Session 4 – Faut il encore des bibliothèques ? Exemples d’ailleurs

CR rédigé par Sabine Noël

Modératrice Annick Guinery, directrice des bibliothèques de Choisy-le-Roi

Intervenants : Suzanne Payette, directrice bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage au Québec ; Maud Stephan, bibliothécaire professeur à l’Université libanaise ; Tony Durcan, directeur de la culture et des bibliothèques au Conseil municipal de Newcastle ; Chantal Stanescu, directrice adjointe de la bibliothèque centrale de la région Bruxelles-Capitale.

Quatre points de vue étrangers sur la question de la nécessité des bibliothèques.

Tony Durcan expose la situation des bibliothèques publiques en Angleterre qui vivent des moments difficiles mais ne sont pas à terre.

La priorité politique actuelle est de réduire les dépenses publiques et les réductions budgétaires que subissent les bibliothèques sont  importantes.

Tony Durcan détaille dans sa présentation ces réductions et indique que de plus en plus de bénévoles sont associés au fonctionnement des bibliothèques.

L’important réseau de bibliothèques reste toutefois très fréquenté, de nombreux prêts y sont réalisés. Il faut s’employer à convaincre les responsables politiques de l’importance des bibliothèques, institutions particulièrement nécessaires en ces temps de crise, et montrer tout le soutien qu’elles peuvent apporter à l’économie locale (Work club, aide à la rédaction de CV et de lettre de motivation, accès gratuit internet, centre pour les entrepreneurs et les créateurs d’entreprises, relais des pôles emploi). Ce sont aussi des lieux de lutte contre les inégalités sociales, des lieux d’intégration, des lieux de rencontre intergénérationnelle. Elles sont encore des lieux d’éducation, aidant les publics à acquérir de bonnes compétences en matière de lecture, proposant des ateliers d’écriture, formant à la recherche d’information. ; elles s’inscrivent aussi comme des lieux de culture relayant tout types de manifestations (le jubilé de la reine, les concerts, les performances théâtrales, etc.). Toute opportunité de faire la promotion de la bibliothèque est utilisée (et particulièrement les apparitions de la Reine).

Chantal Stanescu, introduit son sujet en rappelant que la Belgique a vécu dix-huit mois sans gouvernement. Puis elle présente le décret qui encadre maintenant l’action des bibliothèques  et le développement des pratiques de lecture.  Ce décret est à la fois une déclaration d’intention politique et un cadre d’action pour tous : il décrit des objectifs communs qui permettent aux bibliothèques de développer une politique dans la fédération. Wallonie-Bruxelles. Cette loi induit de nouvelles façons de travailler : les projets des bibliothèques publiques ne sont plus construits annuellement mais sur le long terme. Elles doivent prendre en compte les attentes de la population et des collectivités dans un esprit d’éducation permanente et d’émancipation culturelle et sociale. Un financement stable est assuré aux bibliothèques pour leur permettre de rémunérer les personnels. Chantal Stanescu n’est pas inquiète sur l’avenir des bibliothèques de Belgique qui occupent le devant de la scène dans les champs de l’éducation et de l’instruction. La Belgique a déclaré par décret que les bibliothèques sont indispensables.

Maud Stephan s’interroge sur la capacité des bibliothèques à répondre à l’attente des jeunes dans les pays arabes.

Dans ces pays, la lecture connaît des problèmes structurels : les pratiques de lecture sont récentes et assez faibles, peu de titres sont publiés en peu d’exemplaires, les ouvrages sont mal diffusés, le livre est cher, la télévision s’est diffusée avant l’ancrage de la lecture. Les jeunes passent beaucoup de temps devant la télévision ou Internet et perdent vite la pratique de la lecture.

Maud Stephan présente une enquête sur les pratiques culturelles des étudiants libanais qui révèle que 94% des étudiants utilisent Internet et y passent beaucoup de temps pour y faire des recherches d’information plus que pour communiquer. Les recherches portent essentiellement sur les sciences, la religion, la politique. Cet intérêt pour les questions politique n’est pas étonnant dans des pays qui vivent de nombreux conflits. Les révoltes arabes ont renforcé l’usage d’Internet.

Quels contenus trouve-t-on en arabe sur Internet ? L’arabe est surtout utilisé dans les blogs et les réseaux sociaux. Les ressources informationnelles fiables, en langue arabe, sont pauvres. On ne dénombre qu’une seule base de donnée scientifique, qu’une seule base de livres électroniques, peu de périodiques électroniques dans les domaines scientifiques. Une seule université offre des ressources électroniques libres en langue arabe. Les bibliothèques numériques relèvent d’initiatives très dispersées. On y trouve essentiellement des livres du patrimoine littéraires et religieux, ces bibliothèques ne sont pas connues, mal répertoriées, les livres qui y sont proposés sont de mauvaise qualité. Il n’y a pas de collection cohérente et structurée, à l’exception du Digital Assets Repository développé par la bibliothèque d’Alexandrie, de la bibliothèque numérique marocaine et de la bibliothèque électronique Alwaraq.

Les sites des institutions culturelles, des bibliothèques arabes sont peu fréquentés. Ces sites sont souvent vieillis, statiques, ils exploitent peu les possibilités du numériques.

Il existe des sites intéressants, construits par des jeunes, mêlant diverses formes d’expression, le dessin, les caricatures, … mais ils sont peu repérés ou valorisés.

Quelques associations ou projets privés s’intéressent  à  la conservation et numérisation du patrimoine moderne, des photos, des musiques, etc. mais rien ne les fédère, ils ne sont pas soutenus par l’Etat, ils peuvent au mieux prétendre à des aides ponctuelles fournies par des programmes européens

Il n’y a pas non plus de politique publique pour soutenir les bibliothèques. On trouve des bibliothèques traditionnelles proposant des collections anciennes dans lesquelles les livres religieux et lettrés prédominent. Elles sont fréquentées pas les étudiants comme lieu d’étude. Depuis le début des années 2000 se sont ouvertes des bibliothèques plus animées. On en compte une centaine au Liban, huit  en Jordanie, neuf en Syrie. Elles sont très fréquentées mais réalisent peu de prêts. La plupart de ces bibliothèques proposent des accès Internet, mais elles ne font pas de formation à la recherche, ne proposent pas de sélections de sites. Elles interdisent l’accès aux réseaux sociaux et n’autorisent que la recherche d’information. Elles ne repèrent pas les sites arabes.

Les bibliothèques arabes doivent cibler le public jeune qui a besoin de repère pour se situer dans un monde globalisé, menacé par le chômage, qui risque de perdre ses compétences de lecture et de devenir victimes des TV satellitaires ou des prédicateurs.

Les bibliothèques arabes doivent exploiter les contenus internet , les contenus produits par des jeunes, les contenus scientifiques arabes, et former aux usages de ces ressources. Les bibliothèques arabes doivent devenir de nouveaux espaces publics dans lesquels il est possible de s’informer loin de la famille, de diversifier les sources d’information, de partager le savoir dans un espace convivial, de pratiquer la lecture. Un espace de résistance et de liberté.

Suzanne Payette présente la bibliothèque de Brossard et les structures qui l’entourent : la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), l’association des  bibliothèques publiques du Québec (BPQ), les centres régionaux de services aux bibliothèques publiques (CRSBP).

Les bibliothèques mettent principalement l’accent sur l’alphabétisation (imprimée ou numérique), l’éducation, la culture, et l’information.  Elles servent de lieu de « rattrapage » aux jeunes qui n’ont pas terminé leur cursus scolaire, permettent aux nouveaux arrivants de découvrir la culture locale, sont des lieux de rencontre pour tous les citoyens.

Les bibliothécaires assurent de multiples fonctions (catalogage, animation, communication, etc.) qu’il faut mettre en valeur pour faire tomber l’image traditionnelle de vieille dame à chignon. C’est à eux de faire changer la perception que les gens ont de la bibliothèque, de changer la bibliothèque, d’en faire des outils de développement économique et social et de rendre cela réel pour l’homme de la rue.

La bibliothèque est un équipement essentiel et vital pour le citoyen. Elle propose

  • du personnel engagé, compétent, mobile, doté de connaissances technologiques
  • des horaires d’ouverture étendus
  • des espaces inspirants adaptés à toutes clientèles et les usages
  • des collections variées, actuelles, et mises en valeur
  • une présence sur les réseaux sociaux

Elle pousse l’information vers les citoyens et leur transmet l’information municipale

Elle travaille en réseau, adhère à des consortiums, pour enrichir sa connaissance du terrain et rationnaliser  son fonctionnement.

Elle place le citoyen au centre de toutes ses actions

La bibliothèque est alors une valeur ajoutée pour chacun.

11 réponses à “Session 4 – Faut il encore des bibliothèques ? Exemples d’ailleurs

  1. Pingback: Session 4 – Faut il encore des bibliothèques ? Exemples d’ailleurs « la bibliothèque, et veiller

  2. directrice adjointe de la bibliothèque centrale de la chaussures nike région Bruxelles-Capitale

  3. directrice adjointe de la bibliothèque centrale de la région survetement nike Bruxelles-Capitale

  4. directrice bibliothèque de Brossard survetement ysl Georgette-Lepage au Québec

  5. permettent aux nouveaux arrivants de découvrir la culture locale ne nike blazer femme proposent pas de sélections de sites

  6. Chantal Stanescu

    The last one’s probably a bit of an odd thing to survetement armani state and our kitchen has officially been gutted

  7. Or si l’ambiance se dégrade entre vous et votre supérieur rien ne vous chaussure air jordan oblige à apprécier votre manager

  8. directrice adjointe de la bibliothèque centrale de survetement Ralph Lauren la région Bruxelles-Capitale

  9. Chantal Stanescu, directrice adjointe http://www.site-pilote-csdu-envirhonalp.fr de la bibliothèque centrale de la région Bruxelles-Capitale.

  10. En règle générale, les rédacteurs se mettent à comprendre la phrase «vous» http://www.operation-bienetre-modilac.fr quand nous le pouvons, et elles sont appropriées (à partir d’un point de vue particulier), mais ce n’est pas vraiment le but.

  11. The time may be ascertained on the needs of your child. If you’ve a kid who needs 9 hours http://www.destockageusine.fr of sleep to be ready to undertake the day, then make sure to keep that in your plan.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s