Programmation et politique culturelle du territoire

Corinne Sonnier, directrice de la bibliothèque départementale des Landes et présidente de l’ADBDP, souligne en introduction l’importance de la programmation culturelle d’une bibliothèque conçue comme lieu de vie. Cette session est notamment l’occasion de s’interroger sur la manière dont les bibliothèques peuvent contribuer à l’élaboration et au développement de la politique culturelle d’un territoire, qu’il s’agisse d’une commune, d’une intercommunalité ou d’un département.

Claude Lechat, directeur du développement culturel de Pantin, président de l’association des DAC Ile-de-France

La politique culturelle de Pantin est principalement axée sur le fait qu’il ne s’agit pas d’offrir des loisirs mais permettre le développement personnel de chacun. Au moment où le temps libre est davantage pensé comme un marché que comme un temps d’épanouissement, il est nécessaire de réaffirmer cet aspect. A Pantin, ce credo a été formalisé dans un document d’orientation de la politique culturelle, validé par la municipalité, à partir duquel ont ensuite été définies les missions des différents équipements culturels.

La profession de DAC est partagée entre les contacts avec les artistes et la collaboration avec les élus. Dans le champ culturel, on est face à une multiplicité d’acteurs et de partenaires, appartenant à des univers différents, avec un fort degré d’autonomie et qu’il faut fédérer. Les relations entre le DAC et les bibliothèques revêtent selon les cas un caractère plus fonctionnel ou hiérarchique. C’est un généraliste de la culture (bien que parfois tenté de se spécialiser…), un facilitateur de projet, qui a un rôle d’accompagnement, en particulier sur les questions administratives (ressources humaines, management). Le métier de bibliothécaire est plus ancien que celui de DAC ; la bibliothèque s’ancre dans une tradition qui la légitime, tandis que le DAC a une faible légitimité dans le domaine.

L’intégration de la lecture publique dans le projet de la municipalité est un enjeu central : les missions doivent être formalisées. La communication entre les professionnels est essentielle, elle doit se faire sans corporatisme. De plus en plus, on note une transversalité des pratiques au sein d’un territoire.

L’existence du document d’orientation de la politique culturelle a eu un effet de décloisonnement bénéfique et permis de passer d’une logique d’équipement à une logique de secteur (la lecture publique, l’image, le spectacle vivant…).

Patrick Bazin, directeur de la BM de Lyon

A l’heure actuelle, on constate une globalisation et une transversalité de la culture : les bibliothèques y sont confrontées de l’intérieur. Elles ne peuvent plus s’appuyer sur un développement endogène et sont désormais immergées dans le tissu culturel et socio-culturel.

Dans l’histoire des politiques culturelles depuis l’après-guerre, on est passé de la complémentarité à la concurrence et de la concurrence au partage.

La notion de concurrence est fondamentale notamment pour les bibliothèques intégrées dans de grands établissements (BPI) : la bibliothèque doit trouver sa place au sein de grandes institutions.

Aujourd’hui, il est possible de parler de fractalisation pour définir l’action culturelle dans les collectivités : dans le champ culturel, chaque acteur fait la même chose que tous les autres en cherchant à se positionner et à s’articuler par rapport aux autres. Les politiques culturelles sont aujourd’hui à inventer.

1re phase : la complémentarité. Chaque acteur avait une feuille de route très claire : les bibliothèques avaient un rôle de diffusion et de démocratisation par cercles concentriques d’un savoir pyramidal, dans une perspective éducative.

2ème phase : la concurrence. Cette phase de compétition généralisée entre les différents acteurs culturels a été assez courte. Les institutions avec de gros budgets et une force médiatique considérable ont fait de l’ombre à d’autres, comme les bibliothèques, gagnant des parts de marché culturel en  fonction de leur puissance médiatique. De fait, elles ont eu un rôle moindre pendant ces années, étant délaissées par les élus : leur fonctionnement était endogène.

3ème phase : le partage. Aujourd’hui, la bibliothèque est immergée dans un phénomène de transversalité culturelle : les bibliothèques rejoignent les autres acteurs. La bibliothécarisation du monde fait que les autres acteurs de la culture ont les mêmes problématiques que la bibliothèque. La bibliothèque se trouve obligée de se remettre en question par rapport à l’un de ses fondamentaux, le rapport à la documentation. Les bibliothèques rejoignent aussi les techniques des autres institutions culturelles par le biais de la médiation. Autre point de décentrement, la diversification du champ culturel a un impact sur les bibliothèques, de plus en plus de corps de métiers variés sont présents dans les bibliothèques (communication, …).

Matthieu Rochelle, directeur de la BDP des Bouches-du-Rhône

Le réseau des BM gérées par les BDP est étendu sur une centaine de communes. Le département des Bouches-du-Rhône est très urbain.

Jusqu’en 1999, la BDP a eu des missions classiques de desserte et un public acquis de professionnels de la culture. En 1999, à l’arrivée de Françoise Danset et à cause de carences dans le domaine de la culture publique, il a été convenu que la BDP pouvait étendre ses activités.

Les partenariats se sont étendus avec différents acteurs de la chaîne du livre et associations.

La BDP bénéficie maintenant d’un nouvel équipement : Archives et bibliothèque départementales Gaston Deferre, qui a été pensé par les élus en termes d’acueil du public notamment. Cela a impliqué de nouvelles activités pour les collègues de la BDP, dans un souci d’accompagnement des personnels. Les équipes ont revisité l’ensemble de leurs actions et de leurs missions en intégrant la commande politique des élus à travers les nouvelles missions.

Nouvelles missions :

  • ouverture d’une salle d’actualité au sein de la bibliothèque (plus d’une centaine de références),

  • rattachement à la BDP depuis 2003 de la mission du livre (accompagnement financier et technique des associations et des éditeurs du département : résidences, aide à la création),

  • renforcement de la programmation culturelle du lieu (auditorium de 100 places, halls, jardin de la lecture).

Les nouvelles actions pour viser de nouveaux publics se développent en harmonie avec la poursuite des actions envers les publics historiques et spécifiques.

L’organisation a été centrée autour de la création d’un département de l’action culturelle et des publics qui permet de penser la manière dont tout le travail fait sur les collections peut être valorisé :

  • programmation liée au réseau : Lire en fête (44 représentations de spectacles au sein des bibliothèques du réseau), …

  • programmation du bâtiment : tentative de privilégier tous les supports par des activités, des ateliers,

  • programmation d’événements (nationaux ou locaux, de Lire en fête aux rencontres d’Averroes), expositions et rencontres.

Les animations se font en co-production avec les archives.

Les perspectives de développement de partenariats se font dans un souci de croisement des publics.

10 réponses à “Programmation et politique culturelle du territoire

  1. Bonjour, une erreur s’est glissée dans votre article. Corinne Sonnier est directrice de la BDP des Landes.

  2. Coucou!
    Tout d’abord merci pour ce post édifiant. Il est rare de trouver de l’information si pertinente et si bien sourcée.
    Merci encore de nous informer si bien.

  3. directrice de la bibliothèque départementale des nike tn requin pas cher Landes et présidente de l’ADBDP

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