Le Congrès de l’ABF 2008

“Outils Web 2.0 en bibliothèque : manuel pratique”, sortie en Octobre 2008 !

juin 26, 2008 · Pas de commentaire

PUB

Le prochain numéro (le n° 10) de la collection Médiathèmes de l’ABF sortira en Octobre 2008.

Il s’intitule : Outils web 2.0 en bibliothèque : manuel pratique / sous la direction de Jacques Sauteron (Bibliothèque d’étude et d’information de Cergy-Pontoise, secrétaire général de l’ABF) et de Franck Queyraud (Médiathèque de Saint-Raphaël)

Les outils du web 2.0 ont surgi en bibliothèque : enthousiasme des uns, dépit des autres, interrogations de la plupart… Quels sont-ils ? Que sont-ils ? A quoi servent-ils ? Comment faire ? Qu’en attendre ? Convaincus ou sceptiques, vous auriez envie d’apprendre et de faire, mais…
Des bibliothécaires praticiens avertis apportent les réponses concrètes que vous attendiez, en partant des réalités du métier, et vous accompagnent pas à pas dans la découverte et l’appropriation de ces nouveaux outils.
Vous pourrez, par exemple, en suivant simplement les indications : créer votre outil de veille d’information ; réaliser le podcast de la dernière conférence de votre médiathèque ; créer vos premiers blogs ou wikis…
Enfin, avantages et limites de ces outils sont évalués au cas par cas.

Ce manuel s’adresse à tous les bibliothécaires en poste ou en formation, mais nous avons surtout pensé à ceux qui estiment ne pas avoir la fibre informatique…

.

SOMMAIRE :

Avant-propos
Les nouveaux outils et services

Les outils
■ Internet et protocole http, Dominique Lahary
■ Les fils RSS, Franck Queyraud
■ Les blogs, Lionel Dujol
■ Les wikis, David Liziard

Les services
■ Les podcasts, Xavier Galaup
■ La VOD, René Phalippou
■ Les bases de données numériques, Isabelle Antonutti

Du SIGB au portail de bibliothèque, Christophe Péralès et Jacques Sauteron

Conclusion par Hervé Le Crosnier

Index, bibliographie, sitographie

Collection Médiathèmes n°10
ISBN : 998-2-900177-31-0
Diffusé par l’ABIS
Prix : 28 €
Parution : octobre 2008

.

→ No CommentsCatégories : OUVRAGES
Taggé: , ,

Table ronde avec les représentants des institutions

juin 25, 2008 · Pas de commentaire

Laurence Santantonios (modératrice)

Benoît Yvert, DLL

La DLL doit se recentrer sur ses fondamentaux stratégiques.

Des décisions ont été prises, elles vont permettre de poursuivre une mutation en profondeur voulue par la mission Livre 2010.

Il faut un renouveau de la politique de lecture publique à l’heure du numérique : risque de fracture numérique, réponses à distance, etc.

Michel Marian, Sous-directeur des bibliothèques et de l’information scientifique (MENESR)

Orientations de 2007 (LRU) restent d’actualité : importance de la compétitivité de la recherche dans le paysage international (lier le travail des universités et des organismes de recherche), incitation au regroupement entre les établissements (coordination plus dense en pôles de recherche et d’enseignement supérieur, PRES).

Mise en œuvre d’un chantier qui va durer au moins 4 ans, jusqu’en 2012.

La loi va changer la gouvernance des universités au plan local, elle s’accompagne d’un soutien à l’enseignement supérieur (15 milliards d’euros). Ces moyens sont donnés pour se rapprocher d’autres pays.

Pour les bibliothèques, l’importance du lien avec la recherche et accueil des étudiants est prise en compte dans le cadre du plan «  Réussir en licence » (allongement des horaires d’ouverture notamment).

Daniel Renoult, doyen de l’IGB

Présentation des différentes missions et les rapports de l’IGB :

- mission sur la mise à disposition des conservateurs d’état dans les BMC : le rapport est en ligne.

- rapport sur les horaires d’ouverture : en ligne.

- rapport sur la filière bibliothèques d’état (6.000 agents), étude sur les fonctions de direction dans les SCD, étude sur l’articulation (ou pas) entre la politique de recherche et la politique documentaire, étude comparative sur l’évaluation des BU (je ne suis pas sure d’avoir bien noté !), étude sur le concours de BAS (idem), étude sur la situation des bibliothécaires stagiaires.

Alain Rouxel (FNCC)

Fédération de collectivités territoriales

Les collectivités sont de toutes tailles et cette organisation fonctionne sur une base pluraliste et sur une base paritaire.

Réactivation du conseil des collectivités territoriales pour l’activité culturelle.

Le rapport d’activité annuel est en cours d’impression, il sera bientôt en ligne :

- questions autour du spectacle vivant, des enseignements artistiques, du numérique, du prix unique,

- question de l’observation et de l’évaluation,
- question de la réforme de l’Etat avec la réorganisation du ministère.

Questions

A Michel Marian

La révision générale des politiques publiques (RGPP) concerne l’ensemble des ministères. Un comité a abordé la question de l’enseignement supérieur et de la recherche. La loi LRU constitue une spécificité dans le cadre de la RGPP, il s’agit de les faire coïncider d’où l’importance de l’évaluation.

L’évaluation de la gestion va être mise en place, elle est différente de l’évaluation de la recherche.

Le CNRS va désormais piloter certains instituts, l’INSERM en pilotera d’autres.

La réflexion menée doit prendre en compte l’ensemble de ces données.

La sous-direction des bibliothèques va-t-elle être maintenue ?

Des orientations mais pas encore de décision. Le ministère de la culture a eu à faire face à une RGPP pure et il doit encore replacer certains éléments dans la problématique RGPP.

Les élus ne sont-ils pas inquiets des mesures votées (plus d’aides aux bibliothèques, etc.) ?

Alain Rouxel

La rétractation des aides de l’état suscite l’inquiétude.

Heures d’ouverture : les élus sont sur la même longueur d’onde que le rapport Livre 2010 mais se pose des questions en terme de financement et en termes sociaux.

Réaction de la fédération concernant les amendements : communiqué sur le prix unique du livre. Se sont associés à l’Association des départements de France.

Ils sont demandeurs d’un soutien plus actif concernant les libraires et les éditeurs. Ont été satisfaits des avancées du ministère.

Benoît Yvert

Sur la même question

Le ministère de la culture a communiqué sur le sujet. Il a proposé que la loi Lang soit rendue aussi transparente que possible pour prouver sa qualité.

Budget : aide aux libraires multipliée par 5, numérique : 10 millions d’euros.

La DLL est maintenue. Elle va être articulée autour de pôles mission : patrimoine et nouvelles technologies, lecture publique, économie du livre, affaires territoriales. Elle s’appuie sur un conseil du livre et sur un certain nombre d’enquêtes. Le conseil aura des moyens grâce à des observatoires qui seront ses bras armés.

Michel Marian

Sur la même question

Deux orientations politiques : la bibliothèque doit servir à la réussite des étudiants. Inauguration de la bibliothèque des Grands Moulins, fleuron du plan U3M. Nécessaire à l’activité de l’université. Recrutement de moniteurs favorise la réussite de ces étudiants salariés.

Outil documentaire au service de l’information scientifique et technique : accès à l’information, à la diffusion, à l’édition.

Laurence Santantonios : manque de moyens pour la belle bibliothèque des Grands Moulins, distorsion entre les discours et la réalité ? Elle devait ouvrir 60h, or elle en est à 45h.

60h représentent une moyenne.

2011 : moyenne hebdomadaire devrait être de 65h.

Grands Moulins : le déficit d’emploi à Paris VII n’a pas pu être résorbé à temps.

Gilles Eboli

Rôle des conservateurs d’état en région, que va devenir la somme qui est affectée pour eux ?

Loi sur les bibliothèques, quel sera le premier rendez-vous pour l’élaboration de la loi ?

Benoît Yvert

Conservateurs d’état : système qui ne fonctionnait pas. Le ministère cherche à obtenir une meilleure articulation pour que les missions d’état soient menées à bien. La question des moyens est une incidence.

La loi sur les bibliothèques ne figure pas dans le plan livre mais ça ne s’interdit pas de reposer la question dans le cadre du conseil.

Daniel Renoult

Le rapport a été envoyé à toutes les municipalités concernées.

6 hypothèses de travail étaient présentées, la ministre a arbitré en portant son choix sur l’une d’elles.

→ No CommentsCatégories : Uncategorized

Le multimédia buissonnier par Anne-Isabelle Vignaud

juin 24, 2008 · Pas de commentaire

Anne-Isabelle Vignaud, Directrice du centre culturel Saint-Exupéry (Reims) est intervenue sur l’atelier : “Des ordis, pour quoi faire ?” vendredi 13 juin. Elle nous a confiée un texte qui décrit la démarche menée avec son équipe pour initier ses publics aux TIC. Elle nous a aussi montré des films qui ont illustré merveilleusement la démarche suivie.

Voir aussi le billet sur cet atelier.

Place au texte :

Initiation aux Technologies de l’Information et de la Communication

Le multimédia buissonnier*

Témoignages sur les ateliers conduits par l’espace culture multimédia du centre Saint-Exupéry de Reims

« Lire en Fête 2004 »… L’enseigne est calligraphiée avec un simple fil de laine rouge, déposée sur la scène de théâtre de la Salle Commune du Chemin Vert à Reims. Cette écriture charmante et précaire donne le ton du parcours multimédia ludique et sensoriel, proposé aux apprenants en situation d’illettrisme et aux encadrants participant au Festival de l’Ecrit1 organisé par Initiales.

Un parcours musical, visuel, doux, gustatif

Des écrans de calques suspendus par des pinces à linge, des ordinateurs posés à même le sol, de grands coussins rouges à partager, une pénombre chaude et colorée traversée par l’abécédaire animalier multimédia de Kvéta Pakowskà, des caméras rondes et légères comme des madeleines pour lire des mots cachés, élaborer une image, filmer, se filmer …

Le parcours est musical, visuel, doux, gustatif. Le visiteur plonge une Webcam à l’intérieur d’un globe luminaire urbain ; il faut cet œil numérique pour lire dans l’étrange boule de cristal. L’image captée, diffusée sur un écran d’ordinateur à proximité, révèle les textes édités pour le Festival de l’Ecrit « Au marché de Kinshasa » ; « J’ai décidé d’apprendre à lire » ; « Le vent » ; « Je suis un arbre »… La relation entre le public et l’ordinateur se construit dans cette connivence-là ; le parcours recèle des fragments de l’histoire de chacun.

Un peu plus loin, les mots s’écrivent en pâtes à potage : les contours imprécis des pâtes nous égarent dans un paysage numérique où la lettre est un tronc d’arbre, un rocher…

Quelques pas de plus et l’on joue à deux. L’un choisit un mot, une onomatopée détachable à présenter dans la lumière ; l’autre filme, visite les syllabes, découvre qu’un mot peut en cacher un autre. Bien souvent la caméra déborde vers la main, le pull-over, l’oreille… On part du mot, on trouve la personne.

Vers les pendrillons côté jardin, le visiteur déniche la source de l’image animée projetée sur l’écran visible dès l’entrée : un ordinateur, une souris, on aborde ici une configuration plus classique. Le cédérom à découvrir est une adaptation multimédia du livre Alphabet2 de l’artiste tchèque Kvetà Pakowskà, un univers coloré et piquant, nourri des influences de Klee, Kandinsky et Sonia Delaunay. Assis sur des poufs, chacun peut voyager à son rythme dans le cédérom et en même temps offrir à tous un témoignage de son chemin musical et plastique, rediffusé à quelques mètres de là. Le parcours s’achève à la porte d’un mini-four laissant s’échapper des mots sablés ; des mots qui nourrissent.

 

Cet univers imaginé spécifiquement pour le Festival de l’Ecrit a été créé par l’équipe pédagogique de l’espace culture multimédia du centre culturel Saint-Exupéry, Clémentine Treu et Leïla Bouanani ainsi qu’Odile Macchi, metteur en scène de la compagnie de théâtre troyenne Si et Seulement Si.

Suite aux repérages réalisés quelques jours auparavant, l’équipe s’est installée la veille pour scénographier l’espace, installer le matériel (6 ordinateurs, 2 visionneuses, 2 projecteurs vidéo…), créer la lumière, penser l’accueil et la circulation des visiteurs. Ce parcours multimédia prend place aux côtés des autres ateliers proposés par les partenaires d’Initiales : calligraphie coréenne, initiation à l’alphabet cunéiforme, atelier d’écriture. Il est pensé comme une mise en appétit pouvant ouvrir sur un cycle d’initiation à l’usage des T.I.C.

 

Monter un petit film en quelques minutes

Quelques semaines plus tard, l’ECM engage un programme avec un groupe de femmes allocataires du Revenu Minimum d’Insertion, accompagnées par une conseillère en économie sociale et familiale du Conseil Général de la Marne. Le groupe travaille sur le thème des cultures de l’Afrique. Plusieurs rencontres sont prévues avec l’ECM pour une initiation aux T.I.C. Le premier rendez-vous aura lieu dans la Maison de Quartier, lieu familier de l’atelier. L’équipe de l’espace culture multimédia vient quelques jours auparavant pour choisir l’emplacement du parcours : une salle longue, pas trop grande, pour créer du contact et de la proximité. Elle sera entièrement pendrillonnée pour assurer une pénombre douce, chaleureuse, propice à valoriser les projections. Les ordinateurs sont posés sur des tables basses, des poufs, des coussins, quelques lampes de chevet sont installées. A l’heure habituelle de l’atelier après le café rituel, le groupe est invité à entrer et est accueilli avec des rondelles de bananes plantains chaudes que l’on a fait frire dans la cuisine de la Maison de quartier. Des images vidéo habillent les murs de motifs de tissus africains, vaste décor dans lequel on peut prendre la pose et se faire photographier seul ou en groupe. Les tissus dessinent des tatouages et des scarifications sur la peau à la manière africaine. A la fin de la séance, un diaporama rapidement monté par l’animatrice projettera le souvenir de ces moments vécus ensemble ; on peut aussi imprimer quelques clichés et repartir avec. L’expérience de la mise en abyme des images, propre aux T.I.C., est ainsi vécue dès la première rencontre.

Plus loin, l’équipe de l’ECM a scanné des croquis réalisés par l’ethnologue Marcel Griaule en 1938 pour décrire les danses des masques africains. En utilisant le logiciel de montage très simple iMovie, les visiteuses montent, image par image, un film de quelques secondes qui met les masques dogons en mouvement.

A côté, on peut visionner de courts portraits d’Africains vivant en France et parlant de ce qui leur manque de l’Afrique : il feuillettent des photos, montrent des objets du quotidien. Ces séquences téléchargées sur le Net ont été réalisées par l’espace culture multimédia Confluences – Regard métis de Paris. Le réseau des 150 espaces culture multimédia français constitue une réserve importante de documents et de matière grise.

Sur une table à quelques mètres sont disposés des objets délicats empruntés aux associations africaines rémoises, masques, jeu d’awalé, poupées, tissus ; on apprend à les éclairer, à les filmer, à les photographier… Chaque visiteuse progresse à son rythme et passe d’un pôle à l’autre comme elle l’entend. Observatrices puis actrices, elles apprennent à manipuler une souris, photographier, filmer, monter une séquence, sélectionner un site favori, imprimer une image.

La charte nationale Net Public

Ces notions seront développées et approfondies par la suite, dans les prochains rendez-vous donnés à l’ECM. Pour les personnes qui le souhaitent, les acquis peuvent être validés en passant le P.I.M. Passeport pour l’Internet et le Multimédia. Le test permet d’évaluer un ensemble de capacités de base dans l’utilisation d’un micro ordinateur connecté à l’Internet, comprenant les opérations de traitement de texte, de courrier électronique et de recherche d’informations sur le Web.

 

Les témoignages de ces deux expériences permettent de faire émerger quelques principes directeurs de notre approche de la médiation des T.I.C.

 

Désolidariser l’ordinateur des enjeux du monde du travail et de l’insertion :

Dans cette approche, l’ordinateur sert à tout, sauf à faire son CV, chercher du travail, remplir sa feuille d’allocation. Nous n’avons pas oublié qu’un des premiers usages imaginés du téléphone fut l’écoute à distance de l’opéra ! Dans les espaces culture multimédia, l’ordinateur est une télévision, un cinéma, une chaîne hifi, une machine à remonter le temps, un baguette magique à ubiquité, une machine à coudre des images et du son…

 

Inventer une motricité autour de l’ordinateur :

La station assise face à l’ordinateur, qui reproduit une situation scolaire ou professionnelle où le corps est le plus souvent contraint à une position socialement définie, est évitée dans nos animations.

Nous créons des parcours dans lesquels chacun peut circuler à son rythme, dans une motricité libre (allongée, à genou, en tailleur, assis au sol, debout…).

Nous faisons aussi découvrir des propositions où l’on peut développer sa motricité dans un espace virtuel, comme dans ce jeu avec Webcam3 qui s’ouvre sur la ville de New-York envahie par des bulles de savon. Le « visiteur » est filmé par la Webcam de son ordinateur et se retrouve « incrusté » dans New-York. Il lève les bras et fait éclater les bulles de savon en les touchant virtuellement avec les mains (il y a des versions plus sportives type volleybeach !). Il est ici et ailleurs en même temps. Son corps réel est augmenté d’un double virtuel.

Une solide recherche documentaire

Souvent conçus « sur mesure » autour des thèmes de travail des groupes partenaires, les parcours font l’objet d’une importante recherche documentaire, qui permet de construire un contenu riche, diversifié, parfois étonnant, qui stimule la curiosité.

Mettre le texte à distance

Dans une premier temps, nous mettons délibérément en valeur les usages associant l’image et le son, moins attendus et plus conviviaux. L’usage du traitement de texte viendra dans un deuxième temps, par une appropriation spontanée et pragmatique, quand il s’agira d’envoyer du courrier électronique, de réaliser un page Web, un site, etc.

Les savoirs de base par la poésie

De nombreux sites d’artistes comme le cielestbleu.com4 de Frédéric Durieu et
Jean-Jacques Birgé, ou flyingpuppet.com5 de Nicolas Clauss, permettent d’apprivoiser la souris en faisant léviter des girafes, voler des licornes, en transformant des roses en derviches tourneurs… Les clics produisent de la musique, des phrases, du contraste. Les déplacements de la souris font apparaître des personnages, transforment la lumière, intervertissent les plans… La contemplation et le jeu avec ces œuvres poétiques introduisent à l’intelligence de l’interactivité et nourrissent l’imaginaire et la curiosité.

Pour les étapes d’apprentissage ultérieures (recherche sur le Web, création de page Web…), l’approche par affinité et complicité se poursuit. Par exemple, lors des premières rencontres, les animateurs de l’atelier créent discrètement un site-mémoire du stage, qui sera découvert par surprise lors de la séance de recherche sur le Web et donnera envie aux stagiaires de continuer l’œuvre amorcée.

S’adresser aux cinq sens

Nous rééquilibrons le côté insaisissable des images virtuelles par une forte présence d’objets associés aux thèmes travaillés. Pour un atelier sur la mémoire familiale, nous avons glané des objets aux puces : boîtes de couture avec écheveaux de soie, rasoir ancien, pipe, lampe à huile, napperons brodés…

Techniquement, ces objets sont appelés à être filmés, photographiés ; affectivement, ils sont des libérateurs de paroles. Ils apportent de surcroît une dimension sensuelle et rassurante de ce que l’on re-connaît. En associant le toucher, le visuel, l’olfactif, le gustatif, nous donnons du corps aux apprentissages et nous ancrons plus profondément les acquis.

Associer les livres

Afin de bien affirmer qu’il n’y a pas opposition entre le livre et l’ordinateur, les livres sont systématiquement présents dans les ateliers : livres d’art, livres d’artistes, essais, bandes dessinées, livres d’images, livres de bibliophilie numérique (à feuilleter avec des gants blancs). Manipulés, scannés, ils servent de base documentaire et prolongent la séance de travail.

Jouer avec l’espace et le temps réel

Le réseau Internet permet d’être ici et ailleurs en même temps : je peux voir le soleil se lever à Melbourne en temps réel, je peux voir à Saint-Ex les Glaneuses de J.F. Millet durant leur exposition au musée des Beaux-Arts de Reims6, je peux relier deux expositions de la plasticienne Dominique Boisjeol à Reims7 et à Vitry-le-François, je peux parler dans mon micro et être entendue à des kilomètres de là…ou dans la salle d’à côté !

L’ordinateur, un miroir qui peut mentir

Dans nos programmes d’initiation pour les tout petits dès 18 mois, les ordinateurs posés au sol sont surmontés d’une Webcam. L’enfant s’avance accompagné d’un parent, il se voit dans l’ordinateur comme dans un miroir, il joue avec son image, prend une photo de sa maman, déclenche l’impression et va chercher sa photo dans l’imprimante. Pour les plus grands, la programmation peut faire mentir le miroir, comme dans l’installation de Miguel Almiron, Anamorphose numérique8, où le visiteur multiplié quarante fois semble onduler dans un univers amniotique avec quelques secondes-lumière de décalage…

Valider les acquis

En parallèle à l’éveil de la sensibilité et de l’imaginaire, il importe pour chacun de valider ses nouvelles connaissances. Le Passeport pour l’Internet et le Multimédia nous paraît un bon outil, auquel on peut se préparer collectivement dans un climat de confiance.

Créer un univers sécurisant

A la bureautique beige et grise, nous préférons les ordinateurs bleu-piscine ou piqués de paquerettes ; au mobilier métal de style technologique, nous préférons le bois patiné par les années. L’espace culture multimédia de Saint-Ex a été scénographié par le décorateur Nicolas Baumann, qui a rassemblé des meubles années 30 pour composer un chez-soi collectif. Ce mobilier « grand-mère » met d’emblée le public à l’aise et contribue à créer les conditions de la confiance et de la complicité.

Quand nous externalisons l’espace multimédia en maison de quartier, en centre social, au musée des Beaux-Arts de Reims, à Saint-Brice-Courcelles pour Jonglissimo, à Mareuil-sur-Aÿ dans un salon des loisirs, nous arrivons avec notre bric-à-brac de tapis, lampes de chevet, notre machine à écrire Oliver 9 de 1894… (on laisse le poêle en fonte à Saint-Ex).

Le temps passé enrichit le vécu présent

Le temps passé à chiner des objets, trouver la documentation, préparer les animations, scénographier l’espace, charger/décharger le matériel… est lisible dans l’animation et le public y est très sensible.

Il y a quelques années, pour la journée de rentrée du Manège-Scène nationale de Reims, une plasticienne avait peint des coussins à la main. Le public pouvait sentir le relief de cette peinture artisanale et prendre la mesure du temps passé à préparer cet évènement, métonymie perceptible du projet de l’équipe du Manège. Le temps passé en préparation donne de l’épaisseur au temps présent vécu. Il a une valeur irremplaçable qui contribue à fonder le contrat de confiance entre l’équipe et les apprenants.

Générosité, engagement, imagination, sont les clés de toute médiation. En amont (ou en parallèle) aux formations qualifiantes, l’ECM Saint-Exupéry propose un multimédia buissonnier, une approche des savoirs librement choisis, l’errance poétique et le tâtonnement expérimental, qui nourrissent des apprentissages profonds, sollicitent la curiosité, génèrent une tension, des appétits et le frisson délicieux d’apprendre et de progresser.

Anne-Isabelle Vignaud, Directrice du centre culturel Saint-Exupéry

* Article paru dans la publication « sur les chemins de l’écrit, initiatives et expériences » mai 2005, n°22, publié par l’association Initiales, Chaumont.

En savoir plus :

Fondé en 1947, le centre culturel Saint-Exupéry de Reims est un espace d’accueil et d’échange dédié aux pratiques artistiques amateurs et professionnelles. Il propose une quarantaine d’activités de pratique artistique amateur.

Depuis 1995, il dispose d’un espace multimédia qui a obtenu le label Espace Culture Multimédia en 2001. Ce label, créé par le ministère de la Culture et de la Communication, est accordé aux établissements conduisant des projets d’initiation aux outils multimédia et de médiation de la culture numérique.Depuis six ans, le centre mène des expériences de médiation des T.I.C avec des publics très divers, de 18 mois à 87 ans, adhérents du centre, enfants des écoles et des collèges, apprenants en situation d’illettrisme, enfants et jeunes adultes à profil psychotique, personnes en parcours d’insertion, personnes sans domicile fixe…


Les notes de l’article :

1 Festival de l’Ecrit 2004

2 Alphabet, d’après Kvétà Pakowskà, par Murielle Lefebvre, Frédéric Durieu, Jean-Jacques Birgé, Denis Eliard, Dada média –éd. Syrinx 1999

3 gamecan, édition Reality Fusion. A l’occasion de la présentation des Glaneuses de Millet au musée des Beaux-Arts de Reims, l’ECM de Saint-Ex et France Telecom ont installé une Webcam face au tableau qui filmait l’œuvre et la diffusait en temps réel au centre culturel Saint-Exupéry et sur le Net (avril-juillet 2002).

4 www.lecielestbleu.com de Frédéric Durieu

5 www.flyingpuppet.com de Nicolas Clauss

6 que fait le prince charmant, exposition présentée au centre culturel Saint-Exupéry en novembre 2002 – janvier 2003,

7 et what about passion à la médiathèque de Vitry-le-François en janvier 2003

8 Anamorphoses numériques de Miguel Almiron. Installation présentée pendant les Rencontres Chemins numériques#2 en 2003 au centre culturel Saint-Exupéry

 

→ No CommentsCatégories : atelier
Taggé: , , ,

Les zhybrides en action…

juin 24, 2008 · Pas de commentaire

Voici quelques photos qui retracent l’ambiance sur le stand du groupe ABF bibliothèques Hybrides.

Merci aux douze membres du groupe qui se sont relayés pour présenter outils du web 2.0 et répondre aux questions d’un public avide de découvrir… si, si…

Merci pour leur capacité de travail et leur enthousiasme : assister aux conférences, prendre des notes et écrire au retour de la conférence un billet de résumé dans un vacarme demande une bonne dose d’abnégation.

Merci à eux…

Leurs prochaines aventures seront reliées ici sur ce blog ou sur la liste de diffusion biblio.fr

Au plaisir de vous lire

Le pilote du groupe

Silence

→ No CommentsCatégories : hybrides
Taggé: ,

Album photos (suite)

juin 19, 2008 · Pas de commentaire

→ No CommentsCatégories : Uncategorized

Library 10, Bibliothèque musicale d’Helsinki : des studios de musique dans les bibliothèques

juin 16, 2008 · Pas de commentaire

Diaporama présenté par Kari Lämsä, directeur la Library 10 lors de la session 7 : “Le son et l’image animée : usages et pratiques innovantes”, samedi 14 juin, 16h.

→ No CommentsCatégories : Diaporama · Musique · hybrides
Taggé: , , ,

Les natifs du numérique et la musique : la bibliothèque, un média social ?

juin 16, 2008 · Pas de commentaire

Diaporama de Nicolas Blondeau présenté lors de la session 7 : “Le son et l’image animée : usages et pratiques innovantes”, samedi 14 juin, 16 h.

→ No CommentsCatégories : Diaporama · Musique · hybrides
Taggé: , , , , , , , , , , , , , , ,

Album photos

juin 15, 2008 · Un commentaire

→ 1 CommentCatégories : Uncategorized

Quelques perspectives critiques sur la culture numérique des ados

juin 15, 2008 · 2 commentaires

Diaporama de Pascal Lardellier présenté lors de la session D’un clic: les jeunes et les TIC. Il est sous-titré: “Vices et vertus d’une culture du troisième type”

(Droits réservés par Pascal Lardellier, pascal.lardellier (at) u-bourgogne.fr)

→ 2 CommentsCatégories : Uncategorized

Merci !

juin 15, 2008 · 4 commentaires

Merci aux intervenants et aux participants du Congrès ABF 2008 !

Vous pouvez retrouver l’intégralité des comptes rendus réalisés dans l’onglet Programme.

Si vous souhaitez participer au Groupe ABF Bibliothèques Hybrides : plus d’informations ici.

Pour ceux qui sont passés sur notre stand, n’hésitez pas à nous faire des remarques en commentaires à ce billet. Vous pouvez aussi nous signaler les outils web 2.0 que vous avez commencé à utiliser depuis les présentations que nous avons pu faire.

→ 4 CommentsCatégories : hybrides