Atelier 4 – Promouvoir les bibliothèques et la lecture

Modératrice : Françoise Dury (APBD)
Intervenants :
– Annick Guinery (chargée des relations internationales à l’ABF)
– Anna Svenbro (BNF)
– Marian Koren (FOBID – Forum des bibliothèques néerlandaises)
– Alain Coquart (vice-président de l’agglo de Rennes – FNCC)

Intervention d’Annick Guinery :
Les campagnes de communication nationales sont différentes en fonction des pays. On peut s’interroger sur l’impact des slogans utilisés et se demander si la langue française n’est pas un frein à la “formule” idéale (problème de fluidité à prendre en compte).

A l’IFLA, campagne mondiale de promotion depuis 2001. L’ABF envisage d’adapter cette campagne de promotion à la France. Quelques exemples de termes employés dans les affiches à l’étranger :
– c’est pour vous !
– c’est l’aventure !
– moments inoubliables
– avec la bibliothèque, tu vis plus fort / tu es quelqu’un d’autre
– slogans autour de l’accès au savoir
– les bibliothèques changent la vie !

Intervention d’Anna Svenbro :
Campagne suéduoise intitulée “ Library Lovers
Le point de vue de Lionel Dujol sur cette campagne : badge avec un coeur rose bonbon “ Library lovers ”. Idée de promotion géniale, simple et un outil de communication facile.

Campagne “La Suède a besoin d’une politique nationale des bibliothèques” depuis 2008. Menée par la SBF (Svensk BiblioteksFörening) (association de réflexion) qui se bat pour que les bibliothèques soient reconnues comme un moyen de démocratie. Dirigée par des personnalités qui sont investis dans la politique suédoise (appartenance à un parti politique). La connaissance des 2 mondes (bib et politique) permet de mieux communiquer ! La force de frappe est énorme !

Françoise Dury présente les questions que va aborder l’atelier : comment promouvoir les bibliothèques ? Comment promouvoir la lecture ? Quels sont les exemples français et étrangers ? Les expériences étrangères présentées sont-elles transposables en France ?
Quatre intervenants ont accepté d’éclairer ces différents thèmes :
Annick Guinery chargée des relations internationales au bureau national de l’ABF
Anna Svenbro, chargée des collections en langue scandinave à la BnF et spécialiste de la Suède
Marian Koren, directrice de FOBID Netherlands Library Forum
Alain Coquart, conseiller municipal de Rennes, conseiller municipal délégué aux musées, à l’édition et à la lecture publique, Vice-président délégué au livre et à la lecture publique délégué au livre et à la lecture de la communauté d’agglomération, Rennes métropole et membre du bureau de la FNCC

Annick Guinery présente diverses expériences étrangères. Première constatation générale : au delà des bibliothèques, ces campagnes de promotion portent souvent sur la thématique de la lecture et de l’accès aux savoirs et elles cherchent à atteindre les décideurs.
Des slogans très imaginatifs y sont développés comme par exemple « Born to read »

Dans l’esprit de la campagne mondiale de promotion des bibliothèques menée par l’IFLA :  » Action Library « , ces campagnes de promotions cherchent aussi à modifier l’image de la bibliothèque en la présentant comme un lieu dynamique, accueillant, chaleureux, stimulant, en pleine évolution et en la plaçant au coeur des débats et des publics. Les thématiques qui se rattachent à la bibliothèque sont celles de la responsabilité, de l’engagement, de l’accès au savoir ; on insiste sur le rôle économique qu’elle peut jouer et sa capacité à changer la vie de chacun.

Les slogans développés sont du type : «  la bibliothèque c’est pour vous « ,  » la bibliothèque c’est l’aventure « ,  » aller en bibliothèque une expérience inoubliable « ,  » avec la bibliothèque vous vivrez mieux et plus fort « , …
Dans de nombreux pays, en plus des posters, des affiches, des concours des fêtes nationales de la lecture sont organisées sur plusieurs jours.

Après cette présentation kaléidoscopique, Anna Svenbro présente en détail la campagne suédoise  » Library lovers  » matérialisée par le badge en forme de coeur rose bonbon  que distribue l’association des bibliothécaires suédois (SBF).

Cette campagne est un bon exemple de marketing, de communication et de lobbying appliqués aux bibliothèques. Elle cherche à sensibiliser au problème des bibliothèques tous les citoyens-électeurs suédois.

Derrière le petit badge rose, se cachent des questions sérieuses : la nécessité d’une politique nationale des bibliothèques, de l’attribution de moyens financiers suffisants aux bibliothèques, la mise en avant du rôle crucial que jouent les bibliothèques dans le développement de la lecture.

Il faut en effet situer cette campagne dans son contexte : la RGPP à la suédoise, le désengagement de l’Etat, la crise économique de 2008 et les  restrictions budgétaires qui s’en suivent, la fermeture de 400 bibliothèques ou la privatisation d’établissements. C’est pour toutes ces raisons que la SBF a construit cette campagne très politique avec le concours d’écrivains et de personnalités, une campagne largement relayée par les réseaux sociaux et la blogosphère.

Ce travail a porté ses fruits puisque, aujourd’hui, 65% des suédois se déclarent prêts à voir augmenter leurs impôts locaux pour abonder les budgets des bibliothèques, et 80% d’entre eux disent faire confiance aux bibliothèques publiques. De plus, la question de l’éducation a été largement reprise dans les programmes des partis politiques suédois avec des slogans du type « l’avenir commun est dans la salle de classe » ou « l’avenir commun est dans la bibliothèque ».
Les badges roses continuent à se vendre ou à se distribuer.

Cette expérience est-elle transposable en France ? Les cultures françaises et suédoises sont très différentes, mais le rôle central de la bibliothèque commun aux deux cultures.

Après avoir présenté FOBID Netherlands Library Forum et ses axes d’action, Marian Koren s’arrête sur les actions de promotion des bibliothèques et de la lecture qui y sont menées. Ces actions visent aussi à convaincre les bibliothécaires de l’intérêt de nouveaux fonctionnements.

Le programme de développement de la lecture s’appuie sur les attentes des usagers : ce qu’ils veulent, comment ils gèrent leurs vies, quelle place la bibliothèque peut y prendre. Ces attentes sont précisément étudiées et les bibliothèques tentent d’y répondre au plus près.

La bibliothèque cherche à apparaître comme un point de rencontre auquel s’agrègent d’autres services culturels ou sociaux avec lesquels s’engagent divers partenariats.

Un logo diffuse largement l’image de la bibliothèque.
Comme le font les librairies, les bibliothèques cherchent à surprendre les publics  par leurs propositions mais aussi en s’associant à d’autres services municipaux ou en jouant les bibliothèques « plugin », une thématique développée samedi dans l’atelier 6 : valoriser la bibliothèque parmi d’autres services.

Elles aménagent avec beaucoup de soin leurs locaux, cherchant à faire de la lecture une expérience partagée et positive.

Elles engagent de grandes manifestations très médiatisées, relayées par des personnalités en vue et les médias de toutes  sortes et particulièrement télévisés.

Elles s’appuient sur les centres d’intérêt des publics comme les jeux ou le sport pour les adolescents.
Toutes les campagnes de publicité sont organisées nationalement et ensuite déclinées localement.
Elles peuvent s’adresser à un type de public (les enfants par exemple), associer les libraires et les éditeurs comme la campagne : « les Pays-Bas lisent ».
Cette campagne « Les Pays-Bas lisent » est organisée sur un mois complet. Un même titre est offert à chacun des usagers de la bibliothèque et discuté partout : dans les bibliothèques mais aussi dans les journaux, à la télévision, par des écrivains, des élus, … Le titre est choisi en fonction de son sujet : son intérêt social, historique… sa capacité à séduire un large public. Des campagnes du même type existent en Allemagne et en Autriche, où elles reçoivent le soutien de chanteurs d’opéra, de skieurs…

Marian Koren conclut en appelant de ses voeux une extension européenne ou française, « La France lit », de cette campagne.

Alain Coquart présente la FNCC, association pluraliste d’élus à la cultire des collectivités terruitoriales, puis rappelle que la lecture publique n’est pas une compétence obligatoire des collectivités locales ce qui n’empêche pas que les intercommunalités endossent de plus en plus souvent cette responsabilité.

Il brosse ensuite un rapide historique des divers mouvements des bibliothèques pour attirer vers elles les publics : élargissement des fonds à l’ensemble des supports, politique de proximité, partenariats, bibliothèque hors les murs….

Alain Coquart rappelle aussi que le développement de la lecture ne se nourrit pas d’événements mais de gestes quotidiens.

Il décrit le contexte actuel : une période de crise dans laquelle on cherche à dégager des fonds pour faire fonctionner les bibliothèques. Des bibliothèques qui ne peuvent pourtant plus se prévaloir d’être les seuls lieux de développement de la lecture. Certains se demandent s’il faut encore construire des bibliothèques mais la FNCC, en organisant une série de formation d’élus sur ce thème, répond évidemment « oui ».

La ville de Rennes cherche à insuffler un dynamisme nouveau à la lecture publique en accentuant le partenariat et en disséminant les lieux de lecture. Les bibliothèques sont le socle de ce dispositif.

Suivant le modèle des villes lecture, elle met en place des ateliers d’éducation littéraire et artistique dans les classes, elle travaille en coopération avec les enseignants sur le livre et l’écriture, elle passe des conventions avec des associations et transforme des bibliothèques en espaces lecture. Ces divers partenaires institutionnels ou associatifs lui permettent de diversifier les lieux d’accès au livre.

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