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Session 5, Politiques publiques et rigueur budgétaire dans le contexte de crise économique

CR rédigé par Joëlle Muller

Modérateur : André-Pierre Syren, dir. Des bibliothèques de Metz

Philippe Laurent, président de la fédération nationale des collectivités pour la culture (FFCC) mais aussi maire de Sceaux (pas de slides).

La FFCC est une ssociation qui regroupe un grand nombre de directeurs de la culture des collectivités territoriales.

Il y a des craintes d’un désengagement des collectivités territoriales dans le domaine des investissements pour les actions culturelles compte tenu du contexte économique. Il ne le croit pas.

Attentes de la future architecture des collectivités territoriales qui devraient être annoncée en octobre.

L’explosion du numérique n’a pas fait baisser la fréquentation de la bibliothèque.
Passer de la gestion à un projet politique culturel orienté vers la lecture (sous toutes ses formes).

Quels sont les liens qui peuvent exister entre toutes les bibliothèques ou centre de doc. de la commune et également avec les librairies locales.

La mutualisation ne fait pas forcément baisser les coûts car l’éloignement créé des baisses d’efficacité. En revanche, les échanges entre professionnels peut être très productif.

Christophe Pérales, dir. Des bibliothèques de l’université Versailles-Saint-Quentin en Yvelines (pas de slides)

Bref historique du statut des BU. Les bibliothèques universitaires étaient autonomes par rapport à leur université et étaient sous la tutelle directe du Ministère. La loi d’autonomie des Universités de 2007 a rattaché plus fortement les BU à leur université. Les questions concernant les BU sont rarement considérées comme centrales par rapport au comité de direction des universités. Les directeurs de BU font rarement partis du comité de direction de l’université.

Les deux axes sur lesquels travaillent les BU sont les formations des étudiants sur toutes leurs formes et l’axe de la recherche avec un décloisonnement des données afin qu’elles puissent être sur le web et interrogeables par les moteurs de recherche. Développer des solutions de type Web des données. La tendance des publications scientifiques actuelles est de mettre en fin d’article la boîte des données.

La BU est trop souvent considéré comme une fonction support, un lieu d’accueil des étudiants d’où la difficulté d’obtenir des crédits suffisants. Ce n’est pas un élément clé des études.

Bien sûr il y a le numérique mais il faut réfléchir et ne pas se lancer tête baissée dans toutes les nouveautés. Exemple : le e-learning, cela coûte très cher et dans le domaine de la formation initiale cela ne marche pas. Il y a peut-être la crise mais il y a aussi du gaspillage de fonds publics. Attention à ne voir que le Learning Center et pas le projet pédagogique qu’il y a derrière.

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Session 4 – Faut il encore des bibliothèques ? Exemples d’ailleurs

CR rédigé par Sabine Noël

Modératrice Annick Guinery, directrice des bibliothèques de Choisy-le-Roi

Intervenants : Suzanne Payette, directrice bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage au Québec ; Maud Stephan, bibliothécaire professeur à l’Université libanaise ; Tony Durcan, directeur de la culture et des bibliothèques au Conseil municipal de Newcastle ; Chantal Stanescu, directrice adjointe de la bibliothèque centrale de la région Bruxelles-Capitale.

Quatre points de vue étrangers sur la question de la nécessité des bibliothèques.

Tony Durcan expose la situation des bibliothèques publiques en Angleterre qui vivent des moments difficiles mais ne sont pas à terre.

La priorité politique actuelle est de réduire les dépenses publiques et les réductions budgétaires que subissent les bibliothèques sont  importantes.

Tony Durcan détaille dans sa présentation ces réductions et indique que de plus en plus de bénévoles sont associés au fonctionnement des bibliothèques.

L’important réseau de bibliothèques reste toutefois très fréquenté, de nombreux prêts y sont réalisés. Il faut s’employer à convaincre les responsables politiques de l’importance des bibliothèques, institutions particulièrement nécessaires en ces temps de crise, et montrer tout le soutien qu’elles peuvent apporter à l’économie locale (Work club, aide à la rédaction de CV et de lettre de motivation, accès gratuit internet, centre pour les entrepreneurs et les créateurs d’entreprises, relais des pôles emploi). Ce sont aussi des lieux de lutte contre les inégalités sociales, des lieux d’intégration, des lieux de rencontre intergénérationnelle. Elles sont encore des lieux d’éducation, aidant les publics à acquérir de bonnes compétences en matière de lecture, proposant des ateliers d’écriture, formant à la recherche d’information. ; elles s’inscrivent aussi comme des lieux de culture relayant tout types de manifestations (le jubilé de la reine, les concerts, les performances théâtrales, etc.). Toute opportunité de faire la promotion de la bibliothèque est utilisée (et particulièrement les apparitions de la Reine).

Chantal Stanescu, introduit son sujet en rappelant que la Belgique a vécu dix-huit mois sans gouvernement. Puis elle présente le décret qui encadre maintenant l’action des bibliothèques  et le développement des pratiques de lecture.  Ce décret est à la fois une déclaration d’intention politique et un cadre d’action pour tous : il décrit des objectifs communs qui permettent aux bibliothèques de développer une politique dans la fédération. Wallonie-Bruxelles. Cette loi induit de nouvelles façons de travailler : les projets des bibliothèques publiques ne sont plus construits annuellement mais sur le long terme. Elles doivent prendre en compte les attentes de la population et des collectivités dans un esprit d’éducation permanente et d’émancipation culturelle et sociale. Un financement stable est assuré aux bibliothèques pour leur permettre de rémunérer les personnels. Chantal Stanescu n’est pas inquiète sur l’avenir des bibliothèques de Belgique qui occupent le devant de la scène dans les champs de l’éducation et de l’instruction. La Belgique a déclaré par décret que les bibliothèques sont indispensables.

Maud Stephan s’interroge sur la capacité des bibliothèques à répondre à l’attente des jeunes dans les pays arabes.

Dans ces pays, la lecture connaît des problèmes structurels : les pratiques de lecture sont récentes et assez faibles, peu de titres sont publiés en peu d’exemplaires, les ouvrages sont mal diffusés, le livre est cher, la télévision s’est diffusée avant l’ancrage de la lecture. Les jeunes passent beaucoup de temps devant la télévision ou Internet et perdent vite la pratique de la lecture.

Maud Stephan présente une enquête sur les pratiques culturelles des étudiants libanais qui révèle que 94% des étudiants utilisent Internet et y passent beaucoup de temps pour y faire des recherches d’information plus que pour communiquer. Les recherches portent essentiellement sur les sciences, la religion, la politique. Cet intérêt pour les questions politique n’est pas étonnant dans des pays qui vivent de nombreux conflits. Les révoltes arabes ont renforcé l’usage d’Internet.

Quels contenus trouve-t-on en arabe sur Internet ? L’arabe est surtout utilisé dans les blogs et les réseaux sociaux. Les ressources informationnelles fiables, en langue arabe, sont pauvres. On ne dénombre qu’une seule base de donnée scientifique, qu’une seule base de livres électroniques, peu de périodiques électroniques dans les domaines scientifiques. Une seule université offre des ressources électroniques libres en langue arabe. Les bibliothèques numériques relèvent d’initiatives très dispersées. On y trouve essentiellement des livres du patrimoine littéraires et religieux, ces bibliothèques ne sont pas connues, mal répertoriées, les livres qui y sont proposés sont de mauvaise qualité. Il n’y a pas de collection cohérente et structurée, à l’exception du Digital Assets Repository développé par la bibliothèque d’Alexandrie, de la bibliothèque numérique marocaine et de la bibliothèque électronique Alwaraq.

Les sites des institutions culturelles, des bibliothèques arabes sont peu fréquentés. Ces sites sont souvent vieillis, statiques, ils exploitent peu les possibilités du numériques.

Il existe des sites intéressants, construits par des jeunes, mêlant diverses formes d’expression, le dessin, les caricatures, … mais ils sont peu repérés ou valorisés.

Quelques associations ou projets privés s’intéressent  à  la conservation et numérisation du patrimoine moderne, des photos, des musiques, etc. mais rien ne les fédère, ils ne sont pas soutenus par l’Etat, ils peuvent au mieux prétendre à des aides ponctuelles fournies par des programmes européens

Il n’y a pas non plus de politique publique pour soutenir les bibliothèques. On trouve des bibliothèques traditionnelles proposant des collections anciennes dans lesquelles les livres religieux et lettrés prédominent. Elles sont fréquentées pas les étudiants comme lieu d’étude. Depuis le début des années 2000 se sont ouvertes des bibliothèques plus animées. On en compte une centaine au Liban, huit  en Jordanie, neuf en Syrie. Elles sont très fréquentées mais réalisent peu de prêts. La plupart de ces bibliothèques proposent des accès Internet, mais elles ne font pas de formation à la recherche, ne proposent pas de sélections de sites. Elles interdisent l’accès aux réseaux sociaux et n’autorisent que la recherche d’information. Elles ne repèrent pas les sites arabes.

Les bibliothèques arabes doivent cibler le public jeune qui a besoin de repère pour se situer dans un monde globalisé, menacé par le chômage, qui risque de perdre ses compétences de lecture et de devenir victimes des TV satellitaires ou des prédicateurs.

Les bibliothèques arabes doivent exploiter les contenus internet , les contenus produits par des jeunes, les contenus scientifiques arabes, et former aux usages de ces ressources. Les bibliothèques arabes doivent devenir de nouveaux espaces publics dans lesquels il est possible de s’informer loin de la famille, de diversifier les sources d’information, de partager le savoir dans un espace convivial, de pratiquer la lecture. Un espace de résistance et de liberté.

Suzanne Payette présente la bibliothèque de Brossard et les structures qui l’entourent : la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), l’association des  bibliothèques publiques du Québec (BPQ), les centres régionaux de services aux bibliothèques publiques (CRSBP).

Les bibliothèques mettent principalement l’accent sur l’alphabétisation (imprimée ou numérique), l’éducation, la culture, et l’information.  Elles servent de lieu de « rattrapage » aux jeunes qui n’ont pas terminé leur cursus scolaire, permettent aux nouveaux arrivants de découvrir la culture locale, sont des lieux de rencontre pour tous les citoyens.

Les bibliothécaires assurent de multiples fonctions (catalogage, animation, communication, etc.) qu’il faut mettre en valeur pour faire tomber l’image traditionnelle de vieille dame à chignon. C’est à eux de faire changer la perception que les gens ont de la bibliothèque, de changer la bibliothèque, d’en faire des outils de développement économique et social et de rendre cela réel pour l’homme de la rue.

La bibliothèque est un équipement essentiel et vital pour le citoyen. Elle propose

  • du personnel engagé, compétent, mobile, doté de connaissances technologiques
  • des horaires d’ouverture étendus
  • des espaces inspirants adaptés à toutes clientèles et les usages
  • des collections variées, actuelles, et mises en valeur
  • une présence sur les réseaux sociaux

Elle pousse l’information vers les citoyens et leur transmet l’information municipale

Elle travaille en réseau, adhère à des consortiums, pour enrichir sa connaissance du terrain et rationnaliser  son fonctionnement.

Elle place le citoyen au centre de toutes ses actions

La bibliothèque est alors une valeur ajoutée pour chacun.

Session 3, Faut-il encore des bibliothèques ? (1)

CR rédigé par JoëlleMuller et Sabine Noël

Modérateur : Dominique Lahary

Certains élus, certains présidents d’université ont émis l’idée que maintenant les bibliothèques n’étaient plus nécessaires.

Vera Saboya, coordonnateur du programme de la lecture et de la connaissance, secrétariat d’Etat à la culture de Rio de Janeiro, Brésil.

Présentation du système de la culture et des bibliothèques au Brésil. Pour les jeunes, ils passent par l’expression artistique, créative avant d’aller vers le livre. Beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés mais ils vont dans les bibliothèques. Depuis 2010, des bibliothèques-Parc (troisième lieu) sont installées dans les favelas. Quels types de livre mettre dans ces bibliothèques. Cela vaut la peine de mettre de la littérature même si les usagers sont presque tous illettrés. Des activités artistiques sont programmées : atelier théâtre, laboratoire d’écrits numériques et de montage audiovisuel, laboratoire Mémoire et territoire, laboratoire de développement et de formation continue.

Ces équipements s’insèrent dans une démarche de politique publique : aller au milieu de la cité pour y mettre de la culture, accéder au livre, à l’expression artistique, esthétique.

Sur le plan politique, l’objectif est de permettre aux personnes de retrouver l’estime de soi. Mettre au centre de la Favella un lieu pour la rencontre pacifique. Recréer une place du village, une agora.

Elle trouve des points communs avec les activités de la bibliothèque de Montreuil vers les publics non-francophones ou en difficultés scolaires.

Projet défi. Beaucoup d’avis négatifs au départ. Ça ne sert à rien.

Débat sur le type de livre à proposer dans ces bibliothèques. Est-ce que ça a du sens de proposer de la littérature à des gens analphabètes sans bagage culturel adapté à la lecture. Avoir un livre de Le Corbusier pour des gens qui travaillent dans le BTP ça fait quelque chose.

Projet de construction d’un réseau de bibliothèques. Ces bibliothèques sont financées en parti avec des fonds d’Etat et en partie avec des fonds privés, des ONG…

Le gouvernement brésilien a un programme de développent de bibliothèque. Ces bibliothèques offriront des collections et feront le pari de la culture populaire, bibliothèque : lieu de production d’une culture populaire. Le public va produire cette culture.

La bibliothèque de Manguinios, un quartier difficile de Rio, ou la police n’entre plus, 100 000 habitants. Débat professionnel autour des livres proposés. Platon, Aristote, Harry Potter ? Faut il proposer ces titres et auteurs ou non ?

Les agents qui travaillent dans ces bibliothèques de quartier sont pour la plupart des habitants du quartier, des étudiants du quartier, le critère de choix principal a été quel est votre « rêve », que souhaitez-vous faire dans cette bibliothèque. Ces personnes sont formées à postériori à la bibliothéconomie. Ils savent repérer les drogués et les orienter vers l’hôpital.

Enthousiasme culturel des gens qui habitent au Brésil. Les Brésilien naissent en sachant danser et chanter. Ils sont plus formés par la télévision que par l’école. La bibliothèque s’inscrit là dedans. Le choix culturel réalisé par ces personnes est exigeant.

Quelques professionnels pilotent, les agents d’accueil sont des gens du quartier.

Odile Grandet, chef de projet bibliothèque de campus Condorcet (slides)

Un nouveau campus de bibliothèque de Recherche dont l’ouverture est prévu en 2016. Il est piloté par un PRES sciences humaines et sociales qui regroupe plusieurs universités et une centaine de laboratoires de recherche de Paris et sa région. Coût prévu 600 millions €. 17000 m2 de surface utile. Sur le territoire de Plaine-Commune. Accessible aux étudiants à partir du niveau master et aux chercheurs. C’est un véritable quartier universitaire qui va voir le jour.

Les bibliothèques jouent un rôle important en terme de choix, de légitimation des contenus. C’est également un espace pour le dialogue.

Véronique Balbo-Bonneval, Directrice de la culture et du patrimoine, Communauté d’agglomération Saint-Quentin-en-Yvelines (pas de slides)

Le projet de St Quentin est au croisement de deux volontés, celle de la ville, celle des directeurs des affaires culturelles d’aller au-delà du spectacle vivant. Développement d’un projet culturel au-delà de l’aspect artistique et au service d’un projet de société. Le principal outil est les Médiathèques.

Nous sommes dans une société du temps libre (le temps de travail a diminué, le temps de vie s’est allongé), de la connaissance, moins verticale qu’auparavant, plus transversale, une société émotionnelle avec moins de temps consacré à la pensée, de la prégnance du numérique, disparition des espaces publics (rue, marché), on ne sait plus comment s’adresser à près de 25% de la population (ouvriers, employés, chômeurs). Pour toutes ces raisons, les bibliothèques ont encore un sens et un rôle à jouer.

Les bibliothèques ont un rôle important à jouer envers les nouveaux entrants et également vis à vis des décrocheurs. Ce sont également des lieux de vie, des lieux publics, des lieux de rencontre. Faire attention aux horaires d’ouverture et aux rythmes sociaux. Il faut être accessible aux moments de liberté des populations.

Session 2, Comment associer les publics à la définition des services, à la mise en place des politiques

CR rédigé par Joëlle Muller

Modérateur Jean-Marie Barbiche CA de l’ADBU, dir. Ecole Centrale de Paris

Dominique Tabah Conservateur des bibliothèques (pas de slides)

Avant on parlait de l’offre et de la demande. C’est la question du rapport d’analyse entre les besoins exprimés par les usagers et les évolutions de l’offre des bibliothèques. Comment fait-on pour les associer à la co-construction des services.

Exemple avec les adolescents :

  • Création d’un club de lecture, échange sur leurs lectures, ils participent aux suggestions d’acquisitions.
  • Stagiaires collégiens. Avant de faire leur stage, ils doivent faire une enquête dans leur classe sur ceux qui viennent ou non à la bibliothèque et pour quelles raisons.
  • Portraits des adolescents de Montreuil

En fait il s’agit essentiellement de la prise en compte de certaines des demandes des usagers.

Anita Beldiman-Moore responsable du marketing Bibliothèque de Sciences Po

Depuis 2005, la bibliothèque utilise une multitude d’outils pour permettre de connaître les besoins du public : enquête sur les usages et les pratiques depuis 2005, semaine test sur les questions aux accueils depuis 2007, semaines test sur la consultation des documents en salle depuis 2007, LibQUAL+ depuis 2009, Focus group depuis 2010, entretiens avec les chercheurs depuis 2010.

Les résultats : l’élargissement horaire et les solutions d’impression

Xavier Galaup Médiathèque départementale du Haut-Rhin (slides : http://www.slideshare.net/xgalaup )

Co-création de contenus avec les usagers

L’arrivée des ressources numériques en ligne implique une évolution vers des services plus personnalisés et la co-création de contenus.

Voir les slides sur les différents exemples de co-créaction d’actions culturelles.

Un exemple intéressant de co-création de contenus numériques : le wiki de Brest.

Tout cela a une influence sur l’évolution des métiers et des compétences, une importance accrue des compétences relationnelles, une maîtrise des compétences en veille, la gestion de projets, savoir mettre en place des partenariats. Importance de l’autoformation et du partage en interne.

Session 1, les bibliothèques dans les politiques publiques

CR rédigé par Joëlle Muller

Modérateur : Dominique Lahary, président du groupe ABF Paris

En amont, intervention de Mme Voynet (intervention prévue le matin), maire de Montreuil.

Chacun essaie d’imaginer sa ville sans bibliothèques. Ce sont parfois les seuls lieux culturels et sociaux de certains quartiers.

Lieux dédiés aux livres, utilisés par des publics très différents et parfois très éloignés du livre. Montreuil a souvent fait preuve d’audace dans les différentes actions en faveur du livre mais aussi la musique, la lecture à voix haute…  Montreuil est aussi une ville où il y a beaucoup de bibliothèques. Des actions importantes en faveur de la lecture jeunesse ont été également réalisées.

De nombreuses autres activités culturelles s’y déroulent : spectacles vivants, musique…

Dominique Arot, Doyen de l’inspection générale des bibliothèques

Le contexte : remise en cause de l’institution-bibliothèque par le numérique et ses usages, la décentralisation, l’émiettement des institutions et des tutelles, la crise des moyens, une alternance politique.

Des politiques plurielles impulsées par l’Etat, des priorités ministérielles et des politiques locales qu’elles soient régionales, départementales ou communales.

Des politiques implicites, il n’y a pas besoin d’en parler.

Concurrence du numérique, manque de cohérence ou contradictions entre les initiatives liées aux bibliothèques. D’où une dispersion des moyens.

Un secteur de l’action publique peu visible, dispersé, avec une forte expression des professionnels et une faible expression des usagers.

Rappel des objectifs généraux des bibliothèques : contribuer à la formation, soutenir la recherche, développer la lecture, lutter contre l’échec scolaire, favoriser la citoyenneté, conserver et valoriser le patrimoine, participer à la diffusion de l’action culturelle.

Une évaluation insuffisante.

Jacques Marsaud, Directeur général de la communauté d’agglomération Plaine-Commune depuis 2000.

Les bibliothèques sont entrées dans le périmètre de la Communauté d’agglomération en 2005. Environ 350000 habitants, + 50000 habitants depuis 2000. 130000 emplois mais aussi 25000 demandeurs d’emplois et 15000 Rmistes. Beaucoup de logements sociaux. Un écart importants entre les emplois du territoire et les compétences des demandeurs d’emplois. La moitié des ménages n’est pas imposée. Une grande précarité. 40% d’étrangers, 130 nationalités différentes. 60% de moins de 30 ans. 70% de la population n’a jamais fréquenté un collège d’enseignement général.

Les petits équipements conviviaux ont été privilégiés. Les résultats ne sont pas au rendez-vous sauf pour les moins de 15 ans (60% des usagers). Equipements trop petits, vieillots avec un équipement informatique en retard.

Plan de développement de la lecture : construire des équipements plus grands, plus modernes. Développer la synergie par la mise en réseau et former les personnels. Développer la présence des technologies de l’information.

Le bilan : un territoire bien maillé (23 équipements, 4 en projets, 3 bibliobus), un usage renforcé. + 30% d’usagers, +40% d’emprunts. Les médiathèques sont devenues des lieux attractifs.

Projets de développement :

Création d’une médiathèque inter-communauté dans la gare.

Développer des services numériques sur place et à distance.

Associer les habitants avec des projets de création numérique.

Isabelle This-Saint Jean (pas de slides), Vice présidente chargée de l’Enseignement supérieur et de la recherche au conseil régional IdF

Les bibliothèques sont les lieux incontournables du soutien à l’enseignement supérieur.

Les bibliothèques universitaires sont des éléments clés de l’enseignement supérieur et de l’action du conseil régional dans ce domaine.

Les moyens de ce soutien : constructions de nouvelles BU (100 millions €), modernisation d’équipements (36 opérations), dispositif d’emplois étudiants (1000 emplois) dans les BU.

Les projets : construction sur le campus Condorcet (Aubervilliers) de la plus grande BU d’Ile de France, créer un prix du livre étudiant.

Compte-rendu de la conférence inaugurale par Yves Surel

CR rédigé par Joëlle Muller

Conférence inaugurale : Qu’est-ce qu’une politique publique ?
Yves Surel professeur de sciences politique université Paris 2

Définition difficile car terme du langage commun, un terme large et lien de plus en plus problématique avec l’Etat.
Exemple
 : la canicule de 2003. Cf slides.

Déf : politique publique = ensemble complexe d’enjeux sociaux, d’acteurs publics et privés, ainsi que de dynamiques et procédures plus ou moins formalisées.

On peut également dire : « Tout ce qu’un gouvernement choisit de faire ou de ne pas faire » (Dye, 1998) ou moins simple

« Un ensemble de décisions reliées entre elles, pris par un acteur ou un groupes d’acteurs, avec pour caractéristiques fondamentales de définir les buts à atteindre, ainsi que les moyens nécessaires pour remplir les objectifs fixés » ( Howlett, Ramesh, 1995)

C’est un construit social.

Les composantes d’une politique publique (Mény, Thoenig, 1989)

  • Des éléments de contenus matériels et immatériels
  • Un programme
  • Une orientation normative
  • Un facteur de coercition
  • Le ressort social

C’est un processus dynamique qui suit un cycle selon Jones : la grille séquentielle

  • Émergence des problèmes
  • Inscription des problèmes dans un agenda
  • décision
  • Mise en œuvre
  • Évaluation
  • Terminaison ou changement ?

Phase de la décision
3 points essentiels :

  • Formulation des solutions
  • Légitimation politique
  • Question centrale de la rationalisation des décisions

Mais la rationalité est souvent limitée car les acteurs sont raisonnables et non-rationnels ; ils s’arrêtent à l’alternative-pivot, celle qui va passer.

L’incrémentalisme de Lindblom :

  • Caractère collectif de la décision
  • Incrémentalisme ou évolution de l’action publique à la marge

Un exemple : la réforme des systèmes de retraites

En conclusion

Une politique publique est un ensemble complexe et évolutif d’acteurs publics et privés

C’est un processus variable organisé autour de séquences.

Débat

  • C’est assez déprimant de voir que les changements se font généralement à la marge.
    Contre exemple, l’arrivée de Jack Lang à la culture en 1981 et le doublement du budget de la culture.

Rendez-vous international – l’évolution des budgets publics à l’étranger

Note sur l’atelier Rendez-vous international – l’évolution des budgets publics à l’étranger

Aline Girard

Introduction en présentant des situations américaines difficiles où la baisse des budgets menacent les bibliothèques. Pour se défendre la méthode est souvent la même: pétition, appel à dons,…

Gerald Letner, Président d’EBLIDA
A Library Policy for Europe – Une politique européenne pour les bibliothèques

La vraie implication des politiques pour les bibliothèques se voient dans la budget plus que dans leur discours.
Les bibliothèques peuvent participer au dépassement de la crise économique à travers leur différentes missions.

Déclaration de Vienne:

un livre blanc sur les bibliothèques dans la société de l’information. Lire la suite

Les bibliothèques, un marché en mutation : le point de vue des prestataires informatiques

Présentation de Jean-Pierre Sakoun – Savoir Sphère

Présentation de Marc Maisonneuve – Tosca

Présentation de Laurent Soual – Doxulting

Présentation de Kees Payens _ Nedap

Session 6 : La documentation électronique , impacts et conséquences économiques

Session 6, samedi 22 mai 2010 : la documentation électronique : impacts et conséquences économiques

Modéraeur : Julien Roche, SCD Lille 1

Prise de note : Joëlle Muller

Jean-François Cavanagh : Reed Elsevier

J’ai raté cet intervenant

François Gèze : éd La Découverte

Présente rapidement son offre électronique

Présente les évolutions de l’offre électronique :

Elargir l’offre (actuellement chercheur) à d’autres publics.

Demande BNF pour Gallica. Ils ont commencé à numériser leur fonds.

Repenser la chaîne de commercialisation. Que les libraires retrouvent une place comme conseiller comme filtre à l’offre électronique qui va exploser.

Problème des DRM. Il a renoncé à en mettre.

Débat autour de la TVA.

Jérômme Kalfon : SCD Paris 5 et aussi pour Couperin

La doc électronique a un coût important pour les SCD.

Secteur des sciences. Production d’un article : coût de revient entre 400000 à 600000 €. Cet article est payé 0 € par les revues ou bases de données.

On n’est pas capable de définir un prix de production.

On est dans un cntexteinflationniste et les budgets ne suivent pas. Donc on rogne sur les marges et on perd l’autonomie dans la définition d’une politique documentaire.

Il y a une baisse du prix relatif d’une consultation (car augmentation du nombre d’utilisation)

Explosion du gratuit.

Contexte d’incertitude : TVA ? Taux de change ? engagement avant de connaître le prix de l’année n+1

Offre mouvante : volatilité des contenus, lacunes et redondances multiplication des plateformes et interfaces.

A la recherche du nouveau modèle économique : archivage perenne, accès pérenne, qui paye, abonnements, achat à l’unité, organisation et signalement.

Fin du dépouillement des revues par les bibliothécaires.

Une certitude, la bibliothèque numérique sera hybride et hétérogène avec des modèles très variables selon les bibliothèques.

Présentation très claire et intéressante.

Annie Dourlent : BPI et Carel

Rappel de ce qu’est Carel voir aussi l’article Carel sur le site de la BPI. Consortimu de n égociation des droits d’acquisition de documents électroniques pour les bibliothèques de lecture publique.

Rrien de nouveau pour ceux qui connaissent déjà Carel.

Dépenses numériques 0,14€/hb pour 3,67 €/hb pour le total des dépenses d’acquisition.

Sur les 700000 €de dépenses, ly en a 260000 pour Electre.

Les hits :la presse, l’autoformation, les dictionnaires, la jeunesse, la musique, la VOD.

Les résultats de l’nquête seront pubkiés prochainement.

Donc développement très lent des ressources numériques dans les bibliothèques de lecture publique.

Les quelques retours qu’elle a eu. Il y a un usage très faible des ressources électroniques en bibliothèque donc frilosité pour les acheter dans un contexte de crise économique et de baisse des budgets.
Travailler sur la médiation numérique pour  valoriser ces ressources. De l’eau pour le moulin de Silvère Mercier.

Débat – Conclusion

Q : comment travailler vous avec les chercheurs pour connaître leurs besoins.

R : François Gèze travaille par enquête auprès d’un panel d’usagers.

Jérôme Kalfon : relation entre l’offre et la demande. Certaines offres peuvent dispara^tre s’i elles ne trouvent pas leur public. Inversement, certains besoins ne sont pas pris en compte par les fournisseurs, ou à des coûts trop élevés.

Pourra t’on acheter tous les documents électroniques et les prêter ? Certaines publications sont réservées aux particuliers, pas de vente aux collectivités (ex : 50 illions de consommateurs, que choisir…)

Problème de la fédération des ressources pour interroger  sur une interface unique.

Carel a aussi des difficultés à élargir le nombre des contributeurs pour négocier, évaluer les produits. L’offre précéde la demande.

Jean-François Cavanagh : les ressources des BU françaises sont très faibles comparées aux autres pays développés.

François Gèze pense qu’une des pistes pour les ouvrages de niveau recherche, qui se vendent mal et en peu d’exemplaires, passera par l’édition électronique de ce type d’ouvrage. Pour les ouvrages grand public ou de niveau enseignement primaire et secondaire, il faut travailler de concert avec les bibliothécaires et les enseignants.

Annie Dourlent : constat d’une sous utilisation des ressources numériques payantes que nous proposons dans nos bibliothèques alors que la consultation libre de l’internet gratuit explose. Nous manquons aussi de modèle économique pour discuter avec les éditeurs.

Réponse de François Gèze : Carel, actuellement propose une offre assez hétéroclite, vous avez mis ce que vous avez trouvé.

Compte rendu de la session 4

La part des dépenses de personnel dans le budget des bibliothèques
Participants à la table ronde :
Benoît Lecoq inspecteur général des bibliothèques
Annie Coisy directrice, Service commun de la documentation, Université Bretagne Sud
Mylène Jacquot conservateur de bibliothèque, secrétaire générale adjointe Uffa-CFDT
Colette Girard adjointe au maire de Tours, chargée de la Culture
Modérateur :
Hélène Girard, Journaliste, La Gazette des communes
Benoît Lecoq dessine le cadre du sujet. Le budget de fonctionnement des bibliothèques intègre trois composantes : le budget directement géré par la bibliothèque, les dépenses de personnel et les coûts indirects souvent gérés par d’autres services. Dans les métiers qui touchent à la sphère culturelle la part de la masse salariale est toujours importante et  son évaluation n’a de sens que mesurée aux objectifs fixés.
Depuis ces dernières années la place faite à l’évaluation prend de l’importance. L’esprit de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a infléchi les perceptions. On passe peu à peu d’une culture des moyens à une culture des résultats cherchant à atteindre les meilleurs objectifs au moindre coût. On évalue les services rendus.
Trois études majeures dans le domaine insistent sur le poids des ressources humaines dans le budget des bibliothèques :
  • L’enquête menée par la DLL et l’IGB sur activité des BMVR en 2004
  • L’étude de Danièle Oppetit sur les coûts de fonctionnement des bibliothèques municipales (2008)
  • La comparaison internationale des bibliothèques universitaires : étude de cas de Mmes Vayssade et Jouguelet (2010).
Elles indiquent que la masse salariale représente plus de 80% du budget des BM et 50 à 60 % du budget des BU. Plus que dans les bibliothèques étrangères. Cela ne veut pas dire que BU française ont trop de personnnel mais que la masse salariale est importante et que les autres postes budgétaires
(les dépenses documentaires par exemple) sont faibles. Deux BU seulement dépensent plus de 100 euros par an et étudiants. Dans les BU étrangères, le budget documentaire est plus confortable.
Le poids croissant de la masse salariale s’explique aussi par d’autres facteurs : le pyramidage des emplois, le sur-encadrement, le personnel nombreux mais peu qualifié, des charges spécifiques comme la gestion de fonds patrimoniaux importants ou l’attention portée à l’action culturelle.
Toutefois à masse salariale égale on peut observer des résultats différents  s’expliquant par la forme des équipements (unique ou multisite) ; la structure des organigrammes ; la centralisation des tâches ; l’automatisation ou la récupération des notices (encore peu développée).
Il est nécessaire de définir les objectifs du service, redistribuer les tâches, recourir à des indicateurs internes et externes.
Annie Coisy présente ensuite les contours du problème tel qu’il se présente au SCD de l’Université de Bretagne Sud qui endosse  des responsabilités élargies depuis 2010.
En présentant le SCD et comment s’y intègrent la BU et les autres bibliothèques, Annie Coisy montre qu’il est difficile de délimiter ce qui relève du SCD, de la BU, des bibliothèques associées. Même problème pour les personnels qui, pour certains, sont gérés par l’université, d’autres directement par le SCD (sur ressources propres) et relèvent donc de plusieurs statuts, de divers profils de carrières. Les uns appartiennent à la  filière bibliothèque, d’autres sont étudiants, enseignants, administratifs, ou ITRF. Il faut aussi ajouter les personnels qui travaillent pour la BU sans relever du SCD (services informatique, DRH, financiers, affaires juridiques …) et les personnels des services externalisés : entretien, télésurveillance.
La LRU donne à chaque université la maîtrise de sa politique et de ses moyens et modifie la position des BU qui voient la fin des crédits fléchés. Elles relèvent maintenant directement des universités qui négocient avec l’Etat tous les quatre ans ( avec réévaluation annuelle) un contrat d’objectif leur attribuant une masse salariale et un plafond d’emplois : une enveloppe financière et un nombre d’emplois à ne pas dépasser. Ce nouveau cadre de fonctionnement a des avantages et des inconvénients : il permet d’avoir une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs, et des compétences (GPEEC) ; et d’ajuster les moyens aux besoins. Mais cette autonomie est très encadrée et le contexte assez défavorable. On peut dès lors se demander quelle sera la place réservées aux SCD et à leurs personnels : part du lion ou portion congrue ? Tout se joue dans la négociation des directeurs de SCD avec leurs présidents plus tentés de recruter sur des missions de pilotage (des projets de court terme) que sur les bibliothèques.
A l’intérieur du service des solutions sont envisagées : le recours à des étudiants contractuels, l’automatisation, la sous traitance, l’engagement dans des missions supra-établissement, une meilleure communication sur le service. Du côté des personnels il faut mettre en place les actions de formations nécessaires, valoriser les compétences existantes, rechercher les compétences manquantes.
De nombreuses interrogations pèsent sur le métier. La question des collections n’est plus centrale, on attend des SCD qu’ils fournissent des formations, qu’ils répondent à tout type de question. Il n’y a pas de création d’empoi, des contrats précaires, les gens croient peu à la GPEEC et s’interrogent sur la valeur du travail fourni .
Une troisième approche de la question est fournie par Colette Girard adjointe au maire de Tours, chargée de la Culture qui décrit la situation locale. La ville a beaucoup investi dans les bibliothèque en créant un nouvel équipement : la médiathèque François Mitterrand, un équipement moderne et spacieux dont le succès à entraîné la rénovation de la bibliothèque centrale (pour 14 millions d’euros). Le problème à Tours est plus l’investissement que la masse salariale.
L’ouverture de la BFM a conduit la ville de Tours à créer 12 postes, portant à 107 le nombre de postes du réseau soit 14 %  de plus que la moyenne nationale, mais avec un taux d’encadrement moins élevé que la moyenne. L’un des objectifs de la ville est donc de viser à requalifier son personnel. La collectivité propose un plan de formation adapté aux besoins et l’accompagnement des agents. Les agents municipaux sont au coeur du fonctionnement des bibliothèques. La ville dépense  27,17 euros / habitant pour le  personnel soit 16 % de plus que la moyenne nationale .  12% du budget de la Direction des Affaires Culturelles va vers les bibliothèques et 90% du budget de fonctionnement des bibliothèques passe en coûts de personnel. Deux des quatre conservateurs d’état ont été transférés à l’université.
Le dernier éclairage du sujet est le point de vue syndical donné par Mylène Jacquot, conservateur de bibliothèque et secrétaire générale adjointe Uffa-CFDT. Les syndicats participent chaque année aux négociations sur le pouvoir d’achat qui concernent l’ensemble des fonctionnaires. Au cours de ces négociations, seul  le gouvernement s’exprime (les collectivités territoriales sont représentées par des associations d’élus qui ne sont pas employeurs) et seule la questions du pouvoir d’achat est étudiée. On ne parle pas des emplois, de leur nombre et de leur qualité, du recours à des contractuels. Ces négociations ne portent que sur la valeur du point alors que le pouvoir d’achat est constitué d’éléments plus variés : les primes, des éléments collectifs comme l’action sociale, la participation de l’employeur à la complémentaire santé. Une part de plus en plus importante de la rémunération échappe donc à toute négociation. Les primes et indemnités prennent une place de plus en plus importante dans les rémunérations qui sont de plus en plus  individualisées et inégales selon les collectivités territoriales ou universités. Dans ce domaine, la CFDT milite pour la transparence dans la détermination des enveloppes budgétaires, comme dans la détermination des critères d’attribution des primes et indemnités, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. La CFDT milite pour une politique de gestion de ressources humaines ambitieuse et respectueuse des agents (et citoyens), de leur compétence et de leur investissement dans le travail. Il appartient au politique d’assigner ses missions au service public et d’organiser le débat.
Les questions posées à la suite de ces interventions ont porté sur le nombre des emplois créés par la ville de Tours pour l’ouverture de sa nouvelle médiathèque, sur les ratios d’encadrement au niveau des SCD, sur le recours aux contractuels, et sur la réforme des collectivités territoriales. Faut-il de plus en plus de cadres dans les bibliothèques pour  répondre aux attentes qui pèsent sur elles ? Requalifier l’ensemble des personnels ? S’inspirer des exemples étrangers ? En Amérique du Nord le taux d’encadrement est de 25 à 50% (de 70 à 90 % en France) et ces bibliothèques n’hésitent pas à employer de nombreux autres personnels que du personnel de bibliothèque. Les bibliothèques françaises ont aussi recours au contractuels parce qu’elles ne trouvent pas les compétences qu’elles recherchent chez les bibliothécaires. La réforme des collectivités territoriales génère des inquiètudes chez les agents sur leur  devenir, mais toutes les réformes n’impactent pas les conditions de travail ou les statuts des agents. La réforme de l’intercommunalité est nécessaire et permet de réaliser des économies d’échelle.
Présentation d’Annie Coisy directrice, Service commun de la documentation, Université Bretagne Sud :