Archives de Tag: congrès de paris abf 2009

Réunion Biblio-fr et après ? le vendredi 12 juin à 17H (réunion souterraine du congrès de Paris)

Voici le compte-rendu de la réunion Biblio-fr et après, rédigé par Jacques Sauteron, le secrétaire général de l’ABF.

Présents à la réunion : Franck Queyraud (ABF), Silvère Mercier (ABF), Benoît Roucou (ABF), Xavier Galaup (ABF), Laurent Haubout (ABF), Lionel Dujol (ABF), Dominique Lahary (ADBDP), Albert Poirot (ADBU), Jacques Sauteron (ABF), Sara Aubry (Biblio-fr), Sophie Danis (BPI), Thomas Chaimbault (ENSSIB)

Réunion déclenchée dans le cadre du congrès de l’ABF suite à l’annonce de l’arrêt de Biblio-fr.
Sara Aubry revient sur les différentes motivations ayant conduit à la décision de cet arrêt.
La liste comporte 17 ou 18000 abonnés. La modératrice reçoit environ 500 nouveaux messages chaque semaine. Seulement 80 sont délivrés via la liste.

Faute de disponibilité, la modération est de plus en plus espacée depuis trois ans, or une telle liste génère une attente de rapidité.

Hervé Le Crosnier et Sara ont eu de plus l’envie de faire autre chose afin de se recentrer sur l’essence du débat professionnel. Des projets de sites ont été esquissés. Mais cela sortait du cadre initial que constitue Biblio-fr.
Il leur a dés lors semblé légitime de proposer une réflexion plus ouverte à l’ensemble de la communauté professionnelle. Une telle création et la gestion d’un site réactif nécessitent une organisation humaine, de la disponibilité et des moyens matériels pour gérer une plateforme technique solide.

Dominique Lahary se souvient qu’un premier appel avait été lancé dés 2001 par Hervé Le Crosnier en vue de trouver une solution de reprise institutionnelle de la liste. Il souligne d’un autre côté la praticité de l’absence d’attache et la valeur de l’indépendance de la liste lui permettant une complète liberté de ton.
La liste constituait de ce fait un endroit non hiérarchique où la communication se révèle horizontale entre personnes de toutes origines et de toutes catégories.

D’autres listes existent :
La liste ADBS info est gérée par les permanents de l’association.
ADBU forum comporte 230 inscrits.
Les listes ADBDP et ADBGV sont des lieux de questions-réponses.
Discothécaires.fr est modérée et spécialisée sur le domaine musical.
Bibliopat est une liste spécialisée dans le secteur patrimonial.
Pour l’avenir, il est souhaitable d’éviter de réinventer ce qui existe déjà ailleurs :
Biblofrance
Service de questions réponses en sciences de l’information ouvert par l’ENSSIB

Reste à retrouver un lieu de débats
Le nouveau site portail de l’ABF et plus spécifiquement son espace d’expérimentation « Bibliolab » pourrait héberger un tel lieu.
Les éléments de débats pouvant être transmis par mails via une Newsletter automatisée afin de conserver un outil simple et accessible à l’ensemble de la profession.
Thomas Chaimbault exprime également l’intérêt de l’ENSSIB pour l’hébergement d’un outil susceptible de succéder à Biblio-fr.
Il pose également la question des archives de Biblio-fr. Sara Aubry indique que celles-ci resteront accessibles sur Internet même après l’arrêt de la liste.
En conclusion, plusieurs fonctionnalités semblent importantes :
Les annonces d’ offres d’emploi du secteur des sciences de l’information
Les annonces légales (lancement de marchés publics)
La communication autour des animations et journées d’étude
Le débat professionnel

L’ABF entend proposer la construction d’un espace ouvert à l’ensemble de la communauté professionnelle dans l’état d’esprit « libertaire » qui faisait l’intérêt de Biblio-fr et reprenant essentiellement l’accès aux offres d’emploi et l’espace de débat professionnel considérant que l’outil Calendoc créé par le groupe des bibliothécaires hybrides permet de rassembler l’actualité des journées d’étude et animations.
Elle entend solliciter la DLL afin d’obtenir des crédits lui permettant d’accompagner cette nouvelle charge.

Des représentants de l’association viendront à la réunion du 11 juillet organisée par Sara Aubry et Hervé Le Crosnier dans cet état d’esprit. Sara Aubry indique que dans un esprit déontologique elle-même et Hervé ne souhaitent se prononcer sur aucune des propositions visant à dessiner un successeur à Biblio-fr.

Pour eux, il appartiendra à la communauté des internautes en sciences de l’information de valider par la fréquentation, l’utilisation et la participation telle ou telle proposition. Aux porteurs de solution de démontrer par le « buzz » la pertinence de leur offre.

Jacques Sauteron

Secrétaire général de l’ABF

Publicités

Web TV culture : le film sur le 55ème congrès de l’ABF 2009

Les journalistes du site WebTVcuture ont filmé le congrès ABF 2009

Vous pouvez voir tous les films en cliquant ici

web tv benoit

Sur la photo, le stand « Bibliolab » du groupe ABF bibliothèques Hybrides. Le jeune homme qui aide la jeune femme se nomme Benoît et il a développé avec trois étudiants de la licence RTAI de l’Université de Toulouse, le site ABF : bibliolab.fr qui ouvrira le 26 septembre.

A bientôt

Motion sur les médiathèques pénitentiaires

Cette motion a été adoptée lors de l’Assemblée Générale de l’ABF le 12 juin à Paris :

Les personnes incarcérées ont le droit, comme tous les citoyens, de bénéficier des services de la bibliothèque publique dans des conditions d’égalité d’accès et de libre occupation des espaces comparables aux personnes non emprisonnées.

Les pouvoirs publics doivent donc prévoir dans les constructions nouvelles ou dans les aménagements de structures anciennes des établissements pénitentiaires des médiathèques qui permettent aux personnes détenues de connaitre effectivement les bienfaits de la formation, de l’information, de la vie culturelle.

L’Association des bibliothécaires de France s’adresse aux responsables du Ministère de la Justice et du Ministère de la Culture et de la Communication pour qu’ils prennent en considération les études réalisées par les institutions ayant développé des expertises en la matière – comme l’IFLA – afin que les médiathèques des établissements pénitentiaires deviennent des lieux aux architectures pertinentes permettant de jeter les bases de la réinsertion sociale de chaque citoyen sous main de justice.

Motion sur la liberté d’expression

L’Assemblée Générale de l’ABF a adopté le 12 juin 2009 la motion suivante :


Au fondement des pratiques professionnelles à l’œuvre au sein des bibliothèques publiques, la liberté d’expression doit être défendue de manière opiniâtre, partout où elle est remise en cause, tant elle est garante d’un accès citoyen à la culture, à l’information et au débat.

Ses remises en causes récentes dans le cadre de l’affaire dite de Tarnac, impliquant notamment des éditeurs, amènent l’Association des bibliothécaires de France à exprimer sa réprobation et son inquiétude :

– Le 9 avril 2009, Eric Hazan, directeur des éditions La Fabrique, a été convoqué par la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT) dans le cadre de l’enquête sur le sabotage de lignes SNCF, au motif qu’il a publié un ouvrage en 2007 (L’insurrection qui vient) dont les enquêteurs attribuent la paternité à Julien Coupat, mis en examen le 11 novembre 2008 pour « direction d’une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste ».

– Le 18 mai 2009, Héléna Autexier, Samuel Autexier (responsables de la revue Marginales éditée un temps par les éditions Agone), Johanna Bouchardeau et François Bouchardeau (responsables des éditions HB) ont été arrêtés à leur domicile et placés en garde à vue à Marseille. Motif : avoir diffusé un tract « considéré comme une menace pour le directeur central du renseignement intérieur », lors d’une journée organisée en soutien aux personnes incarcérées dans l’affaire de Tarnac, le 8 mai dernier.

Face à de tels procédés, l’Association des bibliothécaires de France réitère sa vision de l’édition comme un espace de liberté, et dénonce ces atteintes à la liberté d’expression au nom d’une conception dévoyée de la lutte contre le terrorisme. Elle apporte tout son soutien à ces éditeurs engagés dans la critique sociale – fût-elle radicale – et incite tous ses membres à une vigilance accrue devant ce type d’attaques.

Paris, le 12 juin 2009

Proposition de modification du règlement intérieur, adoptée lors de l’AG ABF 2009

Afin de lever toute ambiguité, et dans un souci de renforcement de la démocratie interne à l’association, le conseil national propose avant le déroulement des prochaines élections au sein de l’association qu’il soit procédé à la modification suivante du règlement intérieur :

Article 8 actuel

Au sein de l’association, au niveau national, sont créés des groupes de travail et des commissions se rapportant aux objectifs de l’association. Ils ont pour mission de prendre en charge les études correspondantes, de mettre en œuvre des actions spécifiques, de conseiller l’association dans leur domaine de compétence et de constituer au plan national des pôles d’expertise permettant à l’association de faire valoir ses compétences dans différentes instances. Ils permettent également de réunir des membres exerçant leur activité dans un même secteur spécialisé. Les groupes de travail sont mis en place par le conseil national, sur proposition du bureau ou d’un groupe d’adhérents, sur présentation d’un projet et d’un budget prévisionnel. Le conseil national valide le choix de leur responsable et leurs objectifs, en leur attribuant éventuellement un budget. Il est compétent pour mettre fin à leur activité.

Les groupes de travail sont tenus de faire un rapport d’activités et un rapport financier annuel, que leurs responsables présentent au conseil national, selon le même calendrier que les groupes régionaux. Ces rapports sont intégrés dans le rapport moral présenté à l’assemblée générale. Comme les groupes régionaux, les groupes de travail ne disposent pas d’une personnalité juridique distincte de celle de l’association. Les responsables des groupes de travail assistent au conseil national avec voix consultative sur invitation.

 

Proposition de nouvelle rédaction

 Article 8

Au sein de l’association, au niveau national, sont créés des groupes de travail et des commissions se rapportant aux objectifs de l’association. Ils ont pour mission de prendre en charge les études correspondantes, de mettre en œuvre des actions spécifiques, de conseiller l’association dans leur domaine de compétence et de constituer au plan national des pôles d’expertise permettant à l’association de faire valoir ses compétences dans différentes instances. Ils permettent également de réunir des membres exerçant leur activité dans un même secteur spécialisé. Les groupes de travail sont mis en place par le conseil national, sur proposition du bureau ou d’un groupe d’adhérents, sur présentation d’un projet et d’un budget prévisionnel. Le conseil national valide le choix de leur responsable et leurs objectifs, en leur attribuant éventuellement un budget. Il est compétent pour mettre fin à leur activité.

[Additif proposé] De ce fait, la durée du mandat des pilotes de ces groupes de travail est identique à celle du Conseil National élu par les adhérents de l’association. Le renouvellement triennal des instances élues entraîne de facto le renouvellement des groupes et commissions et de leurs pilotes respectifs.[Fin de l’additif]

Les groupes de travail sont tenus de faire un rapport d’activités et un rapport financier annuel, que leurs responsables présentent au conseil national, selon le même calendrier que les groupes régionaux. Ces rapports sont intégrés dans le rapport moral présenté à l’assemblée générale. Comme les groupes régionaux, les groupes de travail ne disposent pas d’une personnalité juridique distincte de celle de l’association. Les responsables des groupes de travail assistent au conseil national avec voix consultative sur invitation.

En débat : Bibliothécaire : un métier de service public (texte proposé à la discussion)

Faute de temps, ce texte n’a pu être soumis à l’appréciation des adhérents lors de l’AG de notre association. Il a été rédigé lors du séminaire de Nancy en janvier 2009 par les membres du Conseil National de l’ABF :

Bibliothécaire : un métier de service public

Texte proposé à la discussion

 

Quelque soit leur statut, qu’ils travaillent en milieu urbain ou rural, au sein d’une université, d’un grand établissement, d’un service de santé ou d’une entreprise, les bibliothécaires exercent un métier de service public. Ils remplissent une mission de médiation, socialement reconnue, entre les collections qu’ils constituent et qu’ils rendent accessibles, les services qu’ils proposent et les différents publics.

Evolution de la profession

 Le métier :

Les bibliothécaires se doivent d’être attentifs aux évolutions de la société dans laquelle ils exercent leur métier et aux transformations nécessaires des établissements dans lesquels ils travaillent. Les équipes des bibliothèques s’enrichissent en accueillant de nouveaux professionnels : informaticiens, animateurs, médiateurs, spécialistes de l’administration et de l’action culturelle. Notre association récuse le corporatisme.

Pour étendre leurs horaires d’ouverture et diversifier leurs services, beaucoup de bibliothèques recrutent et forment des vacataires : tout en demeurant vigilants sur la nécessaire professionnalisation des établissements et sur les garanties statutaires qui l’accompagnent, les bibliothécaires réunis au sein de l’ABF considèrent de leur responsabilité d’accueillir et de former vacataires et stagiaires.

L’ABF souhaite encourager des formes de management participatif au sein des établissements qui privilégient la concertation et le partage des compétences de chacun.

A travers la réforme de sa formation d’auxiliaire de bibliothèque, l’ABF veut donner une image renouvelée du métier de bibliothécaire. Dans cette perspective, notre association réaffirme que la formation continue constitue pour chaque bibliothécaire une obligation essentielle dans nos règles déontologiques.

 

Le bibliothécaire et les publics :

Un nombre croissant d’usagers des bibliothèques leur adresse une demande de service public qui dépasse leurs missions traditionnelles. Il est essentiel de prêter attention à ces demandes :

renseignements de type social, accompagnement dans la recherche d’emploi, demande d’autoformation, assistance informatique. Nous devons y répondre en partenariat avec l’ensemble des administrations et des associations compétentes.

L’organisation des espaces à l’intérieur des bâtiments, en particulier des espaces consacrés à l’accueil des publics, doit toujours être pensée en fonction des différents publics accueillis. Les bâtiments et les services des bibliothèques doivent être accueillants pour les personnes handicapées.

Les bibliothécaires ne se réfugient plus derrière un guichet, mais sont largement disponibles, éventuellement repérables par un signe distinctif (badge non nominatif, par exemple) et facilement mobiles à travers les espaces pour accompagner les publics.

Le temps consacré à la présence face aux publics (dans les locaux ou en ligne) constitue un élément essentiel de l’activité des bibliothécaires et ne saurait jamais être inférieur au tiers de leur emploi du temps.

Des bibliothèques accessibles

Par la conjonction de moyens humains pertinents, de la conception des espaces, du développement des services en ligne et de la volonté des bibliothécaires, les bibliothèques françaises doivent être désormais largement ouvertes tout au long de la semaine et de l’année à tous les publics : leurs horaires d’ouverture doivent être augmentés.

Dans cet esprit, nous disons oui à l’ouverture des bibliothèques le dimanche, parce que les bibliothèques sont des institutions culturelles comme les musées, les théâtres, les lieux du spectacle vivant, parce que, à l’expérience, cette ouverture rend les bibliothèques accessibles à des publics nouveaux. Oui à l’ouverture du dimanche, si elle est pertinente dans un lieu donné. Non, à l’idée selon laquelle le dimanche serait, pour ceux qui travaillent ce jour-là, un jour comme un autre. Les compensations proposées doivent être à la hauteur de l’effort demandé aux bibliothécaires.

Nous souhaitons que la future loi sur les bibliothèques l’affirme : le prêt des documents dans les bibliothèques doit être gratuit pour tous. Il s’agit d’un service de base aussi essentiel que l’école. Le partage de la culture et de l’information et le soutien au développement de la lecture sont des causes nationales.

Il faut donc mettre fin aux formalités administratives discriminantes et dissuasives et faire tomber les barrières tarifaires entre communes et entre établissements.

Il faut encourager les bibliothèques qui prêtent leurs documents en nombre illimité.

 

 

 

 

En débat : Plate-forme préparatoire à une loi sur les bibliothèques (juin 2009)

Faute de temps, le texte qui suit n’a pu être soumis à l’appréciation des adhérents. Le Bureau National vous le soumet :

Les bibliothèques ou médiathèques publiques tiennent une place essentielle dans la vie intellectuelle, culturelle, éducative et sociale de notre pays.

Comme les musées et les services d’archives dans leurs domaines respectifs, elles remplissent, pour un certain nombre d’entre elles, une fonction patrimoniale et contribuent à la conservation, à la diffusion et à la valorisation de la mémoire nationale et locale.

Elles diffusent largement à tous les publics la production éditoriale nationale, locale et étrangère, tant pour l’imprimé que pour l’image ou la musique.

Elles accompagnent les citoyens dans leur information et leur formation tout au long de la vie, en liaison avec les structures des enseignements élémentaires, secondaires et supérieurs, et plus généralement avec toutes les organisations oeuvrant dans le secteur de l’éducation non formelle.

Elles proposent à leurs usagers d’importants programmes d’action culturelle et favorisent l’organisation de débats d’idées et la rencontre de créateurs et d’intellectuels.

Elles utilisent pour l’ensemble de leurs missions toutes les ressources technologiques disponibles et proposent par l’intermédiaire de leurs propres sites web ou de ceux de leurs collectivités un large éventail de services en ligne. Elles offrent, pour la plupart, dans leurs espaces un large accès à Internet et contribuent à la réduction de la « fracture numérique » en proposant assistance et formation à tous les usagers.

Elles vont à la rencontre de tous les publics, dans l’enceinte de leurs locaux comme « hors-les-murs » et développent ainsi des services spécifiques à l’intention des personnes handicapées ou malades, des populations en situation d’exclusion sociale et des personnes emprisonnées.

Pour que les bibliothèques continuent à remplir ces missions, pour qu’elles développent leur action et leurs services, pour que leur légitimité soit réaffirmée dans l’espace public, l’Association des bibliothécaires de France demande qu’un texte législatif spécifique (à l’instar de la loi-musées ou de la loi-archives) soit mis à l’étude et préparé par les pouvoirs publics (Etat, collectivités territoriales et universités) en liaison avec les associations professionnelles.

Ce texte devra apporter, dans le respect de la libre administration des collectivités territoriales et de l’autonomie des universités, des réponses claires, en particulier sur les points suivants :

* La participation de l’Etat à la vie des bibliothèques publiques : mise à disposition de personnel d’Etat, propriété des fonds patrimoniaux, évolution de la dotation générale de décentralisation, contrôle technique de l’Inspection générale des bibliothèques.
* La place respective des régions, des départements, des intercommunalités et des communes dans la mise en réseau et le fonctionnement des bibliothèques sur tout le territoire.
* La professionnalisation de l’encadrement et du personnel des différents établissements : création d’un généralat pour les conservateurs territoriaux, liberté de création par chaque collectivité des emplois de conservateur en chef, l’obligation de présence de conservateurs à la tête des bibliothèques les plus importantes et d’une proportion d’au moins 50 % d’emplois qualifiés dans tous les établissements.
* Les conditions d’accès aux bibliothèques : gratuité du prêt, extension des horaires d’ouverture, facilités de circulation du public entre bibliothèques de collectivités différentes, passerelles entre bibliothèques des collectivités territoriales et bibliothèques de l’enseignement supérieur.
* L’attention portée au maintien et au développement d’une offre de ressources numériques largement accessibles dans le respect du droit d’auteur.

Cet ensemble de dispositions devrait conduire à la création de labels nouveaux de niveau national, régional et départemental en fonction de critères précis : qualité et importance des collections, horaires d’ouverture, niveau des budgets d’acquisition, niveau de l’encadrement professionnel, intégration dans les réseaux nationaux, régionaux et départementaux.

L’ABF demande la création d’une Fondation nationale pour les bibliothèques qui permette de regrouper et de répartir des moyens, en provenance notamment du mécénat privé, pour soutenir les actions innovantes de toutes les catégories de bibliothèques.

L’ABF souhaite travailler à la préparation de cette loi avec les autres associations professionnelles. Les textes récents concernant les bibliothèques des universités et la politique nationale de l’information scientifique et technique élaborés par l’ADBU, Couperin et l’AURA fournissent un point de départ pour cette coopération.
L’action menée par l’IABD dans le domaine de la veille juridique devra être capitalisée dans le cadre de cette réflexion commune.

Motion contre la censure

L’Assemblée Générale de l’ABF du 12 juin 2009 a adopté la motion suivante :

La ville de Paris a demandé aux médiathèques municipales de retirer des bacs le dernier disque du rappeur Orelsan. Cette décision semble être la conséquence d’une polémique publique à propos d’un clip de ce chanteur réalisé il y a quelques temps, dont les paroles ont un caractère particulièrement dégradant pour l’image de la femme.
L’ABF exprime très fermement sa désapprobation devant ce cas de censure caractérisé, puisque l’œuvre incriminée ne tombe pas sous le coup de la loi, et réaffirme son opposition aux interventions politiques visant à empêcher la diffusion de la culture et de la création, notamment au sein des bibliothèques.

Atelier 8 : accessibilité des territoires numériques ou comment devenir un crapaud fou !

Alors que les bibliothèques veulent se mettre à l’heure du web 2.0 les relations entre bibliothécaires et  leurs services informatiques ne sont pas toujours au beau fixe.

Cet atelier réunissait  bibliothécaires et directeurs informatiques autour de la problématique adéquation entre les besoins des bibliothécaires d’accéder à toutes les ressources de l’Internet pour remplir leurs missions d’information et de partage auprès de leurs publics et les accès souvent bloqués pour des raisons de sécurité par les services informatiques de leurs collectivités.

En effet, comment concilier les légitimes stratégies de sécurité des réseaux et des données que mettent en œuvre les directions informatiques des collectivités et la souplesse nécessaire à l’usage de ces nouveaux outils ?

Franck Queyraud, en présentant les différents intervenants,  salue pour leur  courage,  Gaëtan Rouyer, chef de projet à la DSI du Conseil Général du HautRhin,  et Alexandre Garcia, responsable de l’antenne informatique des bibliothèques municipales et des écoles de la Ville de Limoges,  d’avoir accepté de se retrouver  face à une assemblée de bibliothécaires.

Lionel Dujol, Responsable Département Multimédia de Romans sur Isère et membre du groupe « ABF bibliothèques Hybrides », en admirable conteur,  commence par mettre en avant, à travers l’histoire savoureuse de la théorie du  crapaud fou, les qualités parfois  nécessaires au bibliothécaire pour accéder à la planète web : un zeste de folie, un zeste d’inventivité et un léger soupçon  d’insubordination …

« Les crapauds fous ce sont ces batraciens qui, en suivant une direction différente du reste du groupe lors des périodes de reproduction, risquent une fin certaine Mais ce sont ces mêmes crapauds qui, allant dans une mauvaise direction, explorent de nouveaux territoires, assurant parfois la survie de l’espèce

Chez les humains, on observe parfois des comportements comparables : Christophe Colomb, Léonard de Vinci, Newton, n’ont-ils pas été considérés comme fous par leurs contemporains parce qu’ils semblaient prendre la « mauvaise direction » ? En réalité, ils ont ouvert à l’humanité des voies nouvelles qui lui ont permis de progresser et peut-être de survivre à ses erreurs ».(source :  Pierre de la Coste)

Voir aussi le billet de Lionel sur son crapoblog : « La bibliothèque apprivoisée »

Puis après avoir incité les bibliothécaires à devenir à leur tour  des crapauds fous, Lionel Dujol  donne quelques  exemples concrets de ces contenus de bibliothèques disséminés sur le web et encore trop souvent  inaccessibles.

– la bibliothèque  de Brest et  sa  démothèque musicale  qui propose d’entrer en contact avec les artistes locaux via l’outil myspace. Si, je tape myspace: couac

– celle de Toulouse  qui est sur facebook  pour annoncer de nombreux évènements… si je tape facebook :  re-couac

– Certaines  bibliothèques ont mis des tutoriels ou des conférences sur video : il manque les plug- in nécessaires pour les lire et leur  installation m’est  interdite

D’autres exemples de contenus inaccessibles :  cyberlibris, deezer…

Retour à la mission classique du bibliothécaire, celle d’accompagner et d’aider l’usager en lui apportant un esprit critique.

Dans un espace multimedia, celui-ci a accès a ces nouveaux outils qu’il ne maîtrise pas toujours. Le bibliothécaire aimerait  alors jouer le rôle du super héros qui contrôle tout et se retrouve bien souvent dans la peau d’un héros du siècle passé.

Cependant  si nous rencontrons autant de difficultés à nous faire comprendre par nos services informatiques c’est sans doute que nous ne savons pas leur expliquer nos besoins.

Gaetan  Rouyer, chef de projet à la DSI du Conseil Général du HautRhin, intervient à son tour pour  faire le point sur les relations entre bibliothécaires et services informatiques et  affirmer qu’il est incontestable de pouvoir donner de l’information aux usagers qu’elle que soit sa forme.

Alors  pourquoi tant de restrictions ?

-L’ Informatique au quotidien c’est :

 un parc existant de matériel :  PC, serveurs etc.. à faire fonctionner

un parc de logiciels dont le taux de disponibilité attendu est de 100%

des interactions à gérer

une protection à assurer  contre les risques: externes et internes (stabilité du réseau et conflits entre les applications : installer la dernière version de Real Player peut engendrer une incompatibilité)

les mises à jour des postes de travail

l’installation des nouveaux logiciels et la mise à jour des existants

Si plusieurs personnes regardent des videos en même temps, la connexion adsl est réduite

Tester l’ensemble des applications avant installation

Gestion des failles de sécurité :  parmi les petits logiciels gratuits beaucoup sont malveillants

La politique de sécurité  est donc  mise en place pour éviter ces mésaventures.

La Dsi reste le garant du système de tous et doit cependant accompagner les utilisateurs dans leurs projets en suivant les évolutions rapides des nouvelles technologies.

C’est pourquoi les bibliothécaires doivent avoir une demande forte et  un projet construit.

L’idéal étant d’avoir un chef de projet  qui soit l’interface entre le demandeur (bibliothécaire) et la direction des services  informatiques.

Il cite en exemple le projet de portail de lecture publique du Haut Rhin (w.calice68.fr) qui a pu voir le jour  après une étude préalable des choix informatiques les plus judicieux à faire en fonction des besoins spécifiques évoqués.

Alexandre Garcia , responsable de l’antenne informatique des bibliothèques municipales et des écoles de la Ville de Limoges, explique que grâce à une organisation différente, les relations sont plus faciles :

La DSI civile a en charge les réseaux, tandis que la BFM a un réseau spécifique  et ses propres serveurs .

4 réseaux différents à la bibliothèque : 1 pour les professionnels, 1 pour les espaces publics numériques, 1 pour le WiFI, 1 pour les OPAC

et des réseaux fibre optique en interne dans toutes les bibliothèques y compris les annexes.

« Le réseau de la bibliothèque peut planter, le reste de la ville ne s’en apercevra pas », ce qui n’est pas les cas dans la plupart des municipalités .

L’atout principal est la proximité du service informatique .

Cependant, des problèmes subsistent comme l’impossibilité d’ accéder à certains sites hébergés avec d’autres sites qui sont sur listes noires .

 

Une discussion s’engage avec les participants autour du manque flagrant  de communication entre DSI et bibliothécaires.

Lionel Dujol reprend l’idée du « porteur de projet » qui serait une sorte de « modem » entre ces deux interlocuteurs.

La dernière intervention, celle de Christine Perrichon, directrice de la lecture publique à la BDP du Cher, apporte une bouffée d’espoir et de bonne humeur en présentant le projet Chermedia qui est une parfaite illustration de ce que peuvent faire des bibliothécaires qui appliquent la théorie du crapaud fou.

L’idée est venue du besoin de créer un outil de partage d’expression et d’accompagnement à la maîtrise des outils du web pour tous les dépositaires du département.

Et « comme pour comprendre, il faut faire ». Ils ont fait, malgré le manque de moyens, de temps et en bravant quelques interdictions, un site où chacun peut apporter sa pierre à l’édifice commun.

Leur blog est consulté dans 107 pays et a 170 contributeurs.

Il y a un rédacteur en chef par rubrique et une fois par mois, tous les dépositaires se retrouvent pour une réunion de travail.

Des progrès énormes ont été réalisés par tous dans l’appropriation des savoirs numériques depuis la création du portail.

Lionel Dujol souligne que la question du temps est très importante , et qu’à Romans sur Isère, on a inscrit le temps consacré à la rédaction de contenu dans le profil de poste de chacun.

En conclusion , Franck Queyraud rappelle que le web est collaboratif et inscriptible . Les enfants qui sont des digital natives sont en plein dedans et les bibliothécaires que nous sommes ne  peuvent pas se contenter de les regarder faire .

D’où l’importance de se former , d’avoir accès sans restriction aux outils.

Une solution serait peut-être  de se faire inviter en tant que bibliothécaires dans les  clubs  des DSI et autres journées d’études pour entamer un dialogue élargi pour expliquer notre travail et nos besoins « professionnels ».

Les hybrides seront au congrès de l’ABF et annoncent le Bibliolab !

Juste un petit billet pour annoncer que le groupe bibliothèques hybrides de l’ABF sera sur le stand de l’ABF au Congrès annuel qui se tiendra à Paris du 11 au 14 Juin (stand A2).

Au programme : démonstrations, explications et rencontres avec les membres du groupe qui seront sur le stand. Nous nous chargerons également de faire des comptes rendus d’ateliers et de conférences sur le blog du Congrès, notamment par la diffusion des supports des intervenants. Nous alimenterons également un Twitter que vous pouvez suivre ici et retrouver dans la colonne de droite du blog du Congrès.

A l’heure où l’on s’interroge que les outils de partage en information documentation, nous aurons le plaisir de faire des démonstration du futur Bibliolab pour les congressistes qui passeront sur le stand. Pour les autres, le lancement officiel est prévu en Septembre prochain, probablement à l’occasion du Bookcamp. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche voici ce dont il s’agit :

Issu d’une idée de Xavier Galaup, le Bibliolab est une plateforme animée par le groupe Bibliothèques Hybrides et qui constituera une partie du nouveau portail ABF. Il est consacré au numérique, aux TIC et s’articule autour de 3 objectifs :

  • Informer : grâce à des articles sur différentes thématiques
  • Former : grâce à la mise à disposition de tutoriels sur les applications proposées sur le Bibliolab mais aussi sur d’autres services
  • Expérimenter : grâce aux applications proposées sur le Bibliolab :
    • Se créer et utiliser un blog
    • Se créer et utiliser un agrégateur

Le Bibliolab mettra aussi en avant différentes ressources liées au groupe Bibliothèques Hybrides et à ses membres telles que :

Alors rendez-vous au congrès ou sur son blog bande de bibliothécaires !