Etats des lieux et enjeux du numérique dans les bibliothèques d’Ile-de-France

Madeleine Deloule, auteur de l’étude « Le numérique dans les médiathèques de Seine-Saint-Denis »

On remarque un verrouillage fréquent d’Internet par les services informatiques et parfois une incompréhension des élus : cela provoque une impossibilité de mettre en œuvre les technologies 2.0.

Le multimédia requiert de l’espace dans les bibliothèques, contrairement à ce que pensaient les professionnels.

On se trouve face à une incompréhension entre le monde solide de l’imprimé et le monde des collections dématérialisées. Il y a une nécessité d’inventer quelque chose pour promouvoir la bouquinosphère.

Il s’agit de rendre les bibliothèques plus vivantes, d’enrichir les accès aux ressources et de continuer à faire des ateliers.

L’apprentissage des nouvelles mises en relation de l’information et des usagers est indispensable.

Pour les natifs du numérique, la bibliothèque n’est pas très alléchante.

Pour les professionnels, la mise en commun des pratiques est profitable : on constate un besoin de formation en TIC et en organisation des animations.

Pour François Bon : le numérique modifie l’intégralité de notre rapport au monde.

Véronique Choyant, directrice de la BM du Chesnay

La Bibliothèque du Chesnay est un nouvel établissement qui a fait le choix de ne pas proposer de CD, ni de DVD.  Elle est intégrée dans un pôle culturel, conçue comme un lieu de vie.

2000 m², 70.000 ouvrages, 38 heures d’ouverture par semaine.

Le choix politique fait est de passer directement au numérique en lieu et place des CD et des DVD mais de garder toute sa place au livre.

Axes forts :
– lieu de vie,
– 30 postes mutimédia et d’autres de consultation des opac,
– choix du portail : recherche fédérée, catalogue, connecteur pour accès aux ressources, gestion de parc, sécurisation des postes, gestion des quotas et des temps de connexion/téléchargement.
– mise en valeur de cette offre numérique. Notion de services à 3 niveaux : offre de base avec un certain nombre de documents en prêt, un accès aux ressources numériques et 5h de connexion par mois et téléchargement (10/20 euros) ; offre « plus » avec plus de possibilités, c’est-à-dire plus de documents en prêt, accès aux ressources et téléchargement accru (20/40 euros).

Gérard Lafargue, directeur des affaires culturelles de la communauté d’agglomération de Val de France

La communauté d’agglomération de Val-de-France se caractérise par un taux de chômage élevé (20%), une population avec 30 % de moins de 20 ans et un taux d’analphabétisme important.
C’est un désert culturel : à Sarcelles village, il n’y a aucun lieu de lecture publique. Sur tous les établissements de la communauté d’agglomérations, un seul propose 3 postes d’accès multimédia ! « Parler du numérique, pour nous, c’est du virtuel ! »
Le numérique va de pair avec la construction de bibliothèques et, aujourd’hui, des projets sont en cours. On ne raisonne plus par ville mais par bassin de vie : les bibliothèques à construire doivent être à moins de 20 minutes à pied du domicile des habitants.
Vis-à-vis du numérique, l’approche doit être distanciée : toute approche technologique apporte de nouvelles servitudes, de nouvelles atteintes à la santé de l’homme. On peut citer la tyrannie de l’instant : recherche Google. De plus, 80 % des personnes ne vont pas au-delà de la 1re page de résultats.

Dominique Lahary, directeur de la BDP du Val-d’Oise

7 hypothèses sur le numérique (lecture publique).
On peut aussi lire les six premières de ses hypothèses sur le blog de Dominique Lahary.

– les ressources deviennent accessibles gratuitement et de façon instantanée : cela crée de nouvelles exigences des publics. Le bibliothécaire n’a plus la maîtrise des contenus.

Hypothèse numéro 1 : « avec le numérique de masse, le rôle des médiathèques publiques mute essentiellement de la fourniture de ressources vers l’orientation sur les ressources.

On ne donne plus de poisson, on apprend à pêcher.« 

– le livre
« Hypothèse numéro 2 : les bibliothèques publiques peuvent mettre à la disposition de leurs usagers des ressources textuelles en ligne en payantes pour elle (problématique classique de l’achat pour la mise à disposition). C’est une action marginale pour des publics marginaux, qui est encore au stade expérimental. »

– la musique et le cinéma : ils restent un marché de niches, en partie à cause du piratage. La bibliothèque reste de fait en dehors des circuits habituels.
« Hypothèse numéro 3 : Pour des raisons différentes puisque l’usage numérique de masse est déjà là, la musique et le cinéma payants en ligne relèvent également pour les bibliothèques de l’action marginale et expérimentale. »

– la numérisation des fonds de chaque bibliothèque est aussi stupide que le catalogage dans chaque bibliothèque. Le web dans son ensemble est une bibliothèque dont le nouvel ordre est le résultat de la requête (rangement a posteriori).
« Hypothèse numéro 4 : La numérisation n’a pas à porter sur des exemplaires détenus par telle ou telle bibliothèque, sauf communication admise d’un double numérique d’un exemplaire physique mais sur des oeuvres. La numérisation d’intérêt public du patrimoine écrit, graphique, sonore et cinématographique relève de différents niveaux de puissance publique. La plupart des bibliothèques publiques locales ne sont en rien concernées. »

– Internet comme plateforme de services en ligne
« Hypothèse numéro 5 : Le développement de services en ligne constitue l’essentiel de la tâche numérique de la plupart des bibliothèques publiques. Ce n’est pas (ou pas encore ?) la fourniture d’oeuvres. »

– les bibliothèques demeurent des lieux du lien social
« Hypothèse numéro 6 : Si toute bibliothèque numérique n’est pas physique, toute bibliothèque physique doit développer des services numériques. Cela ne modifie en rien son rôle par rapport aux ressources physiques (dont la place est relativisée mais non niée) ni le rôle du lieu bibliothèque qui prend au contraire une importance croissante dans les politiques publiques locales. »

– l’accès public au net dans la bibliothèque fait entrer la non-maîtrise. Le public n’a pourtant pas attendu Internet pour avoir des activités diverses à la bibliothèque (rencontres, etc.).
Hypothèse numéro 7 : Il faut apprendre la relativisation de la bibliothèque dans le dispositif documentaire et des documents dans le rôle de la bibliothèque.

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