y sont menées. Ces actions visent aussi à convaincre les bibliothécaires de l’intérêt de nouveaux fonctionnements.

Le programme de développement de la lecture s’appuie sur les attentes des usagers : ce qu’ils veulent, comment ils gèrent leurs vies, quelle place la bibliothèque peut y prendre. Ces attentes sont précisément étudiées et les bibliothèques tentent d’y répondre au plus près.

La bibliothèque cherche à apparaître comme un point de rencontre auquel s’agrègent d’autres services culturels ou sociaux avec lesquels s’engagent divers partenariats.

Un logo diffuse largement l’image de la bibliothèque.
Comme le font les librairies, les bibliothèques cherchent à surprendre les publics  par leurs propositions mais aussi en s’associant à d’autres services municipaux ou en jouant les bibliothèques « plugin », une thématique développée samedi dans l’atelier 6 : valoriser la bibliothèque parmi d’autres services.

Elles aménagent avec beaucoup de soin leurs locaux, cherchant à faire de la lecture une expérience partagée et positive.

Elles engagent de grandes manifestations très médiatisées, relayées par des personnalités en vue et les médias de toutes  sortes et particulièrement télévisés.

Elles s’appuient sur les centres d’intérêt des publics comme les jeux ou le sport pour les adolescents.
Toutes les campagnes de publicité sont organisées nationalement et ensuite déclinées localement.
Elles peuvent s’adresser à un type de public (les enfants par exemple), associer les libraires et les éditeurs comme la campagne : « les Pays-Bas lisent ».
Cette campagne « Les Pays-Bas lisent » est organisée sur un mois complet. Un même titre est offert à chacun des usagers de la bibliothèque et discuté partout : dans les bibliothèques mais aussi dans les journaux, à la télévision, par des écrivains, des élus, … Le titre est choisi en fonction de son sujet : son intérêt social, historique… sa capacité à séduire un large public. Des campagnes du même type existent en Allemagne et en Autriche, où elles reçoivent le soutien de chanteurs d’opéra, de skieurs…

Marian Koren conclut en appelant de ses voeux une extension européenne ou française, « La France lit », de cette campagne.

Alain Coquart présente la FNCC, association pluraliste d’élus à la cultire des collectivités terruitoriales, puis rappelle que la lecture publique n’est pas une compétence obligatoire des collectivités locales ce qui n’empêche pas que les intercommunalités endossent de plus en plus souvent cette responsabilité.

Il brosse ensuite un rapide historique des divers mouvements des bibliothèques pour attirer vers elles les publics : élargissement des fonds à l’ensemble des supports, politique de proximité, partenariats, bibliothèque hors les murs….

Alain Coquart rappelle aussi que le développement de la lecture ne se nourrit pas d’événements mais de gestes quotidiens.

Il décrit le contexte actuel : une période de crise dans laquelle on cherche à dégager des fonds pour faire fonctionner les bibliothèques. Des bibliothèques qui ne peuvent pourtant plus se prévaloir d’être les seuls lieux de développement de la lecture. Certains se demandent s’il faut encore construire des bibliothèques mais la FNCC, en organisant une série de formation d’élus sur ce thème, répond évidemment « oui ».

La ville de Rennes cherche à insuffler un dynamisme nouveau à la lecture publique en accentuant le partenariat et en disséminant les lieux de lecture. Les bibliothèques sont le socle de ce dispositif.

Suivant le modèle des villes lecture, elle met en place des ateliers d’éducation littéraire et artistique dans les classes, elle travaille en coopération avec les enseignants sur le livre et l’écriture, elle passe des conventions avec des associations et transforme des bibliothèques en espaces lecture. Ces divers partenaires institutionnels ou associatifs lui permettent de diversifier les lieux d’accès au livre.

Guichet question stand ABF Hybrides

Jeudi 23 juin, 14h30-16h, Catalogues et enrichissements

Alexandre Lemaire – Les recommandations – juin 2011

Atelier 1 – Partenaires et financeurs

Modérateur : Jean-Philippe Accart

Intervenants :
– Geneviève Clavel-Merrin (BN Suisse)
– Robert Fohr (chef de la mission Mécénat, Ministère de la Culture)
– François Rouyer-Gayette (CNL)
– Hubert Villard (Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne)

La recherche de partenaires et de financeurs n’est pas toujours ancrée dans notre culture. Pourtant, c’est un moyen essentiel de trouver des fonds pour nos structures.

Intervention de M. Robert Fohr (Mission Mécénat) :
La Mission Mécénat du Ministère de la Culture a pour mission première de faire connaître ce système aux porteurs de projets et/ou aux mécènes. Il est nécessaire de distinguer entre le mécénat et le parrainage (sponsoring). Cette mission contribue à l’évolution de la législation : la loi de 2003 sur le mécénat a été complétée. C’est aussi un observatoire des législations et des pratiques en la matière. Et enfin, c’est une mission qui recherche pour l’ensemble du ministère des mécènes. Des collaborations sont développées avec les institutions du monde économique et juridique (chambres de commerce, experts-comptables et notaires) pour mieux informer les porteurs de projets sur la législation et sa mise en œuvre. Des correspondants mécénat ont été nommés dans les DRAC pour relayer les informations et les conseils du ministère.

Régime de droit commun : articles du code général des impôts en 2003.
Le mécénat repose sur un système d’avantages fiscaux : 60% du montant du don peut être déduit fiscalement (dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaire de l’entreprise et de 20% pour les particuliers). La générosité des particuliers est beaucoup plus importante que celle des entreprises.

700 millions d’euros de mécénat d’entreprise en faveur du culturel : contrairement à ce qui se dit actuellement, ces sommes sont en augmentation (si l’on compte dans les chiffres la “culture solidaire”).

Mission transversale au sein du ministère de la culture. Dans le domaine du livre et de la lecture, la mission contribue à des opérations autour des collections patrimoniales et de leur numérisation.
http://www.mecenat.culture.gouv.fr/

Intervention de M. François Rouyer-Gayette (CNL) :
Après avoir rappelé les 7 missions du CNL déclinées en 4 domaines d’intervention à travers une trentaine de dispositifs d’aides, il est présenté les actions spécifiques aux bibliothèques.

Les missions du CNL :
- soutenir et encourager l’activité littéraire des écrivains français par des bourses (…) des prêts d’honneur, des subventions, des acquisitions de livres ou tous autres moyens (…)
- favoriser par des subventions, avance de fonds ou tous autres moyens l’édition ou la réédition par les entreprises françaises d’œuvres littéraires dont il importe de favoriser la publication
- encourager tous les modes d’expression littéraire et concourir à la diffusion, sous toutes ses formes, d’œuvres littéraires en langue française
- contribuer, par l’aide aux entreprises d’édition et de librairie, au développement économique du secteur du livre ainsi qu’au maintien et à la qualité des réseaux de diffusion du livre et de la lecture
- participer à la défense et à l’illustration de la langue et de la culture françaises
- favoriser la traduction d’œuvres étrangères en français et d’œuvres françaises en langues étrangères
- accompagner les manifestations littéraires ouvertes au plus large public, permettant la rencontre d’auteurs, favorisant la lecture et la vente d’ouvrages
- intensifier les échanges littéraires en France et à l’étranger, et concourir à toutes les actions de promotion du livre et de la lecture susceptibles de contribuer à la diffusion et au rayonnement du livre français
- soutenir les bibliothèques, les établissements culturels et les librairies, en France et à l’étranger, qui commandent des ouvrages de langue française présentant un intérêt culturel, scientifique, technique ou touchant à la francophonie.

Un nouveau dialogue avec les acteurs de la chaîne du livre est en réflexion. Le CNL souhaite se positionner comme un partenaire pouvant interagir plus rapidement avec les collectivités. Il est souhaité la création de nouveaux dispositifs plus souples et plus rapides. Création de partenariats pour tenter des expérimentations : “le CNL va évoluer et expérimenter sur des domaines qui ne lui étaient pas familiers” (si seulement on pouvait avoir des exemples !). Accompagnement jusqu’à 80% dans les projets liés à la diffusion ou au numérique.
http://www.centrenationaldulivre.fr/

Intervention d’Hubert Villard (Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne) :
La BCU de Lausanne est la première bibliothèque suisse à avoir signer un partenariat avec Google. Petit historique du projet de numérisation des trésors de la bibliothèque avant le partenariat avec Google : 8000 € de budget annuel permettait la numérisation de 20 à 25 livres numérisés. Bien évidemment c’était très frustrant pour les équipes. En novembre 2006, rencontre avec le représentant Google Book Search : la société affirme la possibilité d’un engagement uniquement quand le fonds est d’au moins 100 000 documents libres de droits. L’intérêt à Lausanne était que 60% du fonds était francophone. Dès février 2007, négociations et argumentations politiques (préparation d’une FAQ pour la ministre de tutelle). Signature en mars et annonce mi-mai 2006. La politique de Google est de ne pas diffuser l’information avant l’annonce officielle (difficile pour le personnel de la bibliothèque : degré 0 de la communication).

Bilan de l’opération :
Difficulté organisationnelle liée à la demande de Google de ne pas diffuser l’information avant l’annonce officielle  (pas de recrutement possible en amont, stupeur du personnel et des autres directeurs de bibliothèques au moment de cette annonce). Les opérations de numérisation se sont déroulées sur 24 mois jusqu’à fin 2009. Il est noté le niveau de professionnalisme du personnel employé par Google.

Sur le plan financier : numérisation intégralement prise en charge par Google de 80% du fonds ancien de la bibliothèque. Les crédits à l’origine prévus sur la numérisation sont réservés aux documents fragiles et/ou précieux.
http://www.unil.ch/bcu/

Intervention de Geneviève Clavel-Merrin (Bibliothèque Nationale de Suisse) :
La Bibliothèque nationale suisse est un établissement jeune, créé en 1915. N’ayant pas de système de dépôt légal, un partenariat existe avec les associations d’éditeurs suisses. Avant de lancer des projets de numérisation des fonds, une enquête a été réalisée auprès des usagers. La priorité selon ces derniers est de numériser les publications en série, et plus particulièrement la presse quotidienne.

Le projet a concerné la numérisation du Journal de Genève, quotidien qui a été remplacé depuis par Le Temps. Il était donc nécessaire de mettre en place un partenariat avec cette société, détentrice des droits sur le Journal de Genève. Le Temps a fait la recherche de sponsors (essentiellement des établissements bancaires) et au final propose les documents numérisés en ligne, depuis leur site internet. L’aspect exploitation a donc été géré par la société de presse. La bibliothèque nationale a été partenaire sur l’aspect technique de la numérisation et a participé financièrement (en lien avec les bibliothèques locales). Ce sont les équipes de la bibliothèque nationale et des différentes bibliothèques suisses possédant des exemplaires qui ont sélectionnés ceux qui étaient le mieux conservés. Aujourd’hui le Journal de Genève est accessible gratuitement dans son intégralité. La numérisation des exemplaires a pris 9 mois alors qu’il avait fallu plus d’un an pour clarifier les questions de droits, définir le plan financier et établir les conventions avec les partenaires. A ce partenariat technique et financier s’ajoute un partenariat au niveau de la communication (et oui, c’est quand même le thème du congrès !) : Le Temps met en valeur régulièrement dans ses exemplaires papier et sur son site internet des articles numérisés.
Le site de la Bibliothèque nationale Suisse

Les questions dans la salle :

- Question à M. Hubert Villard (Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne) : quelles sont les contraintes imposées par Google dans le projet de numérisation ?
Réponse : Comme cela a déjà été précisé, il était imposé par Google de ne pas diffuser l’information autour du projet avant l’annonce officielle. Les contraintes techniques étaient de faire préparer les documents à numériser par les équipes.  Chaque partenaire (Google et la BCU de Lausanne) possèdent un jeu de copies chacun (format .tiff et .pdf). La BCU stocke ces fichiers sur un serveur pour archivage. En revanche, les données numérisées ne peuvent être utilisées ailleurs que sur Google Books Search : impossible de transposer les données sur d’autres catalogues. En revanche il est possible de proposer dans la notice bibliographique du catalogue le lien vers le document Google Books.

- question supplémentaire : Quelle commercialisation pour les livres numérisés ?
Réponse : au moment du contrat, la question d’une commercialisation des documents numérisés n’était pas envisagée par Google. Cependant, les recettes perçues au titre du « print on demand » ne sont pas reversées à la BCU.

- Question à Geneviève Clavel-Merrin (Bibliothèque Nationale de Suisse) : quels sont les sponsors du projet presse ?
Réponse : l’ensemble des sponsors sont indiqués sur le site du Temps (http://www.letempsarchives.ch)

- Question à M. Robert Fohr (Mission Mécénat) : Y-a-t-il un autre intérêt que la fiscalité pour les mécènes ? Que faut-il mettre en avant pour convaincre un éventuel mécène ?
Réponse : il est évident que la fiscalité n’est pas le seul intérêt pour une entreprise de participer à du mécénat. Les raisons sont diverses et dépendent en général des objectifs de l’entreprise. Cependant, le mécénat est souvent envisagé comme un moyen de donner une image positive à l’entreprise : en s’associant à un projet culturel, elle montre son ouverture d’esprit et la diversité de ses centres d’intérêt à ses clients potentiels ou à ses propres salariés. Ainsi, c’est un moyen de s’associer à un projet culturel ambitieux, de développer l’attractivité d’un territoire ou de participer à une activité utile pour la collectivité (permet aussi de se placer).

Atelier 3 – Outils et postures: supports de communication

Introduction

La communication doit être au service du projet d’établissement car ce n’est pas une fin en soi.

Comment choisir, concevoir et évaluer l’impact en fonction des objectifs que l’on s’est fixé Quels outils et quelles postures pour faire quoi et pour dire quoi?

Présentation du service communication de la BM de Toulouse / Manuela Gantet

Autonome par rapport au service d’action culturelle de la bibliothèque et sans tutelle vis à vis du service communication de la ville notamment grâce à un budget propre et important. Echange régulier et grande confiance avec eux.

La responsable communication fait partie de l’équipe de direction du réseau des bibliothèques de Toulouse.  Le service communication est composé de 2 chargés de com., d’un graphiste et d’un webmestre.

Une enquête d’image montrait la faiblesse de l’image de BM en réseau. Chaque usager connaît sa bibliothèque de quartier sans avoir conscience de l’ensemble. D’où l’objectif du service: positionner la BM de Toulouse comme un réseau aux services diversifiés.

Moyen: relookage des outils pour changer l’image mais aussi renforcer la qualité des contenus.

  • Manifesta: un magazine plus qu’une revue des actions de la BM de Toulouse
  • Site web agrégeant toute la présence internet
  • Refonte de différents document pour avoir un guide du réseau

Autre objectif: se positionner comme acteur culturel local en multipliant la présence en dehors des publications propres de la BM

Après plusieurs collaborations infructueuses avec des agences, la compagne pour changer l’image est faite en interne avec comme slogan: la bibliothèque des rencontres à faire. Photos de bibliothécaires en poste avec des artistes, des écrivains,… Effet d’image et de reconnaissance très efficace avec peu de moyens! Le fait de la concevoir en interne et de travailler avec les collègues a été très positif en terme de dynamique d’équipe.

Autre objectif: Démultiplier sa présence sur le web: Myspace, Flickr, Facebook, Twitter,…

Démarche marketing: enquête des publics pour mieux aller vers eux (les jeunes, les étudiants, les nouveaux arrivants, les publics empêchés)

Différentes actions de communication autour de la construction en cours: la médiathèque grand M dans un quartier sensible, par exemple mise en place d’une pallissade illustrée pendant les travaux.

Objectif fort de désenclaver la médiathèque du Mirail par rapport au reste des bibliothèques de Toulouse. Pour faciliter l’appropriation du projet, démarche participative avec l’aide d’un cabinet d’architecte urbain +
communication de proximité et régulière.

En lien avec la sociologie du quartier, préparation d’un guide multilingue: anglais, espagnol, chinois et arabe,…

Questions en forme de conclusion: les actions mises en place fonctionnent bienpour les fidèles mais comment toucher les non-abonnés; développer la médiation de contenus; comment faire pour fidéliser les abonnés qui nous quitter régulièrement (pourcentage non-négligeable de non-réabonnement)

La communication du SCD Lyon2 / Marie-Noëlle Laroux

Pour trouver un slogan et une nouvelle image, M-Noëlle Laroux explique que le SCD de Lyon 2 a fait appel à un étudiant d’un cursus com. et graphisme de leur université.

Choix d’une image manga d’une bibliothécaire à lunette et coupe au carré: appuyer sur les clichés mais en les décalant un peu. Selon l’étudiant en com, c’est une nécessité cognitive pour que le message passe auprès du public. Cette image est déclinée sur tous les supports. Ils ont aussi fait faire un film par les mêmes étudiants pour garder une unité.

L’université Lyon 2 a fait campagne de com. via des code QR pour inciter les étudiants à « essayer » les cours. Effet viral très efficace. Le SCD va reprendre l’idée.

Autre action de communication innovante:  une visite virtuelle de la BU, voir ici

Médiathèque de Lomme / Nathalie Bailly et Jean-Luc Du Val

Contrairement à Toulouse, c’est un bibliothécaire dont une partie du poste est de s’occuper de la communication.

Avant l’ouverture, réflexion sur une charte d’accueil pour s’assurer de la qualité et de l’homogénéité de l’accueil.
Contenu: quelques morceaux du règlement intérieur; les bonnes attitudes à avoir vis à vis du public selon les situations; des évidences à rappeller; type de vocabulaire à employer;…

La charte a été refondue à la marge depuis. Un groupe de travail réfléchit aujourd’hui sur d’autres problématique notamment la manière de faire évoluer notre relation avec le public qui tient compte des nouvelles pratiques culturelles, notamment numérique.

Nos réflexions avancent en observant nos publics. Pourquoi exiger de notre public des choses qu’on ne respectent pas nous-même? Plutôt qu’interdire demander d’être respectueux des autres et du matériel cf. boisson, téléphone portable,…

Grâce au vol de manga, création d’un point d’accueil jeunesse d’abord pour surveiller ces collections mais permettra ensuite d’avoir un lieu d’informations et de renseignements.

Suite à une observation d’étudiants, abandon du rangement frénétique des retours pour permettre la lecture sur place.

Soyons bienveillants vis à vis de nos publics pour qu’il s’approprient le lieu.

Atelier 2 : communiquer avec son public en temps de crise

Modérateur : Jean-Luc Duval, médiathèque de Lomme

Intervenants : Sergio Dogliani (Idea Stores), Mick Fortune (Voices for the Library), Anne Verneuil  (ville d’Anzin)

Les interventions en anglais ont pu être bien suivies par la salle, grâce aux diapos en français et à des traductions improvisées aux moments opportuns.  On regrette malgré tout l’absence d’une intervention en ch’ti, qu’Anne Verneuil aurait pu assurer.

Idea Stores : communiquer pour mieux agir (Sergio Dogliani)

La communication est à la base du projet des Idea Stores à Tower Hamlets puisque c’est avec une démarche marketing (un échantillon de 600 personnes représentatives du quartier a été sondé, contre rémunération) que le projet a été conçu au départ. Des éléments importants ont été dégagés de ces premières études, qui ont sont devenus les grands axes d’action du projet

- la formation continue

- des constructions d’espaces modernes

- des nouveaux services : événements, cafés

- de la communication

- le comportement : on vient dans un Idea Store pour passer un moment agréable.

« Raising expectations »

La communication s’est faite entre autre grâce au lancement d’un magazine, « Idea Magazine », trois ans avant l’ouverture du premier Idea Store, et qui s’écoule à 20 000 exemplaires par an.

Un autre objectif de la communication est de replacer la bibliothèque dans la vie quotidienne : ce lieu s’inscrit dans les autres lieux de fréquentation courante (banque, supermarché etc.)

Les nouvelles constructions tendent à favoriser la mixité des espaces et donc des activités qui s’y déroulent (lire le journal sur un fauteuil de la galerie d’art, par exemple). L’argumentaire principal de l’efficacité de ces nouvelles constructions, auprès des décideurs, se base sur l’indicateur du coût par visite, qui baisse d’année en année car les Idea Stores sont des bâtiments conçus avant tout pour durer.

Les résultats sont là puisque les visites ont augmenté de 350%, les prêts de 20% et le taux de satisfaction de 20%. Le ministre de la Culture britannique est également très satisfait des Idea Stores. Dans un contexte national difficile (fermeture de bibliothèques britanniques), un nouvel Idea Store doit ouvrir pourtant en 2012.

Voices for Libraries : défendre les bibliothèques en crise (Mick Fortune)

A l’heure actuelle, 20% des bibliothèques publiques britanniques sont menacées de fermeture. En 2010, le projet du nouveau gouvernement est de mettre en place une « big society » fondée sur la décentralisation et le bénévolat, afin d’économiser l’argent public. Dans un contexte de forte concurrence (baisse des fréquentations, Wikipédia, Google, Amazon), les bibliothèques sont des cibles faciles.  Leur mission de proposer un « service efficace et destiné à tous » manque de précision et différentes visions de leur avenir s’affrontent (vision commerciale avec externalisation de services, vision traditionnelle, ou volonté d’un élargissement des missions – payer ses impôts à la bibliothèque?).

« I’m a twitterer »

« Dans ces conditions, un dialogue est nécessaire. Il est amorcé dès 2010 sur Twitter. 8 personnalités sur Twitter lancent alors le mouvement « Voices for Libraries » avec les objectifs suivants

- mettre en place une plateforme commune aux opposants à la fermeture de bibliothèques

- valoriser l’importance des services proposés par les bibliothèques

- favoriser le débat sur leur avenir

De Twitter on élargit à d’autres réseaux sociaux : Facebook, Google Maps, Flickr. Puis on sort du seul support web en intervenant sur d’autres médias (radio) et à l’aide d’évenement du type « National Library Day » (en février). Les contenus partagés sur ces supports? informations, témoignages, soutiens de personnalités etc.

Les 9 membres fondateurs de « Voices for Libraries » travaillent de façon souple et efficace : chacun peut poster sans validation sur internet. Le principe est que seules les positions collectives sont défendues sur le site, et non pas les points de vue individuels. Des soutiens financiers ont pu également être reçus grâce à des campagnes de levées de fonds.

L’action du groupe « Voices for Libraries » fut efficace puisque Mick Fortune a récemment appris que le nombre de bibliothèques menacées était passé de 416 à 398.

Communiquer sur un établissement en crise : le cas du théâtre d’Anzin (Anne Verneuil)

Avec ses 1200 places, construit dans les années 1930 dans le style Art déco, le théâtre d’Anzin est un des plus grands théâtre de la région mais il est dans une situtation difficile : lourd à gérer, il a besoin d’être restauré et sa programmation pourtant populaire (spectacles de variétés, d’humour) peine à attirer un public suffisant.

Pour sortir de ces difficultés, des objectifs d’action sont définis

- augmenter la fréquentation (et donc, les recettes)

- louer davantage le théâtre à d’autres organismes

- attirer les financeurs privés

Or aucun de ces objectifs n’est réalisable sans s’appuyer sur une bonne communication. Dans un contexte de budget constant, la première action a été donc de repenser le budget prévisionnel pour y intégrer des actions de communication.

Un galop d’essai en 2010

Un premier galop d’essai a permis de recruter par marché public un prestataire régional qui a travailler sur la diffusion aux médias des plaquettes réalisées par le service communication de la Ville.  Des conseils de communication « positive » ont été aussi dispensés aux élus.

Cette première tentative a très bien marché avec un spectacle de « Buena Vista Social Club » bien relayé car il a même bénéficié d’un reportage sur Arte. Ce succès a permis de convaincre les élus et de revoir plus en profondeur le budget prévisionnel de 2011. Un nouveau marché a été lancé, comportant 3 lots

- la création d’une identité visuelle pour le théâtre (logo)

- la conception d’un matériel de communication (supports papier et web)

- la diffusion de ces supports (attaché de presse, liens avec les comités d’entreprise etc).

Un logo a été ainsi très vite choisi et validé par les élus.

Les autres actions prévues ont été mises en place par la suite. Le bilan proivisoire, début 2011, est très positif puisque le théâtre a enregistré une augmentation de 30% de la fréquentation!

« Faire savoir »

L’équilibre financier de l’établissement n’est en revanche pas encore atteint. L’équipe et les élus réfléchissent à d’autres actions pour attirer davantage les Anzinois : comme il est interdit de proposer un tarif préférentiel à ces derniers pour les spectacles, une possibilité d’accession gratuite au théâtre pour ceux qui possèdent la carte de la médiathèque (elle-même gratuite pour les Anzinois) est à l’étude…

Là encore, il ne suffira pas de le proposer à la population : il faut également le faire savoir!

La sélection des hybrides

A l’occasion du 57ème congrès de l’ABF dédié au défi de la communication en bibliothèques, le groupe Bibliothèques Hybrides de l’ABF a arpenté le net pour vous proposer sa sélection de ressources numériques consacrées à ce sujet. Vous pouvez en prendre connaissance ici.

Vous y trouverez des articles, des billets de blogs, des présentations, des exemples concrets, autant d’informations utiles pour appréhender cette thématique et l’approfondir.

Bonne visite !

La gratuité est-elle payante ?

Présentation d’Olivier Ploux – ENSSIB

Le grand bouleversement du « métier de bibliothécaire »

Notes sur « Le grand bouleversement »: rencontre autour de la nouvelle édition du Métier de bibliothécaire

Présentation de la refonte du livre par Yves Alix

Convergence ou divergence du métier selon le lieu où il s’exerce?

Julien Roche, SCD de Lille 1

très similaire sur les bases
mais différences:

  • les ressources électroniques
  • importance de l’anglais
  • le bibliothécaire en BU est un formateur à part entière plus que ce que l’on peut trouver en bibliothèque publique
  • rôle d’appui à la formation: mise en ligne des cours et indexation des ressources pédagogiques
  • rôle d’appui à la recherche: archives ouvertes, mise en ligne des thèses,…

Marie-Jeanne Boistard (BM de Blois)

Segmentation paradoxale des publics: Lire la suite

Rendez-vous international – l’évolution des budgets publics à l’étranger

Note sur l’atelier Rendez-vous international – l’évolution des budgets publics à l’étranger

Aline Girard

Introduction en présentant des situations américaines difficiles où la baisse des budgets menacent les bibliothèques. Pour se défendre la méthode est souvent la même: pétition, appel à dons,…

Gerald Letner, Président d’EBLIDA
A Library Policy for Europe – Une politique européenne pour les bibliothèques

La vraie implication des politiques pour les bibliothèques se voient dans la budget plus que dans leur discours.
Les bibliothèques peuvent participer au dépassement de la crise économique à travers leur différentes missions.

Déclaration de Vienne:

un livre blanc sur les bibliothèques dans la société de l’information. Lire la suite